CHAPITRE X. S
La statue de Minerve Hygîée fut, en effet, consacrée ' par Périclès pendant la construction des Propylées.
Le plus actif et le plus zélé de ses ouvriers ^ était tombé d'une grande hauteur, et les médecins désespéraient de le sauver. Périclès en était fort affligé, lorsque Minerve lui apparut en songe et lui indiqua un remède qui guérit aussitôt le malade. Ce remède était une herbe qui croit naturellement sur TAcropole et qu'on appela depuis Parthénion '. Pendant le siège de Sylla ^, les Athéniens s'en nourrirent. Aujourd'hui elle couvre chaque printemps l'Acropole, et poursuit de son arôme le visiteur qui la froisse du pied.
Périclès reconnaissant éleva à Minerve Hygiée une statue en bronze ^ qui était un peu plus grande que nature, comme on peut le présumer d'après la trace des pieds sur la base. Pyrrhus en fut l'auteur ^: le texte de Pline et l'inscription
' Plut., Vie de Périclès, XIII.
''OY^pIvspYscrraTO^xat TCpoOuptrraTO^TÔSvTe/viTttJvdiiroa^aXelc i\
^ Matricaria Parthenium, oii Parietaria diffusa., linu. ^V\\ït., Fie de Sylla, WW.
* Vie de Périclès, ibid.
* Pyrrhus Hygiam [et] Miner vam.
Plin.,XXXlV, 19, S 3i.
Et est une addition des copistes, car Hygiam est employé comme adjectif.
gravée sur le piédestal ' sont d'accord -sur ce point.
Quant à l'autel dont parle Plutarque, on ne l'a pas retrouvé; mais autour dupiédestal, quelques dalles de raccordement leur formaient probablement un sol commun. En avant de la statue de Minerve, à quelque distance, il y a bien une grande base qui a deux mètres vingt-cinq centimètres de long sur un mètre soixante centimètres de large ^. Mais, outre que le travail et les moulures annoncent une époque de décadence, il est facile de se convaincre que c'était encore un piédestal. Les crampons que l'on voit à Iji surface devaient être cachés par une plinthe. Le degré qui précède le massif principal est tourné vers les Propylées : ce serait le contraire si c'était un autel. Les dimensions, du reste, indiquent un piédestal destiné à porter quelque colosse. lÀ s'est trouvée une tête deux fois plus grande que nature, autour de laquelle s'enroule une grosse
>AOENAlo|TEIAOENAIAITEIYAIEIAI PYPPOSEPOIHSENAOENAIOS
h\ jusqu'à l'archoDtat d'Ëuclide, n'était qu'une aspiration devant les mots qui commençaient par une voyelle. C'est ce qui a fait supposer que cette inscription était postérieure à Périclès. J'ai donné plus haut les raisons pratiques qui me font croire le contraire.
* Fày^y à la fin de ce volume, PI. Il, lettre/.