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LE FRANÇAIS DANS L'ADMINISTRATION

Dans le Devoir (6 mai 1922) un correspondant d'Ottawa qui signe 'Observateur", publie la lettre suivante :

"Vos remarques à propos de cette lettre de M. Poussette du département du commerce, tombent bien, surtout celles qui formulent le souhait que nos compatriotes continuent de correspondre en français.

Si vous pouviez voir les dossiers des différents ministères, même scux que dirigent des Canadiens français, vous n'en reviendriez pas ie constater la négligence de notre langue par les nôtres de la classe commerciale et professionnelle. L'on dirait parfois qu'ils ne savent pas mie le cabinet compte au moins quelques ministres canadiens-français, ït le service civil un certain nombre de fonctionnaires de môme nationalité. Or, l'une des conséquences d cette négligence, pour ne pas dire Le ce parti pris, c'est de paralyser l'avancement des Canadiens français \ les ïupérieur3 anglais ne sentant plus qu'ils leur sont nécessaires pour dissimuler leur ignorance, les oublient, quand ils ne leur ferment pas complètement la voie.

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Le commerce canadien-français ne s'occupe pas assez non plus dcs publications officielles.

Vous devez vous rappeler la réponse de sir Georges Fostcr à ce député canadien-français qui lui demandait pourquoi le'Weekly Bulletin consacré exclusivement à l'information industrielle et commerciale de l'étranger, n'était pas publié en français : — "Oa nous en demande à peine une vingl aine d'exemplaires par année". Je ne crois pas que la demande soit beaucoup plus forte maintenant.

Autant de choses qui expliquent et, jusqu'à un certain point, excusent même l'indifférence officielle à l'égard du français, et encore davantage le mauvais vouloir là où il existe véritablement.

Car, après tout nous ne pouvons pas exiger que l'on nous donne du frança's malgré nous; et quelle conclusion autre voulez- vous que les Anglo-Canadiens tirent du fait trop vrai, malheureusement, que nous ne nous intéressons pas assez à tout ce qui pourrait généraliser l'usage de notre langue ?

Croyez-moi, cher monsieur, votre bien dévoue."

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