THE WORKS OF SAMUEL DE CHAMP LA IN
La ''Société Champlain" de Toronto a entrepris de publier une nouvelle édition complète des ''Œuvres de Champlain". L'ouvrage comprendra six volumes et le premier est déjà paru. C'est à peu près la reproduction des premières éditions, à l'exception cependant du "Voyage aux Indes occidentales", qui a été refait d'après le manuscrit original, le seul que l'on connaisse des autographes de Champlain.
La grande et belle édition Laverdière (1870) est connue et justement appréciée. C'est d'ailleurs la seule où l'on ait reproduit rigoureusement le caractère typographique de l'époque. Nous devons dire que la présente édition, si elle n'ajoute rien au texte connu, et plusieurs fois publié, des écrits du fondateur, est pourtant de caractère différent et sera encore d'une plus grande utilité que les précédentes. Elle donne une traduction en anglais du vieux texte français. Cela devra aider puissamment à faire connaître dans les milieux de langue anglaise nos belles origines françaises.
Le premier volume de la nouvelle édition diffère sensiblement de son correspondant de l'édition Laverdière. Le "Voyage aux Indes occidentales", imprimé dans les deux cas d'après le même manuscrit, contient d'appréciables variantes d'orthographe, de ponctuation et même de mots. L'original de cet écrit, ou tout au moins une copie de l'époque, retrouvée à Dieppe par l'abbé Casgrain, a servi à l'édition de 1870; le même autographe, acquis plus tard par la bibliothèque John Carter Brown, a été de nouveau transcrit pour la présente édition. Cependant les deux textes imprimés ne sont pas exactement identiques, et, si l'on en juge par la reproduction photographique d'une page manuscrite, le texte de l'édition nouvelle nous paraît avoir été plus rigoureusement suivi. Dans cette seule page il y a bien une dizaine de différences de texte avec l'imprimé de Québec. Même dans ce nouveau premier volume on
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remarque quelque altération dans l'orthographe de certains mots : maiesté pour mat, la dicte pour lad., je pour ge, armée pour Armée...
Quant aux autres chapitres, "Les Sauvages" et les ''Voyages", le texte est pratiquement le même dans les deux éditions pour lesquelles on a suivi les imprimés antérieurs. Toutes les cartes, qui ne sont pas comprises dans le texte, ont été réunies en un seul portefeuille, ce qui en rend l'usage bien commode. Les cartes insérées dans le texte ont été reproduites fidèlement, et en regard on donne la topographie moderne des lieux représentés grosso modo sur les anciennes. C'est une amélioration considérable et bien utile qui permet de situer exactement les événements auxquels ils se rapportent.
L'ouvrage est accompagné de nombreuses notes qui complètent admirablement le texte de Champlain, et en font une œuvre de haute valeur critique et documentaire.
Les ''Œuvres de Champlain", avec le texte français et anglais, les cartes explicatives, les notes abondantes, forment un ouvrage presque unique en son genre et de la plus haute importance historique.
L'entreprise a été confiée à monsieur H,-P. Biggar, des Archives nationales, qui paraît bien s'être surtout appliqué à donner à cette œuvre une parfaite unité d'ensemble dans la reproduction intégrale du texte, la fidèle traduction en anglais et la coordination des notes explicatives scrupuleusement contrôlées.
On nous annonce la publication prochaine des "Voyages de Cartier" d'après des découvertes récentes. Ce nouvel ouvrage de M. Biggar, fait sans doute dans la même tradition d'exactitude et de probité historique, complétera heureusement notre bibliographie primitive sur l'époque de fondation de notre pays.
Camille Bertrand.
L'ABITIBI
L'Abitibi ! Pour un Européen, un lecteur de Maria Chapdelaine, par exemple, et même pour un bon nombre de Canadiens, ce nom sauvage doit sûrement signifier quelque désert de glace ou quelque vague immensité de forêts ou de prairies incultes. En réalité c'est un pa3^s neuf, réct mment ouvert à la colonisation.
