EXPÉRIENCES AVEC L’OR
C’est une singulière entreprise que de se livrer à des expériences avec l’or. Les premiers essais que nous fimes, il ya quelques années, avec ce métal, consistaient à faire dissoudre de l’or. pur dans de l’eau régale (un mélange d’acide nitrique et d’acide chlorhydrique), à faire, ensuite, évaporer les excédents d’acides et à obtenir ainsi l'or à l’état de solution, sous forme de chlorure d’or. Puis, cette solution ayant été méthodiquement diluée, c’est-à-dire établie à diverses concentrations, des semences de froment étaient arrosées avec chacune des différentes concentrations de. la. solution. Les semences germaient et croissaient pendant deux semaines sous l’action des dilutions de l’or, Comme résultat des mensurations, nous obtenions une courbe merveilleusement harmonieuse (1). C’est .donc sur l’action de l'or dans la croissance des plantes que nous dirigeämes tout d’abord nos recherches, Simultanément, nous .cherchâmes à nous.documenter, à l’aide de la méthode analytique de capillarité, sur l’action des substances diluées à l’extrême en faisant tremper des bandes de papier-filtre, dans de petits récipients de verrecontenantles différentesconcentrations de la solution (2). Par ces procédés, nous etudiämes, au cours de plusieurs années, diverses essences de plantes et des solutions de sels de métaux tels que l’argeni, le mercure, le cuivre, l'or, le fer, l’étain, le plomb, l’anlimoine, etc.
Indépendamment de l’étude de l’action du degré de la concentration
(1) Données physiologiques sur l’activité des infiniment petits dans 7 métaux. Action de la lumière et des ténèbres sur la croissance des plantes, par L. Kozisko. Editions philosophiques et anthroposophiques, Dornach (Suisse), 1923.
(2) Données physiologiques et physiques sur. l'action des infiniment pelits par L. Kozisxo. Même édition, 1926.
hous observions les images produites par l’or, l’argent, le cuivre, le fer, en | etudiant notamment la facon dont ces images se metamorphosent au cours d’un mois d’abord, puis d’une annee et, finalement, au cours de plusieurs années. Nous aurons encore l’occasion de revenir, de manière plus détaillée, sur les résultats de ces recherches, dans une étude ultérieure entièrement consacrée à l’or. Pour la compréhension des expériences que nous présentons ici, quelques brèves considérations sur l’or sont suffisantes.
Le chlorure d’or que nous avons employé est celui que E. Merck, de Darmstadt, a introduit dans le commerce (aurum chlor. cryst. fuscum). Nous en avons fait dissoudre 1 gramme dans 100 cm? d’eau distillee. L'or se dissout très rapidement. L’eau se colore aussitôt d’un joli jaune doré. Nous versons 10 cm? de la solution dans une cuvette en verre et nous y trempons une bande de papier-filtre.
Si des images de l’argeni on est obligé de dire que leur richesse de formes est telle qu’il est impossible d'obtenir une image caractéristique de l’argent — car il en faudrait des centaines, pour que l’on puisse se faire une idée de la richesse de formes que présente ce métal — dans le cas de l’or, sa richesse de couleurs se révèle si grande que l’on doit contempler un nombre d'images considérable pour apprendre à connaître le caractère de l’or. Les teintes qui apparaissent vont du jaune le plus tendre au violet foncé. Entre les deux se trouvent toutes les nuances du jaune au brunâtre, du rose au violet foncé en passant par le pourpre, le bleu, le violet clair. Nous donnons une reproduction en couleurs (1) d’une image d'or (planche I), pour autant qu'il est possible de reproduire une telle image. Cette image date du 25 décembre 1926. Elle a été obtenue dans la chambre noire. La lumière n’a donc pas eu d'influence directe sur la formation des couleurs.
D’après les données de Rudolf Steiner, nous savons que lorsque l’or
(1) Les belles reproductions photographiques de toutes les planches annexes à cet ouvrage sont dues à l’aimable et infatigable concours de M. Wilhelm Kaiser, mon collaborateur à l'Institut biologique.
se trouve à l’état de solution, lesoleil doit exercer dans ce métal une action prépondérante. Le moment d’une éclipse de soleil est donc tout indiqué pour observer, en premier lieu, les modifications qui se produisent dans l'or.
À Stuttgart, le commencement de l’éclipse de soleil était annoncé pour le 29 juin à 5 h. 19 du matin. Je formai donc le projet de plonger, le 29 juin à 5 h. 19, du papier-filtre dans une solution d'or et de laisser l’image se développer sous l'influence de l’éclipse. Après les nombreux essais que nous avions déjà effectués, l’image habituellement donnée par une solution d’or nous était tout à fait familière. Encore fallait-il, cependant, quelques jours auparavant, à 5 h. 19 du matin, soit à l’heure même où, le 29 juin, l’éclipse devait avoir lieu, procéder à des essais avec du chlorure d’or, afin de déterminer l’aspect que présente l'or avant l’eclipse de soleil. Il n’est malheureusement pas possible de reproduire en couleurs toutes les images de l’or, en raison du prix très élevé de ces reproductions.
La planche II nous montre l’or le 27 et le 28 juin.
Le 27 juin, nous avons obtenu une image d’or normale, tandis que celle du 28 est trouble. Des taches et des stries de différentes espèces, déparent cette image et nous la font apparaître presque souillée.
La planche III représente l’or, le 29 juin, au lever du soleil et à 5 h. 19, moment de l’éclipse. La planche IV nous montre l'or, le 29 juin, à 7 heures du matin et, en dessous, à 5 h. 19 de l’après-midi, c'est-à-dire après l’éclipse de soleil. L'image obtenue au moment de l’Eclipse présente, encore plus accentué, le phénomène précédemment décrit. Les taches y sont nombreuses. La couleur n’est pas lumineuse, comme à l'ordinaire; les teintes, pour la plupart, sont d’un rouge brun et d’un violet d£fraichi. C’est, à proprement parler, une image fort laide,
L'image d’or du 29 juin à 5 h. 19 du soir apparaît de nouveau parfaitement pure ; les couleurs en sont devenues plus vives, mais elles n’ont pas encore retrouvé leur beauté et leur délicatesse habituelles.