CHAPITRE Xlil
le peuple athénien jugea sa place dignenienl remplie par Marcus Ldcinius Crassiis Frugij et, înimédiatement au-dessous d'un distique assez harmonieux, on étala, en grosses lettres , les formules invariables de la servilité du temps : « Pour sa piété envers l'auguste empereur, pour a sa bienveillance et sa bienfaisance envers le « peuple. »
A quelques pas, une autre statue offerte par un habitant du dèrae de Lamptra ' avait disparu, et Archélaus^ fils du roi Archélaûs, lui succéda sur sa base.
Il va sans se dire qu'on retrouve les consuls ' et les proconsuls^ romains au nord du Parthénon comme dans le reste de la forteresse, obscui^s et toujours honorés*
Nous sommes ramenés aux mœurs grecques par l'image d'une canéphore qui avait, à dtfTé-
» . . . .MOUAA^PTPEY^AA^EOE
[KEA']
OAHMOi:
BAEIAEaEAPXE AAOYYION APXEAAON
* On trouve, par exemple, une inscription consulaire dans TE^i)}!., pag. i44- ^ Voy. ibid.9pag.314.
346 L'ACROPOLE DATHÈNES.
renies reprises, obtenu cette dignité sacrée. Sur son piédestal brisé, on voit encore quatre couronnesS dans chacune desquelles était rappelé le renouvellement de fonctions réservées aux plus nobles vierges d'Athènes*.
Les gardiens des portes de TÂcropole ^ avaient aussi apporté leur offrande. Mais le caractère des lettres trahit le troisième ou le quatrième siècle après J. C, c'est-à-dire le temps où le paganisme expirant faisait appel à toutes ses ressources.
> Dans une des quatre couronnes on lit :
l<ANH<l>OPH^A^AN
Dans une autre :
KANH<l>OPH^A^ANEPIAAYPIOI^
'EwioaupioK, aux fêtes dTsculape. (^ov. Meurs., Eleusin,^ ch. 19.)
' Thncyd., VI, 56.
^ nYA(0POIOI€niN€lKH[TOY AP]XONTOC r I P€l A AOCAAA l€YC T€IMOKAHCn€IPAI€]YC
APICT(i)N€A€YCINIOC
fE<pT)fjL., p. a86.)
Des inscriptions du même genre ont été trouvées par Chandli-r. {Foy, Bœckh, n« 3o6.)
CHAPil-RE Xlll. 347
Un fragiiient de sculpture d*uiie grande beauté, c'est un bas-relief déposé dans le vestibule des Propylées et découvert au nord du Parthénon.
On aperçoit le haut du corps de deux personnages qui se tournent le dos, comme dans le célèbre bas-relief des douze dieux'. Les draperies, de style éginétique, annoncent une œuvre de premier ordre. Malheureusement un bras , quelques plis, un commencement de chevelure, sont tout ce qui nous reste.
Je disais plus haut qu'on ne pouvait attribuer à la décoration de la voie principale la plupart des objets trouvés sur le plateau qui sépare rÉrechthéion du Parthénon. Je serais disposé à faire une exception en faveur de monuments très-importants, surtout pour l'histoire. Ce sont deux pyramides tronquées^ en marbre pentélique, sur les quatre faces desquelles étaient inscrits les noms des alliés, ou pour mieux dire, des peuples tributaires d'Athènes. On ignore la hauteur de ces pyramides, dont on ne possède encore qu'une partie. Déjà, cependant, en réunissant les fragments', on les a élevées à plus de sept pieds. Il y a cent dix-huit morceaux^, sur lesquels on lit le nom de deux cent quatre-vingt-nne villes
' Fny. Mil lin, GaL mythoL^ 'i P^* ^» 7i ^
' Dans la Pinacothèque.
^ Voy. les Antiq. hellén,^ du n** i3i au n® a '3 9.
tributaires et les sommes qu'elles ont envoyées à Athènes pendant vingt-huit années, du commencement de la quatre-vingt-deuxième jusqu'à la fin de la quatre-vingt-huitième olympiade , quatre ans après la mort de Périclès.
Les uns ont été trouvés au nord du Parlhénon, les autres dans un coin des Propylées où on les avait jetés pèle-méle. Leur ressemblance, l'agencement exact de la plupart des fragments, forcent de les rassembler dans un Heu ou dans l'autre. J'avoue que je partage tout à fait l'opinion de M. Kangabé, qui les reporte tous sur le plateau. Il a eu tort ', toutefois, de ne pas mentionner leur dispersion, qui n'a rien d'inexplicable, li ible que les modernes auront r( s marbres précieux plutôt que de u sommet de la citadelle où d'in ilériaux étaient accumulés.
La plac 1 Grand-Livre des Tributs n'est-elle pas auprès de l'opislhodome du Pa^
■ ■ C'est cette liite dont nous publions ici de aonibreux « fragments trouvés dans les fouilles qui furent faites sur le ■ plateau qui s'éleod du Parihénon au temple d'Ërachthée. • (Jnt.fieUén.,p.n-j^).
M. Pittakis, qui a suivi assidûment les fouilles devant les PropyléfS, m'a iffinné qu'une {grande parti*- des fragments avaient été découverts au-dessous de l'aile septentrionale des Propylées.