FIG. 2C3. — PL4N DES ENVIIIONS DE SUSE
J'ai précédemment établi que le feu divin brûlait dans un atechgàh clos et couvert d'une toiture.
On a vu depuis que l'atechgàh n'avait aucun des caractères du îepov grec; qu'il méritait encore moins le nom très spécial de vao? qui, jamais d'ailleurs, ne lui a été donné dans l'antiquité hellénique.
On s'est convaincu que les offices publics et les sacrifices sanglants se célébraient, durant la période où régnèrent les Achéménides, sur des lieux hauts et les emplacements purifiés que ne signalaient aucun édifice sacré, aucun autel, aucune statue (p. 402 et notes 1 , 2 et 3).
car la tète qui apparaît derrière le pyrée et au-dessus du brasier u'esl qu'une réduclion du portrait royal frappé sur la face (fig. 242 et 262).
IDENTIFICATION DE L'ÀYADANA. 411
J'ajouterai que les seuls monuments religieux qu'aient pu renverser les mages et relever Darius sont aussi les seuls que comportait le culte perse mazdéen à l'époque de ce prince, c'est-à-dire ceux qui protégeaient l'atechdân. L'àyadana serait donc la demeure secrète du feu divin, l'oratoire inviolable où les prêtres Ventretenaient et le priaient. Sa première destination résulte des faits observés et de la paraphrase assyrienne du mot perse âyadana « maison des dieux » ' ; la seconde, du sens déduit de la racine « yad » de ce même mot àyadana (p. 390).
La négation d'Hérodote et l'affirmation de Darius se trouvent ainsi accordées, vérifiées et confirmées l'une par l'autre malgré leur apparente contradiction.
Dans quelle mesure le dàityôgàtous avestique et le dâdgâh moderne procèdentils de l'àyadana, sur quels points en diffèrent-ils? C'est à ces questions délicates que répond la découverte du monument susien, dont je vais donner la description.
Loftus avait trouvé dans les fouilles du donjon une base de colonne de dimensions moyennes, mais d'un dessin fort élégant, quej'ai depuis rapportée en France (fig. 205). J'avais tout d'abord pensé qu'elle provenait d'un palais hypostyle, bien que le site d'où elle avait été exhumée se prêtât mal à cette destination. En parcourant les environs de l'Acropole je remarquai à mon tour des fragments plus ou moins frustes de petites colonnes. Ces pierres gisaient dans le voisinage de tumulus de forme identique, constitués par une pyramide tronquée précédée d'une rampe orientée vers le nord-ouest. Deux raisons me détournaient d'attaquer ces tumulus secondaires. Le Chaour, en battant le pied de l'un d'eux, avait rongé la base du monticule artificiel et déterminé une coupe verticale dont l'étude semblait sans intérêt^; en second lieu, il eût fallu détourner les ouvriers et surveiller de nouvelles attaques alors que les anciennes sollicitaient toute mon attention.
Sur ces entrefaites, des Arabes nomades, qui creusaient une fosse pour enterrer un des leurs, mirent à jour une base de colonne A, très bien conservée et identique, sauf l'inscription, à celle qui est représentée fîg. 206. Je me transportai à quatre kilomètres environ de notre campement (fig. 2(33) et je constatai que la fosse avait été ouverte sur un petit tumulus du type normal, dont les formes étaient très nettement accusées. Dès le lendemain je faisais rechercher les axes de l'édifice.
Les premières fouilles mirent à jour de larges degrés en brique E, E (fig. 20 i). L'escalier fut déblayé et au bas des marches se présenta un trottoir en briques T, T, enfermant une cour carrée. En même temps on approfondissait la fosse A, ouverte parles Arabes, et l'on découvrait à r',50 au-dessous du sol une fondation carrée remplie, suivant le système usité à Suse, d'une épaisse couche de cailloux. Deux excavations issues de la première colonne et dirigées parallèlement aux axes de la
1. Étant admis que le feu de l'atechdân est un être divin (p. 392, note 3), la paraphrase est on ne peut plus exacte.