LA MAJESTÉ
Un ^étranger qui a beaucoup vu me disait un jour :
— Tous les princes du monde prétendent à la majesté, mais c'est un air royal qui est le privilège de peu. Je ne sais aujourd'hui en Europe que trois souverains à qui l'on donnerait du sire
sur leur mine ; encore l'un d*entre eux n*est-il souverain que de droit.
— El, comme j*implorais les noms :
— Vous avez deviné l'empereur allemand.
Ajoutez le prince de Bulgarie.
— Mais le troisième?
— S'il est vrai que les hommes portent sur eux leur destinée, le troisième est né pour le trône. Je ne l'ai jamais vu dans un cercle de ses pareils sans qu'il leur imposât, du simple fait de sa présence, des figures de vassaux ou de serviteurs. Une dignité faite de hauteur et de naturel, une expression distante mais ouverte, simple mais toujours élevée, familière mais fière, donnent rang de sujet à quiconque l'approche. Je n'ai guère senti qu'auprès de lui cette force d'un prestige tout personnel. Que l'aspect et que la démarche d'un homme seul puissent suffire à évoquer un cortège nombreux de provinces et de royaumes, des foules transportées, une longue suite de rois et de peuples défunts : chacun éprouve et vérifie cette sensation devant lui.
— Lui? Qui, lui?
— Eh! le duc d'Orléans.
Même par zèle royaliste, je ne me serais jamais permis de reproduire un tel portrait sans l'avoir confronté, de mes yeux avec son modèle.
Il m'a fallu avoir le modèle pour mesurer exactement l'importance de la peinture.
Les études et les travaux qui m'avaient rendu attentif aux actes de Mgr le duc d'Orléans m'avaient fait concevoir, peu à peu, sa personne comme un ensemble de signes assez abstraits. Lorsqu'il m'arrivait d'interroger ses photographies ou même de questionner les familiers du Prince, je ne manquais pas de le faire en critique et en historien soucieux d'éclairer sa religion.
Je ne dessinais pas une tète vivante ; mais je notais plutôt les indices d'une humeur ou d'un caractère. De la sorte, la psychologie dévorait le portrait. Mais elle s'étendait et s'enrichissait tous les jours. Il n'était pas jusqu*aux calomnies (si nombreuses !) qui ne me fussent de grand prix: car elles me montraient à quelle espèce de faquins le prince inspire les sentiments les plus odieux. Comparaisons utiles et d'ailleurs agréables. Saines curiosités dont il ne faudrait pas rougir. Le plus fidèle des soldats a le droit de sonder, s'il le veut, et de pénétrer, s'il le peut, la physionomie de son chef : en comprenant, il se met en mesure de servir. Nous ne pourrions du reste élaborer aucun projet de conquête royaliste sans une vue, au moins confuse, des volontés et des dispositions profondes de notre Roi, en tant qu'il apporte son élément original à la suite de ses aïeux.
Me peignait-on Philippe Vlll comme un prince fort imposant? Je me réjouissais et je notais tout aussitôt l'appoint qu'un trait si rare donnerait à la cause de la monarchie quand on passerait à l'action. Les Français affamés de spectacles éprouvent cependant un ennui mé-
langé de honte et de dégoût lorsqu'un spectacle ofTîciel les humilie par sa misère. La plupart de nos cérémonies publiques manque aujourd'hui de pudeur ou de dignité. La royauté est, par elle seule, une si grande chose qu'elle suffirait, quelle qu'elle fût, à noyer, en très peu de temps sous l'appareil de ses splendeurs, le médiocre souvenir de la pompe républicaine; k plus forte raison, un roi jeune, plein de vie et doué, par sucrott, du vrai signe des princes, aurait-il de quoi gagner et de quoi fixer, dès le premier jour, les légères têtes du peuple.
Rien de mieux que ces beaux calculs multipliés dans la retraite et le loisir et dont aucun ne fut démenti : au contraire! Seulement, devant Monseigneur, l'aflaire prit un autre tour. La puissance dont je calculais les effets cessa subitement de me paraître calculable : elle agit, éprouva et modifia son calculateur. Je me sentis devenir peuple, à quoi je pris d'ailleurs plaisir.
