ETHNOGRAPHIQUE DE LA SUSIANE
el (ies Jîtats limilroplirs
r.ravcp,u Kili.inl F'-''*
I>i'('ssê par DieulaÊoy
HEPAI5TITI0N Ar/IIELLE DES MACES.
Les quatre races mères ont donné naissance à des races nouvelles dont les caractères anthropologiques doivent être fixés depuis bien des siècles, car ils paraissent aujourd'hui invariables.
.le citerai :
r Les habitants brachycéphales du Khorassan, du Mazendéran, du (lliilan, de TAzerbeidjan et du nord de l'Irak Adjémi apparentés de très près aux Mongols, mais croisés d'Aryens (fig. I, K5, I '(■ el 15). Les régions peuplées par ces brachycéphales sont couvertes d'une teinte jaune.
2° Les Tadjiks et les Adjémis sous-brachycéphales habitent, les premiers l'est du Khorassan, les seconds l'Irak Adjémi, le Kirman, le Mékran et le nord de l'Ardilan.
Les deux races tiennent en proportion à peu près égale du sang mongolique et du sang aryen.
L'Adjémi a été considéré longtemps comme un Persan de race pure et confondu avec lui. Pareille méprise est explicable, car bien peu d'anthropologistes ont eu l'occasion de parcourir l'entier royaume des (îrands Rois. La distinction entre l'Adjémi sous-brachycéphale et le Perse dolichocéphale du Fars saute aux yeux avant toute mensuration.
Les Kurdes et les Arméniens (lig. IS et 19) participent aussi des Aryens et des Mongols, mais les uns
et les autres sont moins brachycéphales que les Azerbeïdjanais ou les habitants de Téhéran. J'ai indiqué sur la carte, par la même teinte paille, les races sous-brachycéphales qui ne diiï'èrent les unes des autres que par la quotité du sang ai*yen ou l'introduction présumée chez les Kurdes d'un léger appoint de sang sémitique.
T Dans la montagne qui sépare la Susiane du Fars habitent des tribus fières et belliqueuses connues sous le nom de hakhtyaries (heureuses) (fig. 20). La nation bakhtyarie n'est pas homogène ; (dl(> comprend des races diverses, souvent juxtaposées, sans autres liens qu'un profond amour de l'indépendance. La grande majorité des habitants est néanmoins très brachycéphale et doit être rattachée
KK;. (i. — ENKAVT MiliUlTO-Allï KM 11 K 11 1 Z F O Ij 1. .
;"i la race mnngoliqup (tointe en sépia sur les cartes). Ce sont encore des brachy- (•('•phales qui habitent la région moyenne de la chaîne ((iii longe le golfe Persique.
4" Enfin, dans la Perse entière, les hautes dignités ecclésiastiques sont dévolues à des Seïds, de race arabe plus ou moins pure (fig. 21).
Ouatre faits nouveaux et très essentiels se dégagent de l'étude ethnographique (le la Perse moderne :
FIG. 7. — NOMADES N É GIU T O S-AR * D liS DE I.* SUSI*\E.
r Identification ethnographique des Loris et des habitants du Fars, 2° des Bakhtyaris et des Mongols ;
3° Découverte en Susiane, puis le long des côtes du Kirman et du Fars, des débris mourants d'une nation négrito apparentée aux petits nègres brachycéphales des archipels océaniens;
i° Diilerenciation des types adjénii et aryen.
C-omme il était naturel de le prévoir, les divisions politiques de la Perse et des |)ays limitrophes correspondent, à très peu près, à ses divisions anthropologiques:
La Caucasie kalmouke et la Turkomanie appartiennent aux Mongols ;
Le Fars et le Loristan, aux Aryens;
HÉPARTITION ACTUELLE DES UACES.
La Susiano, à des métis sédentaires de Négritos et d'Aryens, à des nomades arabes croisés parfois de Négritos et à quelques tribus lories ;
Toute la Mésopotamie, aux Sémites;
L'Azerbeidjan, le Ghilan, le Mazendéran, aux Mongols persans;
Le Khorassan, l'Irak Adjémi, le Kirman, l'Ardilan, aux Tadjiks et aux Adjémis ! Aryano-Mongols sous-brachycéphales) ;
L'Arménie et le Kurdistan, respectivement aux Arméniens et aux Kurdes;
Les monts Zagros, aux Hakhtyaris.
L'Aryen du Fars, TAdjémi, le Tadjik et le Négrito sont sédentaires.
Les Kurdes, les Mongols persans et l(>s Loris sont partie sédentaires, partie nomades.
Les Mongols, les Kalmouks, les Bakhtyaris et les Arabes sont nomades.
Quelles que soient leur race et leur origine, les tribus migratrices portent en Perse, depuis plus d'un siècle, le nom d'Iliat; mais outre ces tribus qui parcourent un périmètre limité, il est d'autres nomades, tels que les Chahsvends, qui se meuvent du cœur du Fars aux rivages de la mer Caspienne. Ces derniers sont de race mongolique.
Au temps de Strabon les divisions en provinces ou royaumes étaient à
très peu près les mêmes que de nos jours. Grâce aux renseignements précis donnés par le géographe grec, il est aisé de reconstituer la carte politique de la Perse arsacide :
Aux Kalmouks de Caucasie correspondaient des Scythes : les Sauromates et les Sarmates ';
Aux Turcomans, les Scythes orientaux : Saces, Massagètes, Daa^s, Cadusiens en s'avançant de l'est vers l'ouest ■ ; A l'Azerbeïdjan, l'Atropatène ^;
■rfl'''
NÉfiKlTO-ARÏEN UU l'ARS Jl É Kl 1> 1 0 N A L.
\. Strabon, 1. XI, § 2 ; 1, et § 6; 2. lléiudute, IV, 21, 4;j, 110 ii m