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danger, il n’est cependant pas très toxique, car la généralisation de son emploi aurait donné lieu à des intoxications mortelles fréquentes. Or, si la littérature médicale fournit de nombreuses observations d'accidents, les cas mortels sont plus rarement relatés et en général ce sont des empoisonnements accidentels dus à des méprises.
On peut distinguer deux formes d’intoxications : celle due à l'absorption d’une forte quantité et celle provoquée par un usage plus ou moins prolongé de petites doses.
a) Intoxications aiguës.
L’absorption peut avoir lieu par voie buccale, à la suite de lavage de la cavité pleurale, de cavités purulentes importantes, de pansements à la poudre sur des brûlures ou des plaies étendues.
Les signes les plus fréquemment relevés sont : vomissements, diarrhée, délire, faiblesse du pouls, céphalée, hypotonie musculaire, énanthème sur les muqueuses pharyngée, laryngée et nasale. |
Welch (108) avait coutume de traiter la leucorrhée en bourrant d’acide borique le fond de la cavité vaginale. Il eut trois intoxications et a observé les symptômes suivants : extrémités froides, œdème de la face, des mains et des pieds, pouls faible, adynamie, intellect peu obnubilé.
Une observation d’un empoisonnement accidentel suivi de mort, est fournie par Potter (69). À huit heures du matin, au lieu d’un sel purgatif, un homme absorbe une quantité d'acide borique qui n’a pu être évaluée. Quinze minutes plus tard, le patient a de violentes crampes d'estomac accompagnées de vomissements qui surviennent par crises espacées de 5 à 10 minutes. Quatorze heures après la prise de la drogue, l’état du malade est le suivant : pouls faible, les extrémités et le front couverts de sueurs froides, les lèvres cyanosées. Par intervalle, on observe des crises d’étouffement, le malade saisit sa gorge, se plaint de
ne pouvoir déglutir. La mort survient dans un de ces pàaroxysmes 15 heures après l'absorption du produit. Aucun des symptômes observés ne pouvait faire penser à l’intoxication saturnine.
Un autre cas est signalé par Best (7). Après une extirpation de ganglions inguinaux pour adénite suppurée, la plaie est lavée avec une solution saline, et remplie avec 180 g. environ d’acide borique en poudre, puis fermée à l’aide de collodion. Le troisième jour apparaît sur le cou, la poitrine et les épaules un érythème diffus, légèrement papuleux, le quatrième jour, il gagne le dos, puis le lendemain, le malade est cyanosé, recouvert de sueurs froides, le pouls devient irrégulier, des vomissements incoercibles apparaïssent et la mort survient précédée de délire. L’hémoculture n’a donné aucun résultat, à l’autopsie on a relèvé des ecchymoses sous-péricardiques, une dégénérescence graisseuse du foie et des reins.
Mac Nally et Rust (58) signalent qu’une femme de 53 ans, mourut après avoir mangé quatre gâteaux faits d’une farine contenant 51,12 p. 100 de borate de soude.
Parmi les observations relevées, la mort, chez les enfants, a pu être provoquée par des doses très faibles. Une application pendant trois jours d’une pommade boriquée à 10 p. 100 sur une brûlure peu étendue a conduit à la mort un enfant de deux ans (Savariaud) (94).
Birch (8) a observé un empoisonnement mortel chez un nourrisson âgé de 15 jours qui, dans les 5 ou 6 jours précédents avait ingéré environ 2 g. 50 de borax et d’acide borique sous la forme de miel boraté et de glycérine boriquée donnés en applications pour prévenir les aphtes.L'’enfant est très amaigri, les paupières closes, les membres inférieurs et les avant-bras en flexion, les bras appliqués sur le tronc, les poings fermés serrant la tête au niveau des oreilles. Les doigts de la main gauche sont colorés en rouge vif, l’anus est entouré d’un anneau rouge, les lèvres et le
scrotum ont cette même coloration anormale, la partie externe de la paupière inférieure droite présente également une tache rouge. La respiration est irrégulière, la température rectale est de 36°, le cœur est normal. Un lavement provoque une émission couleur d’épinards cuits. La mort survient le troisième jour.