Ami Vaugeois, naguère royaliste d'imagination et de réflexion, vous qui vousdisiez,comme moi-même, comme tant d'autresciloyens, dénué, de cet attachement de personne à personne qu'il faut bien nommer loyalisme, vous fallut-il longtemps pour que cet instinct s'éveillât? Vous aviez reconnu, déterminé, prouvé (par « -f- J, parfaitement!) que Mgr le Duc d'Orléans représentait seul le passé et l'avenir de notre France au milieu de la foule de Français vivants et mourants : mais à Galsruhe, lorsque surgit le fait magnifique et charmant, quand parut le jeune homme dont l'allurQ vous signifiait tout
d'abord « qu'il s'appelail lion » et qu'il « élait le Roi », vous m'avez bien dit que votre tète est partie du coup et qu'il n'y avait plus un seul de vos syllogismes qui tint. Notre antique passé opéra dans le mystère de votre sang.
Mon propre trouble, au milieu de pareilles sensations incommunicables, me témoigne que tel sera le sort commun. Théoricien ou praticien, populaire ou bourgeois, chacun doit finir par recevoir cette influence de Mgr le duc d'Orléans. Mais le magnétisme royal s'arrète-t-ii à transformer les royalistes de raison en royalistes de sentiment? Je n'en sais rien, et je suis bien sûr du contraire: la vue du prince éveillerait quelque sentiment royaliste chez beaucoup de Français qui se supposent loin de nous; il suffit , ce me semble, que ce soient de bons patriotes et que leurs esprits ne soient point trop glacés. Comme aux plus intelligents elaux plus conscients des nationalistes les claires définitions delà royauté ont évoqué la tentation ou l'appétit du régime qui est naturel à la France : ainsi la vue du Fils de France appelé à la fonction de Père de la Patrie conduirait bien des royalistes qui s'ignorent à le saluer maître et roi.
Ces jeunes artistes du boulevard Montparnasse qui demandaient à notre ami Henri Mazet des portraits de Philippe VIII, comme j'aurais voulu les tenir réunis sur la Alarousna^ et mettre en commun avec eux toutes les impressions
qui me possédaient ! J'aurais plaisir à les consulter main tenant sur la propriété des mots avec lesquels je tente de donner mon ébauche.
Il faut bien le dire, au risque d'être cruel pour des illusions respectables : les portraits, les photographies, les bustes, tout a menti jusqu'à présent. Il n'existe aucune représentation exacte du prinee. Les plus fidèles sont encore les plus fausses, parce que, en donnant les traits, elles éteignent le souffle qui les anime. Cequej'ai vu de plus expressif n'est ni sculpté ni dessiné : c'est un mot, dans une ancienne chronique parue ici (1), de Frédéric Amouretti. Notre ami, comparant la personne du Prince à celle de ses ascendants immédiats, disait : — Il est moins Bourbon que Valois. Le profil, le port de la tête, souvent même l'allure générale, donne, en effet, l'irrésistible souvenir des longues silhouetes ix la Henri III. Mais celle-ci, plus grave et plus forte, me paraissait, si Ton me passe une subtilité, plus royale et moins princière : Louis XIV a passé par là. On reconnaît, d'ailleurs, dans la fleur vermeille du teint, l'or et lapourpre du grand Roi : deuxraois de course an soleil et à l'air marins y ont laissé plusieurs couches d'un hàle sombre.
A grands pas mesurés et souples, sans dire beaucoup de paroles, il va et vient d'un bord à l'autre, l'air attentif, absent, volontaire et indifférent,cet air même que dût promener l'aïeul, dans Versailles, quand il faisait ou défaisait son Europe à plaisir. Aucun dédain sensible,
(1) Gazelle de France de fÔTrier 1899.
mais nallevaiDe complaisance : uniquement, le don souverain qui ne consiste qu'à savoir réduire ou élever, d'un regard, tout l'être des choses.
