‹ L'Action canadienne-française (volume 5)Chapitre 105 sur 175 · QUELQUES PUBLICATIONS · texte numérisé non relu

QUELQUES PUBLICATIONS

La Bibliothèque de l'Action française connaît à peine l'interruption des vacances. Ainsi l'on nous annonce pour la fin d'août ou pour les premiers jours de septembre, un grand roman canadien : L'Appel de la race. Ce sera l'analyse de l'un des cas les plus dramatiques que posent beaucoup trop de foyers de chez nous. Ceux qui ont tenu le manuscrit de h' Appel de la race dans leurs mains, sont unanimes à louer le haut intérêt de cette œuvre nouvelle. Nous signalons aussi à nos lecteurs : Lendemains de conquête, (Saynète tirée du livre de l'abbé Lionel Groulx, représentée pour la première fois à Montréal, par le cercle Marie Rollet, le 12 juin 1921). Cette brochurette joliment imprimée n'appartient point à notre Bibliothèque et elle a paru sans nom d'auteur. Mais ceux qui la liront, reconnaîtront, sous le charme aisé du dialogue, une fine et noble intelligence de notre histoire. Nous recommandons également

une récente brochure de l'un de nos directeurs : Le chantage du sol de M. Louis Hurtubise. Ceux qui s'intéressent aux problèmes agricoles trouveront là des chiffres et des idées qu'il convient de peser.

Nous espérons publier prochainement un rapport des activités du Comité de propagande canadienne-française à Paris. Car l'œuvre continue là-bas et a bonne envie de vivre. En même temps que le comité poursuivait à travers Paris et la province sa campagne de conférences populaires avec cartes géographiques et projections, il ne négligeait point les milieux intellectuels. Il ambitionne d'y pénétrer en se faisant ouvrir les portes des grandes revues françaises. C'est chose déjà commencée et en plein développement. Ainsi le comité aura fait passer dans la Revue hebdomadaire, un très judicieux et très vivant article du R. Père Lamarche, O. P. sur Maria Chapdelaine. Une large étude du Père Adélard Dugré, S. J. sur Y Apostolat des Canadiens français vient d'être publiée dans les toutes récentes livraisons des Études. La conférence de notre directeur aux publicistes chrétiens, La France d'outremer, conférence imprimée là-bas à plusieurs milliers d'exemplaires par l'Action française de Paris, était aussi une contribution à la même propagande. Nos amis du comité répandront largement en Europe, nous le savons, et La France d'outre-mer et l'étude du Père Dugré.

Jacques Brassier.

■j-, , 9 L'œuvre poursuivie ici eût-elle besoin d'une

itill marge Cl Un justification, que le récent congrès * de l'A.C- COllgrès J-C. la lui aurait apportée ! La Ligu d'Ac-

tion française n'est pas une fondation de dilettantes. Elle naquit, on le sait, du sursaut d'indignation qu'éprouvèrent quelques patriotes à la vue de l'anglicisation croissante de notre race. Us comprirent que sans une réaction énergique et méthodique le flot des infiltrations étrangères aurait tôt fait de nous submerger.

1 En réalité ce n'était qu'un conseil fédéral. L'importance du sujet traité et l'intérêt qu'il suscita lui donnèrent l'apparence d'un congrès.

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Et sur le champ ils se mirent à l'œuvre. Seuls ceux qui y participèrent activement savent le travail lent et difficile, le travail de déblai ment, de préparation des intelligences, j'oserais dire, auquel il fallut d'abord se livrer. Mais qu'importe le rude labeur d'hier, si aujourd'hui la moisson lève abondante ! Et tel est bien le cas.

Le choix même du sujet, mis à l'étude

T '£v*»il rl^e oenvita cette almée par les membres de l'A.C.J.C, L.cvciiuc»cspiiisprouve péremptoirement que chez un

groupe important de la jeunesse, le meilleur, — le plus sain, le plus cultivé, le plus actif, — on comprend la nécessité vitale de cette réaction. Et l'intérêt avec lequel les différents rapports ont été accueillis dans les milieux les plus divers indique aussi que presque partout les campagnes entreprises récemment ont au moin! éveillé les esprits.

Que ces campagnes n'aient pas encore donné tous les fruits désirés, la chose n'est pas pour nous étonner. On ne remonte pas, en quelques années, une pente sur laquelle on dévalait depuis un demi-siècle. Nous ne l'ignorions pas en commençant. Les rapporteurs ont su d'ailleurs remarquer les progrès accomplis et en rendre hommage à qui de droit. Reste qu'il y a encore un long chemin à parcourir, long autant que rude. Et cette constatation, loin de nous décourager, affermit notre œuvre. Elle justifie, comme nous le disions au début, notre action. Elle prouve son opportunité, voire son urgente nécessité.

T ^»., . , Dans les deux domaines en effet qu'ils

lnilltratlOllS dans ont explorés, dans la famille et dans la la famille c^> nos jeunes amis ont découvert une

situation lamentable. Il faut vraiment que le sang qui coule dans nos veines soit d'une qualité bien pure pour avoir résisté à de telles infiltrations.

