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LIGUE DES DROITS DU FRANÇAIS
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est la seule Compagnie canadienne-frança'se opérant en vertu des statuts fédéraux.
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J. N. CABANA, Gérant Général.
A*^ction française
est l'organe de la Ligue dos Droits
du français, centre d'action au
service de la langue, de la culture
et dea traditions françaises au Canada
Les directeurs de la Ligue sont actuellement: MM. Louis Hurtubise, secrétaire général; Db Joseph Gauvreau, Piebhe Homier, Omer Héroux, Abbé Lionel Grodlx et Anatole Vanieb.
L'abonnement est de $1 par année, 60 sous pour 6 mois. Un numéro spécimen est envoyé sur demande. Adresser toutes les demandes de renseignements et faire toutes les remises au Secrétariat général de la Ligue des Droits du français, bureau 32, immeuble de La Sauvegarde, Montréal (Tél. Main 912).
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Cette revue est publiée par la Ligue des Droits du français, 202, rue Notre-Dame Est, et imprimée par l'Imprimerie Populaire à responsabilité limitée), 43, rue Saint- Vincent, Montréal.
HOMMAGE -à —
Mademoiselle Marie-Thérèse Archambault
Souvenir du 24 septembre 1917
Toute ta race t'applaudit,
Héroïne de notre guerre,
Au geste — tu n'y songeais guère ! —
Oui t'illustre et qui nous grandit !
Petite enfant de haut courage, Tu ne sus pas plier le front.
Mais tu résistas à l'affront Par amour de ton doux langage.
Le verbe français a ses droits; Pour lui nous livrons la bataille:
Qu'importe, pour vaincre, qu'il faille Attendre un peu, souffrir parfois ! >
Insultes, dédains et menaces N'effrayent que les coeurs trop mous; Gloire à cette enfant de chez nous !
Honneur aux volontés tenaces !
Toute leçon noble à nos yeux Évoque des figures chères.
Et Madeleine de Verchères Sourit à ce geste pieux.
Brave petite Canadienne, J'inscris avec dévotion Ta simple et française action, Pour que ton pays s'en souvienne.
Dans l'avenir nous avons foi.
Malgré la haine qui s'exerce.
Si chaque mère en chantant berce Une fillette comme toi !
Albert Lozeau
12 novembre 1917
Vol. I. No 11. Novembre 1917
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ANTHONY FREELAND
Membre de la Commission scolaire catholique d'Ottawa, serviteur insigne de la liberté et de la justice.
ANTHONY FREELAND
Il y a un peu plus de deux anS; le 3 novembre 1915, disparaissait à Ottawa l'une des plus grandes figures de la lutte scolaire ontarienne: le Dr Anthony Freeland. Le défunt succombait à une affection cardiaque, aggravée chez lui par le poids de la lutte et des spucis qu'elle avait amenés jusque sur sa famille. Catholique fervent, fonctionnaire intègre et modèle, la mort le frappait à quelques heures d'une confession faite à l'église paroissiale, après une journée de dur labeur à son bureau, où, depuis plusieurs années, il avait servi son paj's fidèlement. Il tombait à la manière des forts, tout d'une pièce, sans une faiblesse.
De tempérament plutôt pacifique et de nature douce, aimant les joies intimes de la famille, le Dr Freeland était un lutteur par principe plutôt que par inclination. Le désir de se dévouer pour la cause de l'enseignement, dont il avait été l'un des serviteurs fidèles, l'avait amené à la commission scolaire d'Ottawa; sa droiture d'âme s'était révoltée devant l'injustice qui frappait les écoles bilingues et son amour de l'équité en avait fait le champion des droits de la minorité ontarienne, l'un des artisans les plus dévoués de la résistance en face de la tyrannie dont quelques-uns de ses frères de sang s'étaient faits les instruments. Sa clarté de vision lui avait fait percevoir dès le début de la lutte l'ultime objectif des organisateurs de la persécution scolaire. Il avait vu derrière le fanatisme qui se déchaînait contre les écoles bilingues avec une brutalité révoltante et déconcertante, la haine plus forte encore de l'anti-religion, le désir subtilement caché d'atteindre plus tard l'organisme même des écoles séparées. Il avait tout de suite compris
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le devoir que sa conscience lui dictait et jusqu'au bout il y était resté fidèle.
