COMPARAISON DES SUSIENS AVEC LES PEUPLES VOISINS
Pour Imou marquer les caractères qui séparent les Susiens des Aryens d'une part et des Tourano-Âryens de l'autre, il est bon de mettre en paralhMe les uns et les autres. Je prendrai pour tyi)e d'Aryen les Loris et iiour type de Tourano-Aryen les Bakhtyaris Janilds, celte tribu étant formée, comme nous l'avons vu, d'un mélange de Turcs et de Loris.
Si l'on essaye de superposer en projection horizontale les trois crânes, on remarque que le Susien se trouve compris à l'intérieur des deux autres. Il est plus petit, moins dolichocéphale que le crâne lori, et moins bracliycéi)liale (jue le crâne bakidyari (fig. 39).
En portant sur le papier des longueurs proportionnelles aux nombres qui représentent les dimensions moyennes de la face et du crâne, on i)eut construire des croquis qui retracent les traits des trois races. Pour être théoriques, ces croquis ne s'écartent pas trop de la vérité, ainsi qu'on peut le constater en les comparant aux photographies, et ils ont l'avantage de mettre en relief les traits principaux en les dégageant des détails. On voit d'après cela quelle dill'érence considérable existe entre les trois types, et combien le Susien offre de caractères négroïdes (fig. 39).
D'autres différences viennent encore s'ajouter à celles de la face et du crâne. La différence de hauteur entre l'ombilic et la hanche, très marquée chez les Loris, puisqu'elle atteint 12 centimètres, est de o centimètres chez les Bakhtyaris et de 8 chez les Susiens.
Lorsqu'on regarde un nègre marcher pieds nus, ouest généralement frappé de la longueur du calcanéum; tandis que dans les races blanches le tendon d'Achille tombe à peu près verticalement. Les Susiens présentent aussi ce caractère, ainsi qu'on peut s'en convaincre en comparant leur longueur posl-malléolaire avec celles des peuples voisins.
3" DÉTERMINATION DES ÉLÉMENTS ETHNIQUES QUI CONSTITUENT LA RACE SUSIENNE ACTUELLE
L'étude des faits que nous nous sommes bornés à exposer jusqu'ici nous a suggéré quelques hypothèses. Nous allons essayer de les préciser un peu plus et d'approcher de la certitude par une analyse plus approfondie.
§ I. — Nous avons été amenés à supposer que des populations négritos avaient occupé la contrée. Avec quels peuples ont-elles pu se mélanger? Il y a lieu de penser d'abord aux Perses aryens qui, à l'époque achéméuide, ont dominé et habité la Susiane; puis aux Mongols, Parthes, ou Bakhtyaris des montagnes voisines.
Les Négritos sont de petits nègres brachycéphales dont l'indice céphalique moyen, très constant, est à peu près égal à 80.
Les Perses avaient assurément l'indice céphalique des autres Aryens : Hindous, Afghans, Loris, soit 73. Le peuple touranien, quel qu'il soit, qui est intervenu comme troisième facteur, avait sans nul doute un indice céphalique compris entre 80 et 84. Attribuons-lui 82, comme il ne s'agit que d'une première approximation.
La moyemie de ces trois indices, 80, 73, 82, est 78,38. C'est juste l'indice moyen des Susiens modernes, puisque, d'après les chiHres du tableau A, nous avons trouvé 87,35.
§ II. — 11 est facile de voir, en étudiant le tableau A, que les sujets mesurés sont de deux tailles diirérentes. Après avoir tiré des moyennes les enseigncmenls qu'elles pouvaient nous donner, il convient d'établir des distinctions. Bien ([ue tous les sujets mesurés portent sur la
face ces traits, que l'un ne iieiil mieux exprimer (jue par le mot négroïde, ils sont beaucoup plus accuses chez les sujets de petite taille.
Ces derniers (tableau A : IV. VII, Vlll, IX. X) ont pour taille moyenne loo,8; leur crâne est plus petit, et l'indice céphalique, 78,76, se rapproche de celui des Négritos, (pioique le crâne soit allongé par rinfluence aryenne. Pai'nii les habitants dont la taille est le plus élevée, il en est deux (I, VI) qui présentent des caractères touraniens. Leur taille est de 171,5, et l'indice céphalique 84,63.
Quant aux autres (II, 111, V, XI), leur taille moyenne est 168,3, et leur indice céphalique, 78,22. en l'ait des dolichocéphales (|ui perpétuent les caractères de l'élément [lerse de la population.
Les conclusions de cette deuxième étude s'ajoutent donc aux précédentes. Il y a en Susiane une race bien nette, assez récemment constituée par un mélange de Touraniens. de Perses et de Négritos. Les caractères de ces trois peuples se sont fondus pour donner un niveau moyen au-dessus duquel fait saillie ici un trait touranien, ici un perse et là un négrito.
§ 111. — Il est possible d'analyser encore de plus près les caractères de ces populations. Suivant un conseil donné par M. de Quatrefages, avec une bienveillance dont je ne saurais trop le remercier, j'ai calculé les indices horizontaux de tous les Susiens du tableau A.
Nous avons deux caractères importants : la taille et cet indice céphalique. Disposons les sujets en série d'après l'un de ces caractères, la taille, par exemple.