RETARD
Nous prions nos lecteurs d'excuser le retard de cette livraison. Nous reprendrons avec mai notre publication normale.
A TRAVERS LA VIE COURANTE
U UtihsottOn On trouvera plus loin le rapport définitif du comité • de Ig victoiïC ^^^''g^ de franciser l'industrie des bonbons et des biscuits. La longue liste de mots français qu'il contient parle par elle-même. Elle dit à la fois et son rude labeur et son magnifique triomphe. L'un d'ailleurs va rarement sans l'autre. Le premier est la rançon ordinaire du second. Recuîer devant la tâche ardue, quand il s'agit d'opérer une réforme utile, c'est se condamner à l'insuccès.
Mais ce résultat, si beau soit-il, ne saurait terminer l'œuvre entreprise par la Ligue des Droits dufranrais. Elle doit au but qu'elle poursuit, elle doit à ses amis d'en tirer tout le parti possible. C'est maintenant l'heure — pour employer un mot d'actualité — de V utilisation de la victoire. Or, parmi les fruits que celle-ci peut donner il faut placer, en premier, Ueu la preuve que la langue française ne nuit pas au commerce, que même son usage — tel que nous le demandons, tel que nous l'avons obtenu des fabricants de bonbons et de biscuits — lui est \Taiment utile. C'est pourquoi nous avons fait appel à nos amis, nous leur avons demandé d'encourager les maisons qui ont adhéré à notre mouvement.
La VgIcUT Je développais, l'autre jour, cette idée devant
dêS fnClTChcifldiSBS ^^ directeur d'une importante institution. « Je veux bien encourager les nôtres, me répondit-il, surtout ceux qui font preuve de patriotisme. Les affaires cependant sont les affaires. On ne peut pas oubher complètement ce côté de la question. Vos fabricants de bonbons et de biscuits donnent-ils une boime marchandise ? C'est là un point important. J'ai actuellement comme fournisseur la maison X. Elle est anglaise. Ses produits sont excellents. Si je l'abandonne pour la maison Y qui est canadiennefrançaise, non seulement de nom — comme quelques-unes — mais aussi de fait, mes chents, mes pensionnaires ne souffriront-ils pas du changement ? Garantissez-moi que non et dès demain la chose est faite. »
Ce langage ne pêche certainement pas par défaut de clarté. Aussi avant de m'engager, j'ai voulu me renseigner. Les fabricants cana
170 l'action française
diens-français avec qui j'ai pu causer admettent volontiers que leurs maisons ne produisent pas ces biscuits et ces bonbons superfins, de prix très élevé, que fournissent quelques maisons anglaises. Quant à la marchandise ordinaire, celle que consomment habituellement les familles, ils prétendent en donner une, à prix égal, d'aussi bonne qualité.
Une exposition simple affirmation, dira quelqu'im. et encore, ÙïOChciine intéressée! — Soit, aussi allons-nous permettre à ses auteurs de faire leur preuve. A notre demande, une exposition de bonbons et de biscuits, fabriqués par des Canadiens français et portant des noms français, aiua lieu bientôt. Il sera loisible à nos îftnis de s'y rendre, de voir, de palper, de goûter et . . . d'apprécier ces différents produits.
La date et le heu de cette exposition seront annoncés sous peu. Aucvm droit d'entrée ne sera exigé. Nous ne demanderons aux visiteurs qu'une chose : Si ces bonbons et ces biscuits sont de leur goût, qu'ils leur donnent la préférence, qu'ils trouvent le moyen de les obteair non seulement à la table de famihe, non seulement chez l'épicier, mais encore — ce qui est peut-être plus difficile — à la table d'hôte, au restaurant et à l'hôtel.
Dans les Avec les chemins de fer, les grands hôtels — puisque
hôtels l'occasion s'offre d'en parler — doivent être rangés
parmi les principales forteresses de la langue anglaise dans notre pays. Un prêtre américain me racontait récemment, qu'arrivant à Montréal, l'autre matin, par la gare Bonaventure, il entra dans un hôtel voisin, dont le propriélaire est canadien français. Quel ne fut pas son étonnement de constater que le service se faisait exclusivement en anglais. On aurait dit que la langue française était strictement bannie de ces heux.
