CHAPITRE IV
FOETIFIGATIORS DE l'aGEOPOLE.
$ I. — Murs pâasgiqoes.— Enoéapyle.
L'Acropole est un rocher naturellement si escarpé^ qu'une clôture de bois suffit longtemps à la protéger'. Une palissade ou des troncs d'arbres liés ensemble la rendaient imprenable dans des temps qui ne connaissaient ni les machines de guerre ni l'art des sièges.
Ce furent les Pélasges qui, les premiers, la fortifièrent d'une manière plus durable. On sait par les historiens^ quels malheurs amenèrent à
* yojr, les textes cités, ch. I.
* foy, les textes, ibid. , et M. lUoul-Rochette, Établissements des colonies grecques^ V, ch. 3.
CHAPITRl!: lY. 84
Athènes^puis en chassèrent ce peuple agriculteur que la conquête des Hellènes condamna à une vie errante, ces constructeurs de murailles qui étaient réduits à ne construire que pour les autres. Leur passage en Âttique avait laissé des traces profondes dans les souvenirs; leur nom resta toujours attaché à Tenceinte qu'ils avaient habitée au pied deTAcropole^ du côté du nord; et, même après que les Perses eurent détruit leur ouvrage, les murs nouveaux de la citadelle s'appelaient encore (luelquetois péiasgiques^. On n'avait pas oublié qu'Agrolas et Hyperbius en avaient été les architectes^, et Vadmiration des Athéniens avait même donné à la tribu tout entière une épithète^ qui rappelait leur habileté comme constructeurs.
Ce fut, en effet, un travail considérable que d'entourer de grands quartiers de roche taillée un lieu qui a plus de n^oo pieds de circuit. En
> L'antre de Pan, dit Lucien ( Bis accusatus)y est un peu au-dessous du mur [>élasgique... tov IlSva... oixeî (xixpÀv 5ico Tou neXaoYixou. Et Aristophane : Tiç Bai xaô^ci ttjç TnSXeoJC t& IlcXapY^^^ ( Oisemix , 832 ) ; le scoliaste ajoute \^y^q\ t& IleXapYixiv Ttt)^oç Iv ttj 'AxpoicoXsi.
* 4>affl Y^P 'AYpoXotv x%\ Tirlpéiov. (Paus., Au, ,Wil\l) ^ On les appelait Tyrséniens ou Tyrrhéniens. Tupaiç, Tuf f iç, Tv^^y Tu^^tôtov (en latin turriijy sont autant de mots qui signifient yb/tp/v^^^ : d'où tupoY)vo(, Tu^^voi, ceux qui bâtissent les forteresses. (Voy. Phavorin., Tuoceiç. ]
8Î i; ACROPOLE D'ATHÈNES.
même temps les Pélasges nivelaient le sol' et le préparaient pour recevoir un jour des monuments. Personne ne peut dire quelle immense quantité de rocher il a fallu abattre pour former un plateau à peu près égal qui a mille pieds de diamètre d'un angle à Tautre.
Enfin les Pélasges, non contents d'entourer TAcropole d'une enceinte de murailles, s'appliquèrent à protéger le seul côté accessible, la pente qui regarde le couchant, par une série d'ouvrages et de portes. Je ne puis du moins m'expliquer autrement les neuf portes dont parle Suidas. Oar on n'avait pu les ouvrir sur les autres côtés de la citadelle, qui sont inaccessibles. Les fortifications de Tirynthe et de Mycènes offrent en petit ces portes répétées et ces entrées obliques. Il ne reste qu'à se figurer ce système sur une plus grande échelle, un long chemin entre deux murs qui barrent la pente trop facile : l'espace intermédiaire est fermé de distance en distance par une suite de portes, à chacune desquelles l'ennemi vainqueur est drrété et le combat rétabli.
Les fragments de mur pélasgique qui existent encore pourraient même avoir appartenu à VEn^ néapyle, En passant devant le temple de la Victoire
^ 'Hici8iCov T^v 'AxpoicoXiv icepi^^aXXov Sà'EvveexTruXovTo neXotpyixov. ( Suid,^ 'A tt e $ a. )