Inscription de liisoutouii, coi. III, i
ANZAN. 47
c'ost-à-dire avec le pays des Houssis, des Hapartips, des Koussis et des Nimês, ou, pour mieux préciser, avec toute la chaîne des Zmjroa.
La plaine ou Sousounka se résumait dans la ville royale de Suse, et la montagne, dans les aïeules de Sousan et de Malamir, capitales de l'État d'Anzan, le plus souvent vassal, mais parfois indépendant du Memnonium.
A ces arguments vient s'en ajouter un nouveau, fourni par les fouilles de Suse.
Les rois acliéménides, économes quoique fastueux, avaient coutume d'employer dans les murs de leurs palais des matériaux empruntés à des édifices plus anciens. J'ai trouvé derrière les lions d'Artaxerxès des briques sigillées au nom de Darius fils d'Hystaspes, mêlées à des inscriptions cunéiformes susiennes, et, derrière les archers du même Darius, d'autres briques remontant au règne des rois d'Anzan-Sousounka. Aucun fragment d'architecture, aucun détail, aucun texte ne rappelle les palais de Mechhed-Mourgab, ne porte le nom de Cyrus. Partout et toujours il en est ainsi.
A considérer les documents extraits des fouilles de Suse, il semble donc que, depuis le sac de la ville par les Assyriens jusqu'au règne de Darius, le Memnonium n'ait pas été habité, ou tout au moins n'ait pas été reconstruit.
Tel n'eût pas été le cas si les aïeux de Cyrus eussent, k une époque quelconque, résidé à Suse en qualité de rois d^Élam. Le fils de Cambyse, l'héritier de Teïspès, devenu maître de l'Asie, se fût complu à doter l'antique capitale de ses pères de monuments analogues à ceux de Mechhed-Mourgab, et j'eusse exhumé les ruines de ces édifices ou du moins amené leurs vestiges parmi les matériaux plus anciens employés par Darius et ses descendants.
!2° L'Anzan, avant la désagrégation du royaume de Suse, était très distinct de l'ancien Fars, c'est-à-dire du Fars aryen.
Les preuves géographiques et ethnographiques que j'ai données de celte proposition' sont confirmées par les tablettes chronologiques de Nabouhanid, rédigées, on ne doit pas l'oublier, par un scribe babylonien contemporain de Cyrus et très capable d'apprécier la valeur des mots qu'il employait".
Dans la sixième année du règne de Nabouhanid, Cyrus, roi d'Anzan^, fils, petitfils, arrière-petit-fils des rois d'Anzan*, marche contre Astyage, le défait et prend à Ecbatane, sa capitale, des trésors de toute nature qu'il rapporte dans le pays
1. Titre des rois de Suse, p. 43. Extrême éloigneme.nt des capitales de l'Anzan, dont la position est signalée par les bas-reliefs et les inscriptions rupestres de Malamir, et des capitales delà Perse, p. 24 et 2b. Distinction absolue, radicale du t.ype anzanite ou bakhtyari et du type des Perses aryens, p. 22 à 24, 33, 44 et 45. Impossibilité dan? laquelle on se trouve de conduire les armées assyriennes au cœur de la vieille Perse, p. 25 et 20.
2. Le scribe emploie très correctement et d'une façon très distincte tous les termes géographiques ; pays d'Ecbatane [Qyl. de Cyr., col. II, 1. 2); pays d'Anzan (id.); pays de Perse (id., id., 1. 15); pays d'Élam (id., ùK. 1. 22). Anzan n'est donc pour lui ni la Médie, ni la Persii,ni l'Élara.
3. Cylindre de Cyrus, coL II, 1. l, et Tablette de Nabouhanid, 1. 12.