Dans la famille d'abord. Oh ! le sombre tableau qu'a fait surgir sous nos yeux le premier rapporteur. Qu'est devenue la maison canadienne, ce foyer familial si cher à tous les peuples, où naît et grandit la race, où elle s'imbibe des traditions ancestrales, où se conservent et se défendent comme en un dernier refuge, les mœurs et l'idéal national? Hélas ! le flot des infiltrations étrangères n'a pas su la respecter. Il l'a peu à peu envahie. Regardez. Les gravures et les calendriers suspendus aux murs, les meubles et les ustensiles, les moindres objets : bibelots, articles de toilette ou instruments de travail, tout porte ordi-

lairement quelque inscription ou marque anglaise. Qui en est directenent responsable? Pas toujours les habitants de la maison. Plus souvent un ami, un fournisseur, les circonstances... Mais l'objet une fois rendu, on le tolère malheureusement. On ne fait pas l'effort, qui ;oûte toujours, pour le refuser ou l'échanger.

r i m Et cependant cet effort est nécessaire. Hier encore

L eiIOrt ujj excellent curé de Montréal avait la douleureuse surtléceSSaire prise en rentrant, accompagné de quelques amis, dans son presbytère auquel les peintres venaient d : faire ine toilette neuve, d'apercevoir partout, sur les rampes d'escaliers, sur es portes, sur les plinthes, de telles inscriptions : Wet paint. Vous l^oyez d'ici sa mine ! Mais il n'est pas, lui, partisan du moindre effort. Ut les inscriptions durent vite déguerpir. Le coup cependant avait été lait par des ouvriers français, au service d'un patron français.

Que dire maintenant des coutumes, des vieilles coutumes ancesjrales, qui disparaissent peu à peu sous la poussée de mœurs nouvelles, le mœurs étrangères ? Que dire des noms qu'on donne aux enfants, (les journaux et des revues qu'on reçoit, des sports qu'on pratique?

Oh ! la lis e serait longue de toutes les transformations L\emèclCS ou déformations, de tous les méfaits accomplis au foyer par les infiltrations anglo-saxonnes. Mais il faut ourir aux remèdes.

Le rapporteur s'adresse en premier lieu aux pères et mères de famille, î'est à eux de veiller sur le foyer, d'y monter la garde. Puis viennent les jistituteurs et les institutrices, les gardiens de l'école où l'âme de l'enfant ontinue à se mouler, puis enfin les journalistes qui, eux aussi, enseignent t modèlent les âmes. Il y a là maints conseils clairs et précis. Nous e pouvons les résumer. Ils seront vraisemblablement publiés. Ce irait certes pour le plus grand bien de notre race.

«., . Ces dernières remarques s'appliquent non moins

ntlltratlOOS au second rapport. Il traitait de la cité, des infillaHS la cité trations étrangères qui pénètrent notre vie publique. Comme dans le premier, les faits abondent istement révélateurs. Le gouvernement fédéral ne nous a jamais frtés. C'est plutôt vers l'autre race que sont allés ses encouragements E ses faveurs. D'où ces noms anglais imposés à des cantons, des villes, 3S villages français. D'où aussi une monnaie et des timbres unilingues, mtrairement à l'esprit de notre constitution. D'où encore ces publi-

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cations officielles, ces formules de douane, ces quittances de la secrétairerie d'État, presque toujours uniquement en anglais.

Situation non moins déplorable dans le commerce et l'industrie. L'anglais y règne en maître. Nos ouvriers reçoivent leurs ordres dans une langue étrangère. Ils ignorent bien souvent les noms français des articles qu'ils fabriquent ou des instruments qu'ils emploient. Mais ici encore il nous faut nous borner. La liste des remèdes est complète. Elle en comprend dix. Les exposer nous mènerait trop loin. Mais, nous le répétons, de tels travaux méritent la publication. Ils l'exigent même.

jy ! . Ce récent congrès de l'A.C.J.C. constitue un

■t OUF Un plein de ses meilleurs gestes. Peu d'actes aussi utiles rendement auront été accomplis au service de la race. Il n'a pas encore produit cependant tous ses fruits. C'est de jour en jour qu'ils doivent germer. Et ils sortiront de l'exécution du programme tracé, de la mise en pratique des résolutions adoptées. Le but à atteindre est là sous nos yeux. Le premier élan pour y parvenir a même été vigoureusement donné. Ne le laissons pas retomber. Soutenons-le, au contraire, de toutes nos forces. Au mal exposé attaquons-nous aussitôt et sans répit. Que chacun s'y emploie généreusement. Qu'il s'examine d'abord lui-même. Qu'il observe ensuite le milieu dans lequel il vit. Et comme l'union fait la force, qu'on se groupe, deux, trois, cinq, huit, pour accomplir un meilleur travail.

Des organisations sont déjà sur pied — cercles de l'A.C.J.C, sections de la Saint-Jean-Baptiste, cercles des Voyageurs de commerce, succursales des Artisans, etc — qui peuvent établir des comités spéciaux. Là où de telles organisations n'existent pas, il est facile d'y suppléer. L'Action française nous l'avons déjà dit, sera heureuse de seconder ces initiatives. L'important est de marcher sans tarder. La besogne sera relativement facile. Le questionnaire publié par l'A.C.J.C. aidera les bonnes volontés. Il ouvre un vaste champ d'étude et d'action. A l'œuvre donc, pour purger notre race des infiltrations étrangères qui la contaminent. A l'œuvre, aujourd'hui même !

Pierre Homier.

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