‹ L'Action canadienne-française (volume 3)Chapitre 125 sur 232 · PARTIE DOCUMENTAIRE · texte numérisé non relu

PARTIE DOCUMENTAIRE

A la suite de la récente décision du ministre du commerce, au sujet du Commercial Intelligence Journal, notre excellent ami, M. F. -Ad.

LA VIE DE l'action FRANÇAISE 127

Senécal, gérant du Comptoir national, a échangé avec Thon. J.-A.- Robb, les lettres suivantes:

L'hon. J.-A. Robb, M. P., Ministère du Commerce, Ottawa.

Monsieur le ministre,

Il nous a fait plaisir, il y a deux mois, d'accuser réception et de vous remercier de votre lettre du 28 mars qui nous promettait une version française de votre BuUelin du Commerce Extérieur {Commercial Intelligence Journal) .

La rumeur a voulu depuis nous faire croire que les deux éditions de cette publication deviendraient "p^y^iites", au lieu de rester l'article de propagande gratuit qu'a toujours utilisé votre Service "Trade & Commerce".

Cette attitude nouvelle de votre ministère, coïncidant avec l'apparition de la version française de votre revue, n'a pas manqué de donner lieu à une foule de commentaires chez les Canadiens anglais et chez les Canadiens français qui ont le souci d'observer et de faire les rapprochements les plus élémentaires.

Nos concitoyens de langue anglaise ne peuvent guère aimer notre intervention qui les oblige à payer subitement ce qui leur a été gracieusement fourni et même offert durant quelques années; si la riuneur était vraie, notre légitime demande aurait servi à leur donner un "coup d'épingle" de plus et nous croyons sincèrement que les relations sont déjà assez difficiles sans les aggraver davantage.

Quant aux Canadiens français — et nous croyons parler en toute connaissance de cause — ils trouvent singulier qu'une de vos publications, qui a toujours été gratuite, devienne payante du moment que ce sont eux qui la demandent dans leur langue. Ils ne sont guère jaloux de voir leurs concitoyens de langue anglaise bien traités; ils veulent tout simplement le môme juste traitement, le traitement que l'on nous prodigue tant en paroles, mais si pou en actes posés.

Nous sommes convaincus que ces considérations dépassent de beaucoup en importance l'aspect matériel de toute la question.

On s'étonne, en certains milieux, que les Canadiens français n'insistent pas davantage pour demander du français partout où il leur en est dû, et l'on a partiellement raison; mais, lorsqu'il faut engager une véritable bataille contre la mauvaise volonté et le parti pris, chaque fois qu'il nous faut obtenir le moindre morceau de papier, il ne faut pas trop s'étonner si, pour hâter l'expédition d'une affaire pressante, nous nous résignons momentanément à prendre ce que l'on nous offre plutôt que de livrer une bataille constitutionnelle.

Contre cette méthode d'agir, il y aurait bien la manière forte où excellent nos concitoyens de race anglaise — et nous ne sommes pas personnellement prêts à les désapprouver en règle générale — mais il nous semble que ce ne devrait pas être la manière d'agir entre les doux races qui vivent côte à côte depuis 150 ans et qui tloivent connaître d'autres procédés que la manière du fort contre le plus fail)le.

128 l'action française

Noué portons ces considérations à votre connaissance, parce que nous avons confiance en votre esprit de justice; vous êtes, en outre, en état de connaître les deux races, puisque vous vivez au milieu des Canadiens français depuis longtemps; et nous croyons que ceux-ci ne vous ont jamais ménagé ni leur considération, ni leur respect, ni leur appui lorsque vous le leur avez demandé.

Nous réitérons notre demande pour obtenir la version française du Commerdal Intelligence Journal, au même titre gratuit, comme toujours, et nous attendons votre réponse avec confiance.

Veuillez agréer, monsieur le ministre, l'assurance de notre considération,

LE COMPTOIR NATIONAL Engr.

Ministère du commerce, Canada.

Bureau du ministre Ottawa, 12 juin 1923,

Le comptoir national, enr.

55, rue Saint-François-Xavier, Montréal, Que.

Messieurs,

J'accuse réception de votre lettre du 8 juin. Je vous ferai remarquer que nous avons l'intention d'imposer un prix de un dollar pour les éditions anglaises et françaises de notre journal de V Information commerciale. Cette souscription commencera le premier juillet prochain pour l'édition anglaise et le premier janvier 192 i pour la version française.

Notre seule raison pour exiger ce paiement pour notre publication est le coût de plus en plus élevé du papier, des salaires aux imprimeurs, compilateurs, de l'encre, etc. Nous avons attendu le plus longtemps possible pour imposer cette charge dans l'espérance qu'une baisse dans les prix s'effectuerait.

Quand la Grande-Bretagne et les États-Unis ont demandé une souscription pour leurs journaux, qui sont semblables au nôtre, nous avons hésité à suivre leur exemple mais comme notre attente a été trompée nous nous trouvons dans l'obligation de les imiter. Le gouvernement anglais réclame six dollars par année pour son journal de commerce et les États-Unis exigent trois dollars par année pour leurs rapports du commerce. Notre prix est de un dollar par an au Canada. Bien à vous,

(Signé :) James A. Robb.

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