Nally et Rust (58) ont observé six cas d’empoisonnements
| mortels chez des nourrissons pesant 3 kg. 200, auxquels, on avait, par erreur, fait boire une solution d’acide borique dans l’eau distillée ; la quantité absorbée est de 3 à 6 g. par enfant. Ces auteurs rapportent en outre un cas de mort publié par Bazin, chez un enfant de quinze ans, qui pendant six jours avait pris un lavement contenant 40 g. d’acide borique, le septième jour il mourait. À l’autopsie on ne retrouve aucune trace de bore ni dans le sang ni dans le contenu intestinal.
Une intoxication grave a été constatée par Savariaud (94) sur un enfant de huit ans, soigné pour une brûlure de 300 cm? environ. Après avoir saupoudré la plaie d’acide borique, le même soir des signes d’intoxication grave sont relevés : céphalée, vomissements, abattement, tachycardie. Deux jours plus tard, après un nouveau saupoudrage, les mêmes symptômes réapparaissent et durent 2 à 3 jours. Les urines contiennent 2 g. 75 d'acide borique le 5e jour et 1 g. 70 le 7e jour après la suppression du pansement. On remarquera la lenteur de l'élimination de la drogue et dans ce cas le terme d’accumulation ne semble pas excessif.
b) Absorption prolongée de petites doses.
Les intoxications légères sont relativement fréquentes, elles peuvent, à la suite d’applications externes, donner lieu à des manifestations cutanées et de ce fait, paraissent pouvoir être incorporées au groupe des toxidermies, nom sous lequel on rassemble toutes les affections cutanées dues à des substances chimiques médicamenteuses
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ou d’un usage industriel ou ménager, ou à des venins animaux ou végétaux (Darier) (27).
L'observation suivante de Sézary et Horowitz (96) est très démonstrative et permet de se rendre compte de la sensibilité de certains organismes à l’acide borique. Une femme âgée, traite un coryza par du léniforme et une pommade répondant à la formule suivante : acide borique 2 g., menthol 0 g. 10, camphre 0 g. 20, chlorhydrate de cocaïne, 0 g. 20, vaseline 20 g.. Ce traitement détermine sur les narines, la lèvre supérieure et les joues l’apparition d’une dermite artificielle : œdème marqué, vive rougeur, suintement, prurit pénible. Deux épidermo-réactions permettent d’incriminer la pommade. La malade guérit lorsqu'elle en eut cessé l’application. Un mois plus tard, à l’occasion d’un nouveau coryza elle utilise Ia même pommade. La même dermite apparaît. Des épidermo-réactions sur les avantbras sont pratiquées avec chacun des composants de la pommade, seule, la vaseline boriquée donne une réaction positive. : |
Un autre cas (Darier) (28) montre un nouvel exemple de susceptibilité individuelle. Un sujet épileptique, soumis au bromure de potassium à la dose de 3 g. par jour est soigné pour un furoncle, par des compresses à l’eau boriquée à 4 p. 100. Ce traitement provoque une dermite eczémateuse dont la localisation correspond à la zone d’application du pansement et s'étend en une coulée sinueuse descendant jusqu’à la ceinture marquant ainsi la trace du liquide exsudant des compresses. La réaction est limitée exactement au territoire cutané soumis à l’action de l’acide borique.
Selon Rost (90), Roese, puis V. Noorden, ont signalé des inflammations de la muqueuse buccale, après usage d’une eau dentifrice contenant de l’acide borique.
Ces phénomènes d’intolérance à la suite d'applications externes sont exceptionnelles. Ceux déterminés, soit par
LA eue ingestion, soit par des lavages antiseptiques le sont moins. Les phénomènes pathologiques relevés peuvent être rapprochés de ceux provoqués par l’antipyrine, l’iode, le brome, etc.