Sis au nord-ouest de la province de Québec, à peu près au centre de la ligne droite qui relierait Toronto à la baie James, ce serait là le futur grenier d'abondance de la patrie québécoise, s'il faut en croire la réclame officielle et officieuse. C'est du nord, dit-on, que nous vient la lumière, et c'est vers le nord que pointe inlassablement l'aiguille aimantée de la boussole. En bon pilote, M. Perrault, ministre de la colonisation, désireux de bien éclairer ses concitoyens sur le problème de l'exode des nôtres vers les États-Unis et sur les moyens à prendre pour y parer, leur a demandé de tourner les yeux de ce côté. Durant l'été qui vient de finir, trois excursions furent organisées par ses soins, vers ces régions nouvelles. Des citoyens de Montréal, de Québec, des Trois-Rivières, de Joliette et de quelques autres centres importants furent invités à constater sur place la transformation rapide, magique presque, de tout ce coin du pays d'en haut. En 1912, monseigneur LatuHpe le parcourait à pied par des sentiers à peine tracés à travers bois, en compagnie de l'abbé Ivanhoë Caron, inlassable voyageur, devenu par ces belles journées de juillet le guide obligeant des excursionnistes auxquels s'étaient joints quelques journalistes, invités du ministre. JJ Action fran(,aise en était.
De Montréal, le voj^age est long, très long. Les che-
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mins de fer nationaux nous conduisent par un long détour vers Québec, ce qui veut dire un trajet inutile de près de 200 milles pour les voyageurs de Montréal, bien entendu. A ^'Hervey Jonction" où nous arrivons vers neuf heures du soir, nous changeons de train et nous montons à bord d'un confortable wagon-couchette qui nous mènera à destination dix-huit heures plus tard.
Puis nous nous enfonçons dans l'ancienne forêt. Comme nous devions le constater au retour, — accompli de jour, — le feu a détruit le bois de toute cette région, nt laissant à perte df vue que des squelettes d'arbres déchiquetés, carbonisés, noircis. C'est la mort qui a passé par là et il semble qu'elle plane encore au-dessus de toute cette dévastation. Et toujours le train file, traînant sa charge, s'arrêtant à quelques gares à peu près désertes à mesure qu'il pénètre plus à l'ouest. Au matin, le soleil donne de la vie aux choses, et bientôt il semble que la nature reverdit. Voici, à un brusque détour de la route, sur une butte, près de la voie ferrée, la primitive demeure d'un colon. Cabane de troncs d'arbres, grossièrement équarris, aux interstices bouchés de guenilles et de vieux journaux; un mince filet de fumée s'échappe du toit. La femme avec ses mioches, joufflus et roses, regarde du pas de sa porte le convoi qui passe. Les petits agitent leurs mains. Le sol, tout autour de la maisonnette, a été dépouillé des souches et des troncs d'arbres brûlés. La charrue a éventré la surface d'une terre fertile et a préparé l'éternelle besogne de la production. Plus loin, à mesure que nous nous approchons de ces agglomérations d'habitations qui demain s'appelleront des villages, c'est une transformation. Les étendues cultivées sont plus vastes; des clôtures indiquent les bornes des différents domaines. La cabane de troncs d'arbres, le "log house", pour employer l'expression anglaise usitée dans les
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chantiers, a fait place à une maisonnette à un étage, bâtie de planches. C'est la deuxième étape de la vie du colon. La demeure première est devenue étable ou écurie. L'énergie, la ténacité de l'homme ont dompté la nature. Mais allons encore plus avant. Pénétrons dans la grande plaine argileuse. Le colon de chez nous a vaincu la nature rebelle. En moins de dix ans, il a fait de cette immense région autrefois inhabitée, un des coins les plus fertiles du Québec où plus de 18,000 âmes, aujourd'hui, vivent, s'agitent, remuent le sol, en fouillent les entrailles pour y trouver les métaux nombreux qu'il recèle. Ce sont des pionniers à qui sourit déjà la prospérité. La maisonnette de planches à son tour sert de hangar. La famille loge maintenant dans une grande et solide maison de ferme. Quelques tracteurs automobiles permettent la plus grande culture. C'est la vieille paroisse des bords du Saint-Laurent, mais paroisse rajeunie, fruste encore, subitement transportée sous nos yeux.
