AU MINISTRE DE L'ÉDUCATION, TORONTO
« Honorable Monsieur : — La rumeur nous est parvenue que le gouvernement a l'intention de nommer une nouvelle commission ou un administrateiu" dans le but de diriger les écoles séparées de la ville d'Ottawa, la dite commission ou administrateur devant remplacer la commission des écoles séparées dans l'administration de ces écoles.
« Nous voulons faire entendre ime protestation respectueuse contre cette mesure parce qu'elle enlèverait aux contribuables le droit d'administrer leurs écoles sans savoir de quelle manière est dépensé leur argent, contrairement au principe : « pas d'imposition sans représentation ». Nous croyons fermement qu'une telle atteinte aux droits des contribuables aiderait à renouveler les troubles et la lutte, en même temps qu'elle prolongerait les difficultés sans les régler.
« Nous suggérons donc, respectueusement, que le ministère de l'Education applique un autre remède, un remède bien simple qui rencontrera l'assentiment de tous les cathoUques de la ville d'Ottawa.
« Il consiste en ceci : que le gouvernement donne l'administration des écoles séparées d'Ottawa à deux comités autonomes sous la juridiction d'une même commission scolaire et, en plus, que le gouvernement légalise cet accord soit en amendant la loi des écoles séparées, soit par tout autre manière qui le rendra stable et permanent.
« Nous espérons sincèrement que cet espoir se réalisera, croyant qu'il est de nature à donner le meilleur gouvernement des écoles, à promouvoir la cause de l'éducation, l'établissement de l'harmonie dans la communauté et le bien public en général. »