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LE DROIT DES LANGUES

Le marquis de l'Estourbeillon, député du Morbihan, président de l'Union Régionaliste bretonne^ dans un appel aux délégués de la Conférence de la paix {Libre Parole, Paris, 31 janvier 1919), demande que le futur traité de paix « affirme et proclame nettement, en l'établissant désormais comme une règle intangible, le droit imprescriptible des peuples de parler et d'enseigner libremerit leur langue. . . ».

LaLigxje des Droits du français. — L'assemblée générale annuelle de la Ligue des Droits du français est toujours, dans la vie de l'Action française, un événement considérable, puisque c'est la Ligue qui publie l'Action française et ses filiales. Cette assemblée a eu lieu au siège social de la Ligue, 32, Immeuble de la Sauvegarde, le samedi 1er février. M . Louis Hurtubise, secrétaire général de la Ligue, a présenté le rapport suivant :

« Vous connaissez, sans qu'il soit besoin d'y insister beaucoup, le ' bilan de notre Ligue. Organisée de la façon la plus modeste, son œu^Te s'est développée de telle sorte que deux cent miUe brochures et brochurettes portent déjà à*travers l'Amérique, et jusqu'en Europe, notre pensée et nos projets.

« Notre première publication périodique, VAlmanach de la Langue française, d'abord tirée à 10,000 exemplaires, a dû presque aussitôt être portée à 25,000. Cette année, nous craignions l'effet siu- sa diffusion de retards accidentels et de la hausse du prix, imputable à l'augmentation du coût du matériel et de la main-d'œuvre. Le succès a été foudroyant, déconcertant. En quelques jours, nos 25,000 exemplaires ont été enlevés. Nous n'avons pu répondre aux demandes de nos amis; l'an prochain, il faudra tirer à 40,000, à tout le moins.

« Notre revue, l'Action française, n'a pas encore atteint de pareilles hauteurs; mais, si l'on tient compte de son caractère particulier, le résultat est aussi remarquable. Alors que dans notre pays, le nécrologe des revues est l'un des plus riches qui soient, nous vivons et, dès notre deuxième année, nous avons dû porter notre tirage de 2,500 à 4,000. Cette année, nous passons à 5,000 et ce n'est qu'un commencement.

« Vous savez qu'41 a ïallu, pour compléter l'action de la revue, créer un nouveau type de pubUcations : notre Bibliothèque de l'Action française. Quatre brochures à 10 sous, La Fierté, du P. Louis Lalande, S. J., Pour l'Action française, de M. l'abbé Lionel Groulx, la Veillée des berceaux, de M. Edouard Montpetit, et les Refrains de chez nous ont déjà paru dans cette collection orange. D'autres suivront, notamment la Valeur économique du français, de M. Léon Lorrain, et Si Dollard revenait. . ., de M. l'abbé Groulx. Puis, la série à 10 sous ne suflasant

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point, nous avons dû aborder des formats plus coûteux : La Langue, gardienne de la Foi, de M. Henri Bourassa, inaugurera, sous couleur verte, une collection à 25 sous où paraîtra, très vraisemblablement, le plaidoyer Pour la Défense de nos Lois françaises, de M. Antonio Perrault. La collection à 75 sous sera inaugurée par VAu Service de la Tradition française de M. Edouard Montpetit et La Naissance d'une Race de M. l'abbé Groubc. L'hommage à Paul-Émile Lamarche, qui paraîtra d'ici quelques jours, sera peut-être le premier numéro d'une série à ime piastre.

« Vous voyez que, de ce point de vue, la besogne ne manque point. D'autres projets sont d'ailleurs à l'étude.

« L'œuvre de la revue et de nos publications diverses se complète par celle des conférences. Vous savez quel éclat prend la série du Monument National, où nous avons eu le plaisir d'entendre jusqu'ici, sous la présidence de M. l'abbé Perrier, de M. le sénateur Belcourt et de M. Aimé Geoffrion, MM. Henri Bourassa, Léon Lort-ain et Antonio Perrault. D'autres conférences s'ajouteront à celles-ci, car nous n'entendons confiner notre effort ni au Monument National, ni à la ville de Montréal.

« Conférences et brochiu-es n'épuisent point cet effort. Nous visons à une action plus immédiate, plus directe encore, pour assurer au français la place qui lui convient. Le travail fait de concert avec un certain nombre de fabricants de biscuits et de bonbons, et qui a abouti à la constitution de catalogues bilingues, au choix de noms français, etc., est le type d'une action que nous espérons bien multiplier. D'autres interventions se produiront aussi. Il en est plusieurs que nous avons dû ajourner parce que nous n'avions pas le moyen matériel de les mettre' à exécution.

