CR EN E
proportion . — 1/10. Chimiquement, on ne savait rien de ce produit, sauf qu'il ne renfermait ni arsenic, ni mercure, ni antimoine.
Toutefois, on remarqua que, depuis 1921, une série de corps
“découverts dans les laboratoires de la Farbenfabrik Bayer étaient étiquetés comme trypanocides. C’étaient tous des urées complexes issues de certaines amides de l’acide aminonaphtalène sulfonique sur lesquelles on avait fixé un reste aminobenzoïque. De cette condensation, sous le phosgène, étaient nées ces urées complexes et parmi elles le 205.
Des formules furent publiées qui n'avaient d'autre but que d’égarer les chercheurs. Elles mirent en tout cas en vedette le fait que la molécule du 205 était complexe.
Une de ces formules, peut-être exacte du 205, est la suivante:
NH OH NH INA : | nu jee Con OH
CO 0€ | NaS03 S03 Na
NH
NaS0O$ SOSNa
RO
Les premiers essais de Handel et Joetten montrèrent la puissance lrypanocide du 205 Bayer dans les infections à Trypanosoma Brucei, équiperdum, équinum, congolense, rhodesiense. Ils fixèrent le coefficient thérapeutique à 1/60.
FourNEaU entreprit de découvrir la formule restée cachée du 205. Un brevet Bayer décrivait un Corps sorti de la réaction soit de l'acide p. aminobenzoïque, soit de l’acide m. aminobenzoïque en présence d’un autre acide organique aminonaphtolsulfonique 1.8.3.6. (acide H.). FourNEAU partit de cette réaction, mais n’obtint pas de résultat. Du moins retira-t-il de son effort cette notion que l'acide parabenzoïque devait céder le pas au méta. Fourneau reprit un nouveau départ avec l'acide amino naphtalène sulfonique 3.6.8, qu’il dénomma l'acide K., et c’est sur lui qu'il condensa successivement une, deux puis trois molécules de l'acide retenu le m. aminobenzoïque, le produit avec deux molécules se montra supérieur aux deux autres. Une addition à ce noyau, celle d’un acide p. méthyl amino benzoïque, donna une urée plus active.
NH-CO-NH
dont le rapport C/T pour la souris, devenait 1/12. Mais cette valeur était très loin de celle du 205.
À ce point de ces recherches, une remarque frappa Four- NEAU, C'est qu'un acide amino 4.6.8. naphtalène disulfonique noté comme ayant engendré un produit uréique actif, même en des dilutions très faibles, se voyait passé sous silence dans tous les autres brevets Bayer, depuis la publication de la découverte du 205, comme s'il était craint que sa connaissance ne mit les chercheurs sur la bonne piste.
FOURNEAU choisit done