Et quand nous demandons quels sont ces vaillants, ces laborieux, qui en si peu de temps ont accompli un vrai tour de force, il nous est répondu que souvent ce fermier, cet ''habitant" plein de santé, heureux, prospère, n'était à l'arrivée qu'un pauvre hère des villes, épuisé de fatigues, miné par la maladie, souvent pourchassé par des créanciers obstinés. Ou bien ce sont des fils de cultivateurs de nos vieilles paroisses, qui sont allés faire leur tour de ville et oui, bientôt repus et dégoûtés ont repris les mancherons de la charrue.
Amos est le chef-lieu du district. Située sur les bords de la petite rivière Haricana, dont elle portait autrefois le joli nom, cette jeune ville compte aujourd'hui près de 2,500 âmes. C'est dire que le développement s'est fait en progression géométrique. En effet, au mois d'octobre 1910
les premiers colons, ver us du Témiscamingue y arrivèrent en canots. Le sol y est poussiéreux, surtout après quelques semaines de sécheresse; tout paraît uniformément gris. Les rues sont larges, dessinées à angle droit; les autorités municipales voient loin et elles ont raison. Mais qu'elles se hâtent de planter des arbres, qui font totalement défaut. Un aqueduc fournit l'eau aux citoyens. Un filtre doit bientôt, paraît-il, la rendre potable. Souhaitons-le. De l'électricité partout; de grands magasins bien fournis, avec de larges entrepôts encore plus vastes, ont déjà fait de leurs propriétaires des bourgeois cossus. Deux banques y ont de fort jolis immeubles, la banque d'Hochelaga en particulier. Cinq ou six moulins donnent de l'emploi à de nombreux ouvriers. Le service téléphonique compte 175 abonnés. Pharmacien, dentiste, médecins, notaires et avocats ajoutent par leur présence à l'idée d'une organisation urbaine à peu près complète. Le gouvernement provincial vient d'y construire un palais de justice dont les vieux districts judiciaires pourraient être facilement jaloux. Enfin, ajoutons qu'à l'occasion de la première excursion, avait lieu la bénédiction de la nouvelle église. Fort bien assis sur une butte d'où il domine et la ville et tous les environs, ce temple attire également la curiosité et par son architecture et par son mode de construction. Imaginez une rotonde de 100 pieds de diamètre, coiffée d'une coupole en béton armé recouverte d'un cuivre brillant. Tous les matériaux qui sont entrés dans sa construction sont incombustibles. Sauf les bancs de bois réservés aux fidèles, tout est en ciment : murs, planchers, table sainte, confessionnaux, maRre-autel et autels latéraux. L'incendie pourra balayer la ville; l'église restera intacte. Monseigneur Forbes, évêque de Joliette, vint spécialement la bénir au milieu d'un grand concours de peuple. Un banquet réunissait, après la céré-
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monie, tous les invités et un grand nombre de citoyens. Le consul de France, M. Naggiar, occupait un poste d'honneur, et sut, à l'heure des discours, témoigner de sa surprise émerveillée devant l'extraordinaire développement de la contrée, dû à l'activité de ses citoyens.
