LA REVISION DE NOTRE PATRIOTISME
Chacun parle en notre province de la crise du patriotisme. Il est sûr qu'il n^ existe point de patriotisme proprement canadien. Dans les provinces maritimes, dans le Canada central, dans V ouest, Von ne connaît partout que le patriotisme provincialisie ou régionaliste. Nous, Canadiens français, dépassons les frontières de notre province; une fraternité nous unit à tous les groupes de notre race; mais ce patriotisme est proprement canadien-français; il est fondé sur la communauté de la foi religieuse, du sang, de l'histoire, de la culture, et sur la défense de ces biens.
Voilà cependant plus d'un demi-siècle que nous sommes en confédération. Les fédéralistes n^ont pas à se plaindre. Jusqu'à 1905, peut-on dire, ils ont tenu l'esprit du peuple dans leurs mains; ils ont pu prêcher leur doctrine sans la moindre opposition. Plus que tous, les Canadiens français ont fait le loyal essai du pacte de 1867. Si une réaction violente a commencé dans notre province vers 190^, c'est que nous nous sommes sentis tout à coup à deux doigts de V abîme. La réaction a continué, plus forte que tous les anciens narcotiques qui n'ont pu reprendre leur empire. Mais notre patriotisme s'est développé dans les mesures où il est devenu canadienfrançais. Le réveil s'est fait parmi les classes qui lisent et qui réfléchissent. Le peuple qui n'a pu être atteint par les éveilleurs, sommeille encore. L'exode actuel le fait tristement voir; le peuple n'a plus de patriotisme d'aucune sorte. Faut-il tenter encore, ce qui a si complètement échoué ? Faut-il réviser notre patriotisme, le débarrasser des chimères, n'y faire entrer que les éléments qu'il a jusqu'ici supportés? La décision
en vaut la peine.
L Action française.
Notre intégrité catholique