En quelle pitié profonde me rallait-ii prendre, dés lors, les pauvres gens qui veulent que la royauté nationale soit morte à jamais. Tous les besoins auxquels elle répondait et satisfaisait autrefois subsistent et déterminent des convulsions qui attestent bien des douleurs. Voilà pour les conditions de la royauté; mais, Hi Ton se retourne au dedans, qu'est-ce donc qui est mort en elle? La race royale persiste. Elle apparaît dans un prince jeune et brillant, plus apte & remplir sa fonction que ne l'ont été le plus grand nombre de se^ ancêtres. Race royale, fonction royale se continuaient devant moi ; de Textrémité des vieux siècles, elles subsistaient l'une et Tautre loin des palais, loin de la patrie, sur un petit vaisseau mouillé dans des eaux étrangères. Rappeler ce vaisseau, et la synthèse se fera entre nos nécessités si cruelles et l'organe destiné à les apaiser!
Monseigneur ne garde, en fait d'insignes que l'uniforme de son bord et ses ordres qu'il a suspendus à son cou : il les quittera tous à la fin de l'après-midi, quand il s'embarquera en costume de Loile blanche, nu-pieds, sur le canot à voile qu'il dirige lui-même dans ses pointes avancées vers la haute mer. Mais, là encore, le visage concentré et mélancolique,une attitude de lion demi-couché, le caractère de dignité rêveuse et de volonté nous avertiront comme tout à rhfture :
LA PERSONNE DU ROI i08o
— Messieurs, le Roi !
Suivant, par un hublot, celle embarcation sur la mer, une Reine de France pourra donc, comme Bérénice, se répéter
' Qu'en quelque obscurité que le sort l'eût fait naître Le monde on le voyant eût reconnu son maître.
(il suivre.) Cuarles Maurras.
D'Ulysse & Panarge, contes kèroï-comiques^ par Emile Gebhaht (librairie Hachette).
Renan disait, sur sa vieillesse, qu'il eût youlu passer ses derniers jours à lire des romans et à en faire. M. Emile Gebhart qui, Dieu merci, n*est pas encore près d'avoir terminé sa carrière, a repris ce vœu à son compte et l'a accordé au genre de ses travaux. Pour ses délices et pour les nôtres, il met dans de beaux apologues cette érudition qu'il sut toujours allier à l'esprit et au goût. Sa thèse, sur Praxitèle, son subtil essai sur Rabelais (pourquoi ne le fait-il réimprimer?), et ses livres sur la Renaissance italienne que savaient par cœur tous les personnages du Lys rouge, M. Gebhart les a fait repasser dans son imagination affranchie des scrupules professoraux, dans son esprit que le spectacle de la vie a rendu plus indulgent et plus ironique à la fois. A sa science des mœurs de jadis, il a joint sa propre sagesse et son expérience : voilà le suc de ces contes héroï-comiques. On voudrait peut-être chicaner M. Gebhart sur les Dernières aventures du divin Ulysse, et tout le monde n'acceptera pas que ^le remords ait pu tuer le plus ingénieux de tous les Grecs. Mais sa fin de Panurge est, par contre, sans défaut. Et il y a des mots de Ménélas pour Tamour desquels on doit accorder la fâcheuse mort du roi d'Ithaque.
La leçon d'amour dans un parc, par René
BOYLESVE (éditions de. la Revue blanche).
Il faut bien oser redire, avec la voix publique, que la tradition de nos conteurs français revit dans le roman de M. Boylesve. Entendez par là que la nouvelle histoire qu'il vient d'écrire est voluptueuse, amusante, riche de l'expérience de la vie et de la connaissaDce du coeur humain et forme enfin nue fable qui, sans prétendre régénérer personne, peut servir à Tinstruction de quelques-uns. Ah I que M. Boylesve, mérite d'éloges pour dire, à l'endroit où il nous avertit que ses personnages habitent un beau château, qu'il ne sent pas le besoin de le décrire avec Taide d'un manuel d'archéologie! Enfin, cette Leçon d'amour n'est donc ni un « roman social » ni unromanidocumentaire! Il faut lui appliquer ce mot — vous n'en trouveriez pas l'auteur, vous le donné-je en cent — qu'elle est « plus faite pour apprendre la morale du plaisir que pour procurer le plaisir de faire de la morale ».