Je ne sais s'il en est ainsi au Château Frontenac, à Québec, mais le menu du 5 février dernier que m'envoie un voyageur de commerce semble l'indiquer. « Si les mets varient suivant les jours, écrit en marge mon correspondant, la langue, elle, ne change jamais. Est-ce que nos députés qui logent ici durant la session ne pourraient pas exiger des menus français ? » Certes, oui. Non seulement ils le pourraient, mais ils le devraient. Je leur propose bien volontiers l'idée. Je souhaite qu'ils l'exécutent. Je serais cependant plus certain de son succès si les voyageur sprenaient, eux aussi, la chose en main. . . Ce qu'ils ont déjà
l'action française 171
obtenu en différents endroits de la province, à Sherbrooke notamment, ils l'obtiendront à Québec et à Montréal, s'ils le veulent.
UtI Qïticlc La chose, pour légère qu'elle puisse
du ''Correspondant'' paraître à quelques-uns,, en vaut la
peine. Plus que jamais en effet s'accrédite en Europe la légende que la langue du Canada, même du Canada français, est l'anglais. Et ce sont de tels détails observés par des hôtes de passage qui la créent. Veut-on de cette légende une nouvelle manifestation, toute récente ? Le Carespondant du 10 mars consacre à sir Wilfrid Laurier, sous la signature de Miles — pseudonjone qui, depuis le commencement de la guerre, .=ert à divers écrivains en veine de crayonner des silhouettes mihtaires — un article d'une vingtaine de pages. Or pour donner comme une couleur locale à cette étude, celui qui l'a traduite — car elle a été évidemment écrite en anglais — va laissé un bon nombre de mots qu'il croit \Taisemblablement en asage dans notre province, parmi les compatriotes de sir Wilfrid. Ainsi il nous apprend que le Great Old Man du Canada, dont le père était land survzyor, allait souvent dans sa jeunesse chez un elder de l'Église d'Ecosse. Ses succès commencèrent — devinez où — à la Bar! Oui, c'est écrit en toutes lettres, dût la Ligue antialcoolique en frémir d'indignation ! Mais voici que s'ouvre la carrière politique du « Righl Honourable Sir Wilfrid Laurier ». 11 est nommé, dès sou entrée au parlement de Québec, où *à cette époque le français était la langue dominante » (on remarque le mot « à cette époque » : c'est faire entendre clairement qu'une autre langue domine maintenant dans notre parlement provincial), il est nommé pour appuj'er l'Address en réponse au discours du Trône, honneur qui devait lui être décerné de nouveau, plus tard, à Ottawa, ayant été choisi, dans une occasion semblable, comme seconder. Là, il est bientôt appelé à être ministre de V Irdand Recense, et défait dans son comté, il réussit à se faire élire dans Quchec Easi .... Voilà le comble ! La vieille «irconscription si française de Saint-Sauveur et de Saint-Roch baptisée d'un nom anglais, assimilée à un comté anglais, mise sur le même pied que Toronto ou Winnipeg ! Nous pourrions continuer à enfiler de telles perles, mais après celle-ci, nous n'avons plus qu'à tirer l'échelle. . . et à laisser sécher notre plume.
Lb souci Ou plutôt non. Xe restons pas sur ce mauvais plat-
du détail ^* félicitons le député de Verchères-Chambly, M. Joseph Archambault d'avoir fait se ressouvenir la Chambre que le français est encore langue officielle dans notre pajs. Voici
comment le chroniqueur du Devoir rapporte brièvement l'incident: « M. Arcbambault, de Chambh'-Verchères, a été plus persévérant vendredi dernier, alors qu'il a positivement empêché M. Meighen d'expliquer vtn bill pour la raison que celui-ci n'était pas encore imprimé en français. Il a fallu envoyer faire des recherches, et passer à une autre législation en attendant. »
Sans doute, ce n'est là encore qu'un détail, mais comme l'a dit éloquemment au Monument National, après l'avoir rappelé dans notre revue, le clairvoyant archevêque de Saint-Boniface : « Le détail nous sauvera, si nous savons le faire passer dans l'ordre des réahtés, partout, toujours et dans toutes les sphères d'action. » Et Sa Grandeur confirmait ces paroles par l'exemple mêm.e de nos adversaires : « Le mode de procéder de ceux qui tiennent à faire du Canada im pays de langue anglaise, avec une réserve française, a été le souci du détail; c'est petit à petit qu'ils ont réussi à détruire l'Acte de IManitoba et l'Acte des Territoires du Nord-Ouest : il y a trente ans qu'ils sont à l'œuvre chez nous. C'est petit à petit, en posant des actes avec un esprit de suite inquiétant, et une détermination qui se laisse difficilement ébranler que, dans le domaine fédéral, les m-êmes forces battent en brèche la lettre et encore plus l'esprit de l'Acte de l'Amérique britannique du Nord qui met sur un pied d'égalité l'anglais et le français dans tous les domaines fédéraux. »
Nous aussi, «petit à petit », et par « le souci du détail », efforcer nous de redonner à notre langue toute la place qui lui revient en terre' canadienne.
