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CARACTÈRES DES SUSIENS MODERNES

Les habitants de la Susiane ont assurément un type particulier qui les fait distinguer de tous les autres Persans. Ce point, ipii a frappé les archéologues, n'avait pas échappé aux voyageurs. Le Persan Istakhri, (|ni [larcourait cette région au x' siècle, avait relevé les traits suivants :

i. Perrot et Cliipiez, Hislùiir ilc l'art iIhus VatUiquité, t,. II, ji. 18. 2. Quairefages et Hainy, Crania cllinicd, p. 132 et 106.

« Dans le Khouzistan on parlait le persan, l'arabe et le khouzi. L'extérieur des habitants de cette province était/ai^ic et décharné, leur barbe peu fournie et, en général, leurs cheveux moins abondants que ceux des autres peuples. »

11 caractérise de la même façon d'autres tribus, ([ue je crois devoir rattacher aux Susiens :

« Les habitants des districts chauds du Fars étaient maigres, 7ioirs et avaient une chevelure peu abondante. Dans les parties tempérées de cette province, les habitants ont la taille élevée, la chevelure touffue et sont très blancs. »

Ces derniers sont les Farsis, et il ne les confond i)as du tout avec les précédents.

A dix siècles d'intervalle ces différences frappent encore le voyageur. En 1881, lors de leur [)remier voyage en Perse, M. et M""" Dieidaloy traversent le Fars méridional et constatent une différence accusée entre le chef du village, (pii est un Farsi, et ses sujets, qui sont des Susiens oubliés en ce coin. Ils sont accueillis par le ketidioda d'Aharam, superbe vieillard dont les traits rappellent le Darius des bas-reliefs persépolilaius....

Tandis que dans le village « une population très brune de peau grouille dans les rues et forme, au coin de chaque porte, des groupes aussi vivants que colorés*... ». Ce sont encore ces particularités de teint, de taille et de chevelure, que l'on remarque tout d'abord en arrivant en Susiane. Après quelque temps de séjour, on analyse les visages, et chaque examen nouveau accuse l'écart préjugé de primo abord. Front bas, nez écrasé, bouche large et lippue, différence de langue, différence de costume, autant de traits qui séparent les Susiens des Aryens, sans pour cela les rapprocher nettement des Mongols (fig. 3, 6 et 8). L'hypothèse d'un élément étranger à ces deux grandes races s'impose de plus en plus. Et si l'on songe combien la petite race négrito, aujourd'hui presque exclusivement polynésienne, était autrefois répandue en Asie, on est amené peu à peu à se demander si ce n'est pas elle qui a fourni l'élément étranger dont la nature est encore inconnue, mais dont l'existence est certaine. Aujourd'hui encore les Négritos ont des représentants dans les régions montagneuses de l'Inde, où, parias des parias, ils mènent une vie misérable et vagabonde; on en a retrouvé des tribus dans la presqu'île de Malacca et jusque dans les districts montagneux qui bordent à l'est le bassin du Mé-Kong. Il n'est pas douteux que l'extension de ces peujjlades sur le continent asiaticpie n'ait été autrefois considérable. Elles existaient sans doute aussi en Susiane. Depuis la conquête du sol par les Aryens, la race s'est fondue avec les envahisseurs.

La découverte dans les fouilles des bas-reliefs en briques émaillées, aujourd'hui remontés au musée du Louvre, contribua à nous allermir dans celte idée. Ils repi'ésentent, en etlét, des guerriers de Darius avec la face et les mains noires, une chevelure et une barbe spéciales. Une élude attentive des habitants actuels du pays étant de nature à jeter quelque jour sur la (pu'stion, M. Dieulafoy m'engagea vivement à poursuivre mes recherches ethnographi(pies et m'aultu'isa à mesurer un certain nombre d'habitants et à recueillir quelques-uns des crânes trouvés dans les fouilles, malgré le surcroît de défiance et d'hostilité qui devait en résulter contre toute la mission.

Pour réussir auprès des habitants de Dizfoul, fanatiques entre tous les musulmans, je dus recourir à un stratagème. J'étais chargé du service médical pour les indigènes, malgré mon incompétence en thérapeutique, et je tenais au client à peu près ce discours : « Je connais ta maladie, je sais aussi le remède qu'il te faut, mais je ne sais pas combien lu dois en prendre, car, c'est facile à comprendre, il en faut plus pour un homme gros (pie pour un petit : en conséquence, je vais te mesurer. Et le sujet, un peu tremblant, se prêtait néanmoins aux opérations nécessaires, convaincu que cela se passait ainsi chez tous les médecins d'Eui'ope.

Voici réunies en tableaux les mensurations de quelques Dizfoulis :

1. M""" Jane Uiciilafoy, la Perse, la Chaldc'e et la Susiane, p. o08.

L'ACHOPOLE DE SUSE.

Tableau A

INDICATION DES MESURES

Taille debout

— menlon

— épaule

— ham-lie

— ombilic

— mollet . .

Uianirlre aiU.-postéiiciirdela liHi

— transverse

— frontal minimum

— biauriculairo

— bizygomaliquc

— angulaire de lu mâchoire

— épaules

— bassin

— lianches

— seins

Circonférence de la tète

— épaules

— seins

taille

— banches

— bras

— avant-bras

— cuisse .

— mollet

Longueur du bras

— avant-bras

— main

— grande envergure

— cuisse

jambe

— pied

— post-malli'nlaire I

— nez

Largeur du nez

— biorbitairc e.vternc

— interorbitaii'o

— bouche

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