Je me rappelle encore les entretiens que nous avions ensemble au début de la lutte, la justesse d'observation et la clarté d'intuition avec laquelle il disséquait les motifs de la lutte, discernait les pièges cachés et conseillait la tactique à suivre. Il me semble le voir encore à la commission scolaire, portant droit sa belle stature, et exposant clairement à ses frères de sang, les commissaires irlandais, l'erreur de leur attitude et le danger qui menaçait l'existence même des écoles séparées. Il le faisait avec modération et gardait toujours son calme, même au milieu des plus rudes passes d'armes. Il agissait par conviction et jamais il ne l'oubliait. Envers les personnes il restait toujours charitable; respectant toutes les opinions, mais irréductible défenseur du droit et de la justice.
Certaines gens malhonnêtes ont tenté de ternir sa mémoire en le représentant comme un traître à sa race, un transfuge qui avait trahi les intérêts de ses propres frères. Jamais accusation plus déloyale et plus fausse ne fut portée contre un homme. Le Dr Freeland aimait profondément sa race et il avait conservé dans l'enceinte familiale toutes les vieilles traditions gaéliques. A la commission scolaire il avait toujours pris un intérêt très vif à toutes les questions se rapportant aux écoles anglaises séparées de la ville. Jamais il n'eût permis qu'une atteinte fût portée aux droits ou aux privilèges des écoles séparées irlandaises d'Ottawa. Il suivait avec une attention de connaisseur le développement de l'enseignement dans toutes les écoles et personne plus que lui n'était fier et orgueilleux des progrès enregistrés dans les écoles irlandaises. Je me rappelle avec quelle chaleur il avait défendu son projet de faire enseigner l'histoire irlandaise dans les écoles anglaises de la ville et avec
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quel religieux enthousiasme il parlait du développement de l'amour des traditions nationales dans l'esprit des jeunes générations. A plus d'une reprise il avait repris ce thème dans nos conversations privées et il soupirait toujours après le ^our où une politique plus large permettrait dans les écoles irlandaises un peu de l'usage de la langue des aïeux.
En pédagogue d'expérience et en homme prévoyant, il avait proposé un jour l'enseignement du français dans les écoles irlandaises, il avait, au comité spécial nommé pour s'occuper du projet, défendu sa thèse avec clarté et chaleur, mais il avait cédé devant l'opinion mal éclairée de la majorité de ses collègues. La s'étaient bornées "ses tactiques d'empiétement" et "ses manœuvres d'introduction du français dans les écoles irlandaises d'Ottawa."
Deux rapides années sont passées depuis le jour où il disparaissait de la lutte. L'âpreté du combat qui s'est toujours poursuivi a peut-être empêché encore l'éclosion d'un regret sincère chez ceux qui ont été ses adversaires, parce qu'ils n'ont pas compris comme lui l'injustice de leur attitude et le danger qui menaçait l'existence même des écoles séparées, mais leur admiration n'a pu manquer d'aller quand même à ce franc et loyal lutteur que fut le Dr Free and. La sympathie et la reconnaissance de toute la minorité française ontarienne lui sont acquises et passeront avec son souvenir dans l'histoire du développement français en Ontario. L'avenir ne peut manquer de rallier à ses vues et à ses actes ses frères mêmes, 'e jour où ils auront compris comme il l'avait fait l'intérêt de leur propre nationalité et des principes religieux qu'il avait voulu défendre, tout en protégeant les principes de justice et d'équité.
S.-M. Genest.