Cousin, JoufCroy, Damiron, Souvenirs de Paul Dubois (de la Loire-Inférieure), publiés avec introduction par Adolphe Lair, et suivis d'un appendice par M. Waddington, de l'Institut {Libr. acad. Perrin).
Trois belles âmes, plus belles Tune que l'autre, ce sont celles de Jouffroy, de Damiron et de Paul Dubois lui-même. Et encore faut-il compter Tauteur de ces souvenirs ? Car pour nous apprendre que Cousin n'était pas, en fait de grandeur d'âme, l'égal de Jouffroy ni de Damiron, il. a bien dû manquer de générosité. Plaisants coups de griffe de cet homme austère, considérable, solennel et toujours sentimental ! Son style, enjoué avec effort, et parfois d^une recherche si bizarre, surprend comme une
véritable exhumation. Oui, l'Université compte bien encore des stylistes à la manière de Paul Dubois. Ce n'était sans doute pas pour administrercelte preuve que M. Adolphe Lair s'est fait l'éditeur de ces souvenirs. N'a-t-il pas voulu plutôt nous montrer quels ancêtreslibéraux, parlementaires et « orléanistes » ont eus nos anarchistes de l'Université actuelle ? On prend, en lisant ce petit livre, un vif plaisir à dresser de telles flliations.
Claudine en ménage, par Willy (éditiofiS du
Mercure de France),
On voit des gens qui pardonnent & leur amie Claudine de se mettre dans des situations qui sont beaucoup plus d'Alexandrie que du Fresnois, en considération seulement de Tart incomparable qu^elleade raconter ses sensations. Connaît-on beaucoup de documents féminins — VVilly, demande un ignorant, n'est-ce pas le pseudonyme d'une femme — qui vaille le récit de la lune de miel de Claudine ? Certes, on apprécie l'ironie de ce grand Renaud. Mais comme on préfère aux plus subslils chasses-croisés amoureux les pages naturelles et prochaines, qui, révélant le bon fond de Claudine, donnent le cens vrai, la moralité des livres précédents I Une Claudine qui, au lieu de s'égarer où Ton verra, deviendrait une petite maman ; une Claudine qui, plus tard, serait experte éducatrice de son fils et surtout de sa fille, et ferait enfin la plus spirituelle, la plus indulgente des grand'mères, n'élait-ce pas ce qu'au fond espéraient ses admirateurs ? Mais Claudine est trop sûre de se faire aimer dans toutes ses métamorphoses, et, celte fois encore, cette assurance ne lui a pas nui.
D'où nous venons, essais suivis d'une Étude sur la décadence des peuples^ par Léon Po.ntet (Fontemoing, édit,).
Dans cet ouvrage, M. Léon Ponteta fait un exposé systématique, curieux et bien informé, de l'histoire de l'humanité. Ou s'iutéressera surtout à son essai sur la décadence des peuples qui est, pour les Frauçais, d'une actualité chaque jour plus pressante.
Victor Hugo Jugé par son siècle, par Tristan Legay (éditions de la Plume).
On connaît ce livre exquis, et d'une mesure vraiment parfaite, que Deltour fit jadis sur les Ennemis de Racine. Voilà à peu près ce que M. Tristan Legay a voulu faire pour Victor Hugo. Mais ce n^est pas à Técole romantique dont il^ est un adepte fougueux, qu'il pouvait prendre les qualités que lui montrait son modèle. M. Tristan Legay n'a pas eu la main légère : elle était pleine de documents et ils ne nous a pas fait grâce d'un seul. Le récit des tribulations de Hugo en reste tout languissant.
