HOMMAGE A UN OUVRIER
Sur une tombe. — Dermèrement mourait au Bic, dans la lointaine région du Golfe, un brave homme dont la mémoire sera universellement honorée chez les Canadiens de langue française, quand ceux-ci auront aporis à Dréférer les actes aux discours. Frédéric Boucher fut le premier président et l'organisateur de la Coopérative des fromagers, muée par la suite en Coopérative centrale des Agriculteurs. Quand cette société se fondit il y a quelques semaines dans la fédération des coopératives agricoles de la province de Québec, elle comptait une dizaine de mille adhérents, faisait pour près de $10,000,000 de ventes par année, et les pouvoirs p\ibHcs avaient besoin d'elle pour souteni»* et tonifier tout Torganisme de la coopération agricole en cette province. Boucher n'ayant participé à aucune fraude électorale retentissante ni truqué aucun rapport de banque, il ne fut jamais question de lui pour un ministère et jamais magistrat ne fit, dans un jugement savamment motivé, l'éloge de son intégrité. En outre, son manque d'instruction relatif ne lui permettait pas de se mettre en vedette par la plume ou par la parole. Il n'en aura pas moins été un des i)remiers et des plus utiles artisans de la libération économique du Canada français.
{La Renie, 1er fév. 1923.)
LA MANIFESTATION DU lô FEVRIER 1923,
La réunion du 15 février 1923 à la salle Saint-Sulpice fut un trop beau témoignage à l'égard de M. l'abbé Groulx pour que la Ligue d^ Action française ne le note pas d'une façon particulière.
Notre directeur ne serait pas téméraire de considérer cette soirée du 15 février comme sa revanche, à la suite des basses attaques dont il fut récemment l'objet. Il préfère, j'en suis sûr, voir dans cette manifestation la preuve de la considération que l'on porte à son œuvre littéraire et historique.
Cette œuvre devenant impoi'tante, des dénigreurs devaient chercher à la rapetisser. Leurs malveillantes chroniques répondaient à un plan concerté: on espérait miner sournoisement l'influence du directeur de V Action française, effriter l'édifice qu'il réussit à élever. Les amis de M. l'abbé Groulx ne pouvaient laisser ces attaques sans réponse. Les ripostes n'ont pas manqué à ces prétendus critiques. Il convenait de faire en plus une étude complète de l'œuvre attaquée. M. Olivar Asselin se chargeant de ce travail, le public était assuré d'avance que ce remarquable écrivain apporterait dans cette critique la liberté d'esprit, la netteté de vues, la clarté et la franchise d'expression dont il ne s'est jamais départi depuis plus de vingt ans qu'il s'intéresse à la cause française au Canada.
Plus de mille personnes s'étaient rendues à la salle Saint-Sulpice pour entendre l'analyse que ferait M. Asselin des livres du directeur de V Action française. Le conféren-