S'il fait naturellement chaud à Amos, l'absence d'arbres et de verdure exagérant peut-être l'impression première du voyageur, il se trouve, à quatre ou cinq milles, à Spirit Lake, une délicieuse oasis. En 1915, durant la guerre, le gouvernement ne sachant que faire des quelques milliers d'Autrichiens, d'Hongrois, d'Allemands, de Bulgares et de Galiciens qu'il lui avait fallu faire prisonniers afin de remplir sérieusement le rôle d'une nation en guerre, se décida à utiliser les bras de ces solides gaillards à bêcher et à retourner la bonne terre de l'Abitibi. Un camp fut installé sur les bords d'un joli lac, Spirit Lake, l'un des endroits les plus pittoresques de la région. Des travaux de défrichement furent menés rondement; puis les bâtiments sortirent de terre, granges et remises, étables et écuries. Après la guerre, le gouvernement fédéral eut le bon esprit de transformer l'ancien camp des prisonniers en ferme expérimentale qu'il baptisa tout simplement la Ferme, et d'en confier la direction à M. Pascal Fortier, le ' 'gentleman f armer" par excellence, dont l'aimable hospitalité n'a d'égal que le confort qu'il a su créer chez lui et autour de lui avec l'aide de ses deux assistants, M. Belzil, diplômé de l'école d'agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et M. Laforest, un des ''as" de notre corps d'aviation en France.
Il serait trop long de noter ici tous les renseignements que ces aimables hôtes voulurent bien donner à leurs visiteurs sur la fertilité du sol abitibien. Les légumes en général y poussent en abondance, bien que quelques-uns ne soient pas acclimatés aux froids rigoureux de la région. Les blés et
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les grains y ont la vie plus facile, le foin surtout. Les arbres fruitiers sont frileux ; on devra faire un choix. Car il faut se rappeler que là-bas l'hiver vient tôt et s'en va tard. Dès novembre le thermomètre descend en bas de zéro et, même en avril, ne craint pas d'y faire encore un plongeon.
Nous disons bonjour à nos hôtes et reprenons notre itinéraire. L'étape suivante est Senneterre. Il nous faut rebrousser chemin vers l'est. I^e sol y est moins fertile, disent les colons. Par contre plusieurs scieries y sont en pleine exploitation et paraissent y faire d'excellentes affaires. La rivière Nottaway divise le village en le traversant. C'est, nous dit-on, le second cours d'eau en importance de la province de Québec. Il est formé des nombreuses rivières qui se déchargent dans les lacs Waswanipi, Gull, Olga et Mattagami dont les superficies varient de 25 à 100 milles. Senneterre offre un point de départ avantageux pour atteindre les régions lointaines du Chibougamou, que les géologues disent être une grande réserve de minéraux fort intéressants. Après quelques discours de messieurs Perrault, Naggiar et Authier, récemment élu député du comté — manifestation qui réunit le village entier — les excursionnistes reprennent la route de l'ouest.
La t( mpérature est délicieuse. Nous passons successivement par Barrante, où les gens s'adonnent surtout à l'agriculture tout en fournissant la main-d'œuvre nécessaire à l'exploitation de deux moulins à scie; Landrienne, au nom si joli; Amos, que nous saluons de nouveau au passage; Vilmontel, qui possède un service téléphonique desservant une cinquantaine d'abonnés; Privât, centre commercial important, avec succursale de banque et échange téléphonique local; puis Authier et enfin Macamic, l'un des centres les plus importants après Amos. Deux médecins y résident; La Banque d'Hochelaga y a une succursale, les abonnés du
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téléphone se chiffrent à 160 et cinq moulins importants fabriquent du bois de pulpe et de sciage.
Après un court arrêt, continuant toujours plus à Touest, nous atteignons La Sarre, joli village bien vivant, qui possède son aqueduc, 154 abonnés du téléphone, un magasin de la compagnie de la Baie d'Hudson, neuf moulins, une succursale de banque, deux médecins, un notaire, un avocat et... un juif ! Nous stoppons ensuite à Dupuy où, sur l'invitation du curé Beauchamp, nous descendons de wagon pour continuer la route en voiture jusqu'à La Reine, sur la frontière qui sépare Québec et Ontario.
La Reine est une intéressante petite ville située à quelques milles au nord du lac Abitibi. Elle rivalise en importance avec Macamic et La Sarre. La terre y est plus belle et plus fertile. Tout est défriché à perte de vue, et le rendement est déjà remarquable. La Reine est le terminus d'une excellente route carrossable la reliant à Senneterre, soit une distance de 140 milles, que les automobiles parcourent très facilement en cinq heures.