Pierre Homier.
Avez-vous soldé vos arrérages?
L'abonnement à la revue est payable d'avance.
Elle se manifeste surtout, par le temps qui court, dans le domaine des publications.
Notre série orange, qui comprenait déjà La Fierté et La Race supérieure, du P. Louis Lalande, S.J., Pour l'Action françaùse et Si Doîlard revenait . . . de M. l'abbé Lionel Groulx, La Veillée des berceaux, de AL Edouard Montpetit, et La Valeur économi/jue du français, de M. Léon Lorrain, s'enrichira tout prochainement de deux pubhcations nouvelles : La Déportation des Acadiens, de AL Henri d'Arles, et Che: nos ancêtres, de M. l'abbé GrouLx. (On sait que tous les numéros de cette série se vendent 10 sous l'exemplaire. SI la douzaine, S8 le cent, S70 le mille et que l'on peut grouper et mélanger les commandes, et bénéficier des réductions afférentes au chiffre global de l'achat. En d'autres termes, deux ou trois amis peuvent s'entendre pour commander une centaine d'exemplaires, variés, de ces diverses pubhcations et bénéficier de la réduction de 209c- Nous ferons même les expéditions à des adresses différentes, mais il va de soi que nous ne ferons qu'une facture et ne de%Tons avoir affaire qu'à un seul débiteur. Les frais de port sont à la charge de l'acheteur).
La série verte ne contenait jusqu'ici que la brochure de AL Bourassa : La Langue, gardienne de la Foi Elle s'augmentera, d'ici quelques jours, de la remarquable étude de AL Antonio Perrault, profes.seur de Droit à l'L'niversité Laval : Pour la Défense de nos lois françaises. De l'a'vis de beaucoup, cette pubUcation fera date dans l'histoire de notre défense intellectuelle. (On trouvera dans l'une de nos pages d'annonce les conditions de vente de ces deux brochures et des li^Tes dont il sera question plus loin).
La série bleue sera inaugurée tout prochainement aussi par la Nais sance d'une Race de AL l'abbé GrouLx. La pubUcation à'Au service de la Tradition française, de AL Alontpetit, qui lui fera suite, est remise au mois de septembre.
Le hvre de Paul-Émile Lamarche (Paul-Émile Lamarche, Œuvres- Hommages), qui est encore seul dans la série à SI, obtient un fort beau succès. Près de 2,000 exemplaires en ont déjà été vendus.
En même temps que ces publications, nous lançons deux grosses éditions: Le Canada apostolique, de M. Henri Bourassa, et Les RapaUlages, de M. l'abbé Groulx.
Le Canada apostolique est une revue, avec faits et statistiques à l'appui, des oeuvres de missions des communautés religieuses francocanadiennes. (Par suite d'une entente spéciale entre l'auteur et nous, les commandes des communautés religieuses, des maisons d'éducation et des évêchés dc.Tont être adressées au Devoir, et celles des libraires, des commissions scolaires et des particuliers à V Action française) .
La réédition des Ropaillages doit être, dans notre pensée, le début d'une grande campagne destinée à répandre dans la fovile les œuvres d'inspiration canadienne. Deux éditions seront faites, toutes deux portant douze illustrations inédites de Franchère et qui de\Tont satisfaire tous les goûts. Nous prions nos amis de consulter tout de suite la liste des réductions que portent nos pages d'annonces et de se préparer à mener ime grande campagne de propagande, dans le genre de celle qui a si rapidement assuré le succès du dernier Almanach.
Et comme ce sera bientôt l'heure des distributions de prix, nous les prions aussi de recommander aux commissions scolaires l'achat de celles de nos publications qui peuvent leiu" être particuMèrement iitiles. Qu'ils se rappellent en même temps, et qu'ils rappellent autour d'eux, que le service de librairie de l'Action française est toujoiu-s prêt à procurer à ses clients tous les bons livres dont ils peuvent avoir besoin.
Jean Beau chemin.