‹ L'Acropole de SuseChapitre 71 sur 171 · De Quatrefages et Ilamy, lov. cit., p. 504 et · texte numérisé non relu

De Quatrefages et Ilamy, lov. cit., p. 504 et

MONGOLIQUES. 93

Ces derniers, au contraire, se raiiiiroelicnt beaucoup par leur indice des races mongoliques.

Mongols 8b,4

Tchoiitlis 84

Kalmouks 83,8, etc.

Il y a donc lien, comme je le faisais an début, de distinguer très catégoriquement parmi les Persans quels sont les purs Aryens et quels sont ceux (pii ont subi des moditications touranicnncs.

L'indice fronto-jugal est faible, 53,77, tandis que celui des Hindous est 74,22 ; cet écart est dû à ce que, le diamètre bizygomati(jue étant sensiblement égal cbez les deux peuples, les Loris ont nn diamètre frontal minimum très faible. Leur front est étroit et élevé. Ce caractère a trop pcn d'im[)orlance pour constituer nne ditVércncc entre deux races que rapprochent les indices céplialiques et l'ensemble de tous leurs traits.

Les Loris sont très vigoureux, et leur allure accuse plus de force (jue la souple élégance des Hindons. Leurs membres sont bien développés et les nombres 2S,4 et 2.5, .5 qui expriment la circonférence du bras et de l'avant-bras sont très élevés, ainsi que 50 et 35 qui sont les circonférences de la cuisse et du mollet.

Ajoutons encore que les dents sont verticales, petites et très rapprochées; la mâchoire est orthognathe. La hanche et l'ombilic sont presque au même niveau. Le mamelon du sein est entouré d'une petite zone brune (jui mampie chez les Susiens modernes.

Je n'insiste pas sur les mensurations de détail. Elles ne sauraient avoir d'intérêt que si on les compare à celles des autres i)euples. C'est ce que je me propose de faire un peu plus loin.

MONGOLIQUES

Tout au nord de la Perse, au sud de la mer Caspienne, se trouvent les tribus turcomanes pures du Mazendéran et du Ghilan. Elles imprègnent très fortement les i)opulations depuis Téln-ran jnsqu'à Koum. Dans cette région nn''me, on ne parle point le ])ersan. La langue du peui)le est le turc. De Konm jusfiu'au delà d'Ispahan, vers Abadeh, s'('tend l'Irak, Adjemi habité par des populations métisses de Turcomans et d'Aryens médo-perses. Ils se nomment eux-mêmes Adjéniis; nous pouvons les désigner par ce nom.

Les Turcomans de Perse (lig. 13) ont été étudiés par le commandant Duhnusset. Klianilvoff leur attribue pour indice 82. Les nombres donnés par Duhousset pour deux Goklans conduisent à l'indice céphali(pie 81,45, et pour (piatre Mazendéranis on obtiendrait 86,31, chiffre élevé, expression de bracliycéphalie (pii n'estdépassée dans ces contrées que par les crânes bakhtyaris.

Cet indice cépbalique si éloigné de celui des Loris, Farsis, Hindous et Afghans nous permettra aisément de reconnaître les peuples mélangés de Turcomans, car c'est le caractère que cette race mongole impose surtout.

Au contraire, elle perd assez facilement ses caractères secondaires (nez épaté, jambes arquées et courtes, buste long et fort) pour se rapprocher des proportions plus harmonieuses de la race aryenne. Elle s'amélioiM^ rapidement au contact de celle-ci. Khanikotf signale ce fait pour ditlerentes régions, et nous aurons occasion de le relever plusieurs fois à propos des autres Persans.

MONGOLO-ARYENS

1° ADJEMIS

Ces iiit'lis foraionl la plus i;raiide partie des populations de la Perse. Ils s'étendent depuis Téhéran au nord ,jiis(jiie vers Deiibid dans le sud. De l'est à l'ouest, ils vont du Khorassan au Luurislan. Ils habitent donc la région des hauts plateaux, et la fusion qui n'a pas pu s'oiiérer dans les pays de montagne, où Loris et Farsis ont conservé leurs types, s'est ici effectuée d'une façon complète, au point de donner une race bien nette. Les villes de Téhéran, d'Ispahan, de Koum, de Koumichah, etc., api)artiennentàces peuples; industrieux, au reste, ils tirent bon parti du sol ingrat qu'ils habitent. Leurs jardins fruitiers, leurs cultures de coton, de tabac, de riz, de blé, sont fort soignés. L'Âdjem est actuellement la partie riche de la Perse.

D'ailleurs, on peut trouver des Adjémis en tous les points du royaume. Presque tous les soldats sont recrutés dans l'Irak et dans le Mazenderan ; les gouverneurs de province et leurs nombreuses suites en viennent; c'est cette race qui domine le pays tout entier (fig. 16 et 17).

En parcourant la Perse on est très frappé de la dillércnce de type qui se présente chez les habitants dès qu'on a quitté le Fars, et qui va s'accentuant de plus en plus à mesure que l'on s'avance au nord. L'ispahani offre à peu près les caractères moyens.

L'allure des gens du i)euple n'a plus la majesté un peu Ihéàtrale que l'on observe dans le sud. Le costume est plus étriqué; le grand pantalon qui tombait cà larges plis jusqu'aux pieds devient moins long et plus étroit; par-dessus la chemise persane, fendue sur le côté et à manches démesurées, une courte tunique serrée à la taill(> et (jui ne dépasse pas le milieu des cuisses complète le costume. Pour coiffure, ils ont le koUah demi-sphériipie en feutre dur.

Quant aux riches et aux fonctionnaires de Téhéran, ils ont le mauvais goût de copier nos modes et adoptent en partie le costume européen : pantalon étroit, gilet et tunique bien voisine de notre redingote; quelques-uns, pour achever cette transformation, ajoutent un binocle. Ils n'ont plus de persan qu'un kollah assez particulier, sorte de tronc de cône de feutre ou d'as- Irakau, intermédiaire entre la tiare ou cidaris du Fars et le haut bonnet pointu que l'on attribue encore au Persan, bien que, aujourd'hui, il n'en existe plus un seul dans le pays.

L'indice céphalique, calculé d'après les nombres de Duhousset, est 84,61 dans l'intérieur (le la Perse, et 81, S4 d'après deux mensurations de Téhéranis; les Adjémis oui donc le caractère de brachycéphalie commun avec les Turcomans du nord.

A Koum on remaniue très bien chez nombre d'habitants l'aplatissement vertical du frontal.

Les traits sont assez fins. Les cheveux, lisses et gros, sont tonraniens ainsi qiu' la barbe, qu'ils ne portent jamais entière, mais taillée aux ciseaux ou rasée cà l'exceptioh de la moustache. Le nez n'est pas long et gros, comme chez les Loris, ni légèrement aquilin, comme dans le Fars; il n'est pas non plus écrasé et court, comme celui du Mijugol. Sa forme est intermédiaire : il est petit et de dessin très pur.

Tous les caractères du corps, stature, proportions des membres, sont comme une moyenne entre les deux races aryennes et touranieunes.

Au reste, dans le sud le type aryen l'emporte, dans le nord le type turcoman.

Le tableau de la page suivante contient les mensurations de deux individus de Bourougdjerd, c'est-à-dire de la région frontière de l'Irak et du Louristan.-

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