La symptomatologie a été bien observée à l’occasion de l'emploi du borax dans le traitement de l’épilepsie.
Féré (34) (35) s’est montré l'adversaire du borax dans le traitement de l’épilepsie, qui dit-il, lorsqu'il a un effet utile, ne produit que des améliorations momentanées. «Le borax est un médicament non seulement infidèle, mais dangereux, dont il faut surveiller constamment l'usage, principalement en raison des accidents rénaux qui peuvent se produire, même à doses peu élevées. » Les signes relevés sont les suivants : nausées, vomissements, inappétence, sécheresse des téguments, les muqueuses des lèvres et de la langue sont rouges, les lèvres fissurées. On observe du “psoriasis chez les prédisposés. La variété d’eczéma le plus souvent rencontrée répond à la description de l’eczéma séborrhéique, avec des placards plus ou moins étendus, souvent symétriques, débutant dans la région ombilicale et sur les faces latérales du tronc et de l'abdomen. On peut observer des desquamations sèches du cuir chevelu, avec ou sans alopécie, cette alopécie peut s’accompagner de chute des poils de l’aisselle, du pubis, de troubles de la croissance des ongles, ongles striés, cannelés. L’alopécie n'est que transitoire et la poussée des cheveux reprend quand les phénomènes morbides ont cessé.
P. Marie, Crouzon et Bouttier (60) ont également constaté que le borax déterminait des poussées eczémateuses plus ou moins étendues et c’est alors qu’ils ont recherché et expérimenté l’action d’un autre composé du bore, le tartrate borico-potassique.
A l’époque où l'acide borique était en vogue, on l’a utilisé, dans le traitement de la fièvre typhoïde, sous forme
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de lavements quotidiens de 500 g. contenant 15 à 20 gde la drogue.
Après dix à vingt jours de traitement, on a pu voir apparaître des érythèmes cutanés, des plaques de dimen- . sions variables sur le thorax et l'abdomen, prurigineuses, prenant avec le temps une teinte violacée, ecchymotique. Cette éruption est protéiforme et ne permet pas de poser un diagnostic, elle prend tel ou tel aspect selon les prédispositions individuelles des malades (Herviaut) (44).
À la suite de pulvérisations dans la gorge de diphtériques, on a pu constater, 7 à 8 jours après le début du traitement, des éruptions ayant le caractère de la rubéole, sur le front, le cou et les joues (Corlett) (24).
L'observation suivante de Wild (109) démontre la sensibilité de certains individus. Un homme de 38 ans, éthylique léger, n’ayant jamais eu ni psoriasis, ni eczéma, a un rétrécissement urétral et des urines purulentes. Le 15 mars il prend 0 g. 65 d’acide borique trois fois par jour, les urines s’éclaircissent ; en mai, il-constate que ses cheveux tombent en grande abondance, la peau du crâne devient rouge et écailleuse, les bras apparaissent rouges, un peu œdémateux et présentent des plaques écailleuses sur les. plis de flexion. On cesse la médication et les lésions cutanées régressent. Cependant, en août, les troubles urinaires réapparaissent, l'acide borique’ est repris et en septembre l'éruption cutanée reparaît à nouveau. Devant ces faits, l’acide borique est abandonné. Le diagnostic resta longtemps hésitant, on discuta tour à tour, le pityriasis rosé, le psoriasis, la syphilis jusqu’à ce qu’enfin, on remarqua que l’éruption coïncidait avec les prises de l’acide borique.
Ce même auteur, qui a ordonné fréquemment l'acide borique, sans avoir d'incident, note encore qu’un vieillard de 70 ans, après en avoir pris 5 g. 20 durant quatre semaines, présente des érythèmes et une albuminurie légère.
Selon Delavelle (29) le Ministère d'Hygiène du Reich a