Le gouvernement provincial, se rappelant que c'est grâce au chemin de fer si toute la région a été ouverte aux colons, a jugé bon de continuer la même politique en multipliant les bonnes routes dont la construction est terminée sur une longueur totale de 800 milles. L'automobile est appelée à jouer un rôle important dans cette vaste région; grâce à ce mode rapide de locomotion les longues distances sont vite franchies; les colons se sentent plus près les uns des autres et ne craignent pas de s'installer à 50 ou 60 milles du chemin de fer.
Au retour, les excursionnistes eurent tout le loisir d'échanger leurs impressions, bien différentes de celles
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qu'avait fait naître dans leur esprit le premier coup d'œil sur les plaines qu'ils traversaient. L'Abitibi ! ce n'était plus le désert, les squelettes d'arbres, la plaine abandonnée, monotone d'aspect ! L'Abitibi ! mais c'était la terre rajeunie du vieux Québec; c'était cent mille acres de bonne terre défrichée, dont quarante mille déjà mis en valeur; c'était le pays des familles aux nombreux enfants; c'était un nouveau Québec totalement catholique et français, où le colon courageux et persévérant est bientôt dans ses meubles. L'espace ne manque pas, l'air est pur et vivifiant; des rivières et des lacs nombreux permettent de bonnes pêches et fourniront plus tard tout un réseau de navigation intérieure. Les cantons miniers ne sont pas encore exploités, mais déjà les Américains se sont mis à fureter ! Caveant consules !
L'Abitibi, enfin, c'est le débouché tout trouvé pour ceux qui se croient trop à l'étroit dans la vallée du Saint- Laurent. C'est le meilleur dérivatif à l'exode des nôtres vers les États-Unis. N'est-ce pas sir Wilfrid Laurier qui s'écriait naguère à Cochrane, chef-lieu du nord Ontario : "L'homme qui viendra par ici dans quelques années verra un Canada continu de la vallée du Saint-Laurent à celle de la Rivière Rouge, alors que les gens de Québec don eront la main à ceux de Winnipeg" ?
Voulons-nous que ce souhait se réalise pleinement? C'est à tous les citoyens qu'il incombe d'être sur le qui-vive; et chacun dans sa sphère doit semer la bonne parole, la suggestion pratique, et diriger du bon côté ce désir de nouveauté auquel certains ne peuvent résister.
Restons chez nous. Emparons-nous de ce qui est nôtre de par la carte géographique. Allons nous-mêmes utiliser les forces hydrauliques du nouveau Québec et tirons-en des profits pour nous-mêmes. N'attendons pas que les autres
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y soient rendus, pour ensuite nous contenter des postes inférieurs de salariés et de mercenaires chez nous. Cessons donc de répéter toujours : ^ 'Après vous, Messieurs les Anglais, ou Messieurs les Américains''.
Notre gouvernement provincial avec M. Perrault, au ministère de la colonisation, a déjà abattu de la bonne besogne. Souhaitons qu'il persévère. Espérons aussi que nos ingénieurs iront visiter ces vastes domaines, et découvrir ce que le sol recèle de richesses minières de toutes espèces.
Presque tous les gisements de nickel connus sont dans Québec. Qui les exploite et en tire des millions chaque année ? L'étranger ! — • Les mines d'amiante de notre province fournissent les ^/s de la production mondiale. Qui s'enrichit en les exploitant ? L'étranger encore. Et souvent le fonds a été vendu pour un plat de lentilles par un propriétaire ignare ou inconscient. Il est inutile d'énumérer la liste de nos néghgences et de nos imprudences. Elles sont connues. Puisse la leçon nous servir.
L'Abitibi ! le nouveau Québec ! répétons-le après l'abbé Proulx qui le visita en 1886 : ''c'est tout une province, tout un royaume". Nous n'avons qu'à nous y installer en maîtres.
Emile Bruchest.