« Car, il en faut bien revenir là, nos ressources sont encore très limitées. Nous n'avons en abondance que la sympathie et le dévouement, et c'est par ceux-ci, presque exclusivement, que nous avons pu vivre. C'est à ceux-ci que nous faisons appel pour le progrès et le développement de notre œuvre. Il n'est personne qui ne puisse nous aider, par l'abonnement, l'annonce, la diffusion de nos livres et de nos brochures, aussi bien que par la conférence et l'article. Ce qui m'intéresse parliculibrcmcnt dans votre œuvre, disait un jour un orateur ami, c'est qu'elle offre de la besogne à tout le monde. Et vous avez encore dans l'oreille le comphment que voulait bien nous adresser M. Aimé Geoffrion : Quand d'autres songent à agir, V Action française, elle, agit !

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« A tous ceux qui nous ont aidé dans le passé, à tous ceux qui nous aideront dans l'avenir, nous adressons d'avance le plus cordial merci. »

Ce rapport a été adopté par l'assemblée, en même temps que le compte rendu des opérations financières de l'année. Deux des membres du comité directeur de la Ligue, MM. le Dr Joseph Gauvreau, ancien secrétaire général, et Pierre Homier, achevaient, cette année, leur terme d'office. Leurs noms et ceux de MIVL l'abbé Phihppe Perrier et Hervé Roch, avocat, ont été présentés au choix de l'assemblée. MM. Gauvreau et Homier ayant fait savoir que leurs occupations ne leur permettraient pas d'occuper au comité des fonctions permanentes, MM. l'abbé Perrier et Roch ont été élus par acclamation.

La Ligue espère que INIM. Gau^Teau et Homier, deux de ses fondateiurs et de ses plus ardents collaborateurs, pourront tout de même continuer à lui apporter le fruit de levu* travail et de leiu* expérience.

SER^^CE DE LIBRAIRIE. — L' Action française vient, sous la pression des circonstances, d'instituer un service qui prendra probablement une importance assez considérable. Beaucoup de ses amis profitaient de leurs lettres à l'administration pour réclamer tel ou tel volume pubHé ailleurs, mais qui se rattachait à leurs préoccupations habituelles. Nous avons tôt constaté qu'il }• avait là l'occasion de rendre à nos clients habituels de multiples services, de leur épargner des lettres et des frais inutiles. Nous avons donc décidé de régulariser et de systématiser le service de hbrairie qui s'était établi presque tout seul.

Nous serons heureux, à l'avenir, de foiu-nir à nos correspondants les livres et brochures, les Canadiana particuUèrem.ent, dont ils pourront avoir besoin. On trouvera dans l'une des pages d'aimonce l'indication de quesques-uns des ouvrages que nous tenons présentement à leur disposition. Cette hste est naturellement fort incomplète. Nous rechercherons tous les h\Tes qu'on nous demandera. Nous nous ferons ime spéciahté de la difî'usion des œu\Tes de propagande des grandes sociétés de défense nationale du Canada et des États-Unis. C'est ainsi que nous avons déjà commencé la distribution de l'un des premiers tracts de la Ligue de Ralliement français en Amérique : Le français dans nos écoles, que nous signahons le mois dernier. Cette pubHcation se vend 10 sous l'exemplaire, SI la douzaine, S8 le cent.

Nous disposons de brochures comme les Chroniques de M. Léon Lorrain (25 sous, plus 2 sous pour le port), A bout -portant, de Nap. Tellier (même prix), A -profos d'Instruction obligatoire — La situation scolaire dans la province de Québec, de C.-J. Magnan (50 sous, plus 5 sous

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pour le port; $5 la douzaine et $35 le cent, port en plus) l'Instruction obligatoire, du P. Hermas Lalande (40 sous, plus 5 sous pour le port; S4 la douzaine, port en plus) et, d'une façon générale, des dernières publications parues.

Les membres des commissions scolaires, les organisateiu-s de bibliothèques paroissiales, trouveront profit à se mettre en relations avec nous.

Notons en passent (que la Fierté, l'une de nos premières publications, est aujoiu-d'hvii épuisée. Par contre, plusieiu-s milliers d'exemplaires des Refrains de chez nous viennent d'être réimprimés.

L'aboxxbmbxt DR S5. — Sur versement de So, nous adressons aux souscripteurs, sans qu'ils aient à le demander, toutes les publications nouvelles de l'Action française, au fur et à mesiire qu'elles paraissent. Si le client désire commander plus d'un exemplaire de ces publications ou d'autres li\Tes, il n'a qu'à jeter à la poste une carte postale. Les S5 épuisées, il lui suffit de renouveler cette provision pour continuer à recevoir les nouveautés et commander ce qui lui plaît.

Nos CONFÉRENCES. — La quatrième conférence de la série du Monument National a obtenu un succès très considérable, que nous ne pouvons que signaler ici. Le Dr G.-H. Baril, président de-V Association de la Jeunesse, le R. P. Louis Lalande, S. J., et IMgr Béliveau, archevêque de Saint-Boniface, ont successivement pris la parole dans cette soirée, l'une des plus brillantes que nous aj'ons encore eues. Il y a là la matière d'une brochure qui sera bientôt pubUée.

Le prochain conférencier sera ^L Armand Lavergne.

Nos COLLECTIONS. — Quelqucs collections de 1918 se vendent $2. On réussit parfois à former des collections de 1917 qui se vendent $3.50.

Jean BeauchexMix.

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