‹ L'Acropole de Suse (volume 2)Chapitre 101 sur 124 · HAUTEUR 0",8G · texte numérisé non relu

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par des amoncellements d'urnes funéraires. Après avoir déljlayé les enceintes je reconnus que les puils étaient forés partie dans le parement e.xtérieur des courtines ou des tours, partie dans les éboulis et iiu'ils coninnuiiquaient au moyen d'un court boyau normal au parement avec une longue galerie parallèle à l'ouvrage et creusée au cœur des maçonneries (lig. iiO et 274). Ces galeries étaient à leur tour garnies d'urnes funéraires maçonnées côte à côte et constituaient de véritables caveaux (fig. 27o). La transformation de la forteresse en cimetière consécutive à la ruine de cette forteresse, la découverte dans lesgaleries de monnaies

duites de bitume. On les rencontre dans les murailles qui constituaient à l'ouest la deuxième enceinte des défenses intérieures du palais, à une cote variant de 0 mètre ,à \ nièlre. D'autres ((îg. 270), en forme de fuseau, hautes de 0™,80 environ, furent exhumées de la muraille. L. — 6 et — 8. Certaines, façonnées en terre blanche (fig. 277), atteignent jusqu'à l'",10 de hauteur. Elles sont cylindriques et terminées par des bouts hémisphériques. On les découvre dans les remparts voisins de la porte spéciale du donjon. H. - 3 et — 4. Parfois l'urne se tr ansformc en un vase pansu (fig. 278 à 281) décoré de dessins et de sculptures

rudimentaires. Ces vases, toujours isolés, renfermaient des squelettes beaucoup plus résistants. Mêlés aux cendres et aux ossements on y a découvert une longue tige de fer pointue provenant d'un épieu ou d'un harpon. Dans l'un d'eux (fig. 279) servant de tombe à une jeune fille, un léger casque de bronze adhérait encore au crâne aiusi que des pendants d'oreilles (fig. 323). Aux doigts étaient passées des bagues de bronze (fig. 322) ornées de turquoises. D'un troisième, on sortit des bracelets de bronze et quelques monnaies de bronze de l'époque parthe (p. 436, col. 2). Les bijoux euxmêmes, quoique de forme élégante et ornés de pierres précieuses, ne sont pas en or. Il est probable que la proscription, dans les bijoux funéraires, de ce mêlai éclatant dont l'emploi fut si usuel pendant la période parthe tient à l'application d'une loi religieuse (p. 400), citée par Strabon (XV, § III, 18). Ces vases reposaient sur des pieds Ironconiques (lig. 278, 280), étaient toujours engagés dans une gaine de maçonnerie, et couverts soit par une brique, soit par un boulet de pierre (fig. 279). Le plus beau (fig. 278) était enveloppé sur toute sa hauteur par les briques où régnaient les fragments si précieux des archers blancs. Dans le voisinage de ces mêmes vases on rencontrait souvent des fioles de verre et de petites urnes en terre émaillée renfermant des os d'oiseaux ou de petits mammifères (fig. 268). D'autres, plates (fig. 267) et munies d'anses, étaient remplies de terre. Celles-ci contenaient sans doute les boissons, celles-là les vivres du mort.

Loftus (Tmvels and researches, pp. 203, 204 et ch. XX) et Taylor, qui ont fait de nombreuses recherches dans les cimetières chaldéens antérieurs à l'époque parthe, rapportent que les corps gisent dans des caveaux bâtis en brique, soit dans de vastes sarcophages circulaires soudés au bitume, soit dans des urnes formées de cônes reliés à leur base par un mortier bitumineux. Ces tombes étaient amoncelées sans ordre apparent dans d'immenses tumiilus couverts d'une toiture et soigneusement drainés. Sous la toiture on répandait à profusion des cônes de terre cuite couverts d'inscriptions pieuses. Mais outre ces tumulus, les soubassements des temples, les murailles étaient percés de galeries funéraires. Leur mobilier se composait de vases d'argile, de jarres à eau, dune coupe de bronze, de rares bijoux et d'une pointe de flèche.

En Chaldée comme en Susiane on donnait donc au mort le même mobilier; en Chaldée comme en Susiane on enterrait dans des jarres de poterie; en Chaldée comme en Susiane on utilisait les remparts de terre démantelés pour y creuser sans grande peine et pourtant sans crainte d'éboulement de longues galeries funéraires. Mais là s'arrête le parallélisme, car les autres caractères de la tombe parthe-susienne lui sont absolument particuliers. Il résulte en effet de l'examen d'innombrables tombes que le corps plus ou moins desséché était enseveli dans une urne encore fraîche et soumis en même temps que son suaire de glaise à l'action d'une chaleur suffisante pour donner à la terre une demi-cuisson. On ne saurait expliquer autrement la faible capacité du récipient, son extrême fragilité, la présence d'ossements non carbonisés et, entre autres ossements, de crânes entiers

qu'il eût été impossible d'introduire par un goulot de . li à 6 centimètres de diamètre. C'est précisément à des influences mazdêennes que j attribuerais la dessiccation du cadavre préalable à son enterrement et l'interposition d'une paroi d'argile indiscontinue entre la flamme et lé corps quoiqu'il fût en partie purifié par la dessiccation. Tous les faits observés tendent à établir combien cette pratique était invétérée en Susiane. C'est ainsi que les crânes trouvés dans les jarres appartiennent indifféremment à des Perses aryens, à des brachycéphales et à des négritos (p. 109 à 113). 11 n'a pas même été possible d'établir de distinctions marquées, au point de vue des races et des dates, entre les jarres rouges coniques, les jarres blanches cylindriques et les urnes à large panse. Elle semble plutôt reposer sur le rang et la situation sociale du mort.

Cuve émaillée. Longueur 2™, 10. Loftus a également trouvé en Chaldée des sarcophages d'émail bleu dans lesquels on glissait le corps par une ouverture pratiquée au sommet. De mon côté j'ai découvert à Suse une grande cuve émaillée qui pourrait également avoir servi de bière. Elle était engagée dans un remblai et avait été brisée en roulant dans une crevasse avec la terre qui l'enveloppait. Je la fis déterrer avec beaucoup de soin, mais tant d'hivers avaient délayé les terres, tant d'orages avaient, dispersé les fragments, qu'un grand nombre ont manqué à l'appel.

Cuve en terre (fig. 282). Cette cuve serait destinée à contenir la provision d'eau pure destinée à être

bénie. Toutefois par son style elle se rapproche des urnes funéraires parthes. Elle a d'ailleurs été trouvée tout contre le parement intérieur de la muiaille, à côté de l'une d'entre elles (fig. 280). L. -1-0", 80. Epoque parthe.

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