Des anecdotes, qui ne sont pas toutes inconnues, de petites plaisanteries, dont certaines ne sont pas des plus fines, ne suffisent pas à en rompre la monotonie. Ajoutons que le travail n'est pas négligable : quoi que dise M. Pierre Qaillard, il n'était peut-être pas très urgent de l'entreprendre; mais étant fait il rendra des services. M. Tristan Legay a encore ajouté au poids de son ouvrage en transcrivant quelques jugements et opinions sur sou héros. On s'est étonné de n'y pas voir une page toute récente où M. Maurice Barrés, au légitime étonnement de quelques-uns, se déclarait hugolâtre, et du plus mauvais Hugo. Cette boutade, M. Legay se devait de la faire figurer dans ies jugemenU contradictoires, sinon dans les jugements fantaisistes. Qu'il ne l'oublie pas à sa prochaine édition.
Jacques BàiNViLLs.
1090 l'actioiç françaisb
Mémento. — Le toit rural, étade sur ragriculture présente, la dépopulation des campagnes, l'éducation agricole, la condition du cultivateur, etc.. par OdysskRichemont (société d'éditions scient, et Utt.), — Isle de France, poésies par Pierre Gauthirz (à la Maison des Poètes). — Carnet de campagne d'un aide^ major, par le D' Challan de Belval ; journal très vivant et très émouvant de la guerre franco-allemande. Déclaration de la guerre, ReischofTen, combats de l'armée de la Loire, Metz, Orléans, Bourges, Blois, capitulation de Paris, désastre de l'armée de TEst, Bordeaux et la Paix ; telles sont les douloureuses étapes de ce livre écrit au jour le jour sous la mitraille (P/on-2VoMrrif). — L'âme païenne, pa.TE.'B. Brewster (édit.du « Mercure de France ») — La Comédie italienne en France et le théâtre de la foire par N.-M. Bernardin, un vol. de la Bibliothèque théâtrale illustrée, sous la direction de M. Paul Ginisty (édition de la Revue Bleue).
— Les événements militaires en Chine, par J. Che- MiMON et G. Fauvel-Gallais, capitaines d'artillerie brevetés de l'état- major de l'armée. Paris, 1902, i vol. in-8o, avec 8 cartes et plans, 4 francs. — Le 2« Bureau deTétat-major de l'armée vientde publier la relation des événements militaires qui se sont déroulés en Chine pendant l'année 1900. C'est dire que, par son origine même, cet ouvrage peut être considéré, à bon droit, comme le plus sûr et le mieux informé de tous les ouvrages qui ont paru sur ce sujet.
Pour bien mettre à nu les causes profondes qui ont motivé, en Chine, le grand mouvement d'opinion contre les étrangers, les auteurs ont écrit une introduction très détaillée et* très claire, en prenant les événements depuis Texpédition franco-anglaise de 1860, pour aboutir, logiquement, à la dernière insurrection des Boxers, qui détermina l'énergique campagne internationale de 1900.
La première partie de Touvrage, qui est Tœavre da capitaine Gheminon, atraîtauz opérations russes en Mandchourie et à l'hostilité que la Russie eut à réprimer, aussi bien pour soutenir son prestige dans cette région, que pour mener à bien Tachèvement dn Transsibérien.
L'auteur nous donne ensuite le détail, beaucoup plus technique, des mesures prises par la Russie en vue de la guerre : la- mobilisation, le transport et le ravitaillement de ses troupes.
La deuxième partie, à laquelle s'est attaché le capitaine Fauvel-Gallais, est le récit des opérations militaires internationales dans le Petchili :1a colonne Seymour, la prise des forts de Takou, le siège de Tien-Tsin, la prise de Pékin, et l'expédition de Pao- Ting-Fou qui termina la campagne. Les mouvements des armées belligérantes sont rendus facilement intelligibles, grâce aux nombreux croquis et cartes intercalés dans le texte.
Tel est le plan de cette étude impatiemment attendue et dont l'intérêt est considérable, car, outre qu'elle a trait à des événements récents auxquels toutes les grandes nations ont pris part, le fond môme en est toujours d'actualité. Malgré les sacrifices subis et l'énergie des gouvernements, la question chinoise est encore bien loin d'ôtre résolue, et l'on tirera de l'ouvrage des capitaines Gheminon et Fauvel-Gallais, des enseignements qui seront peut-être un jour utilement mis à profit.
Le Gérant : A. Jacquin.
t'aris. — imprimerie F. Levé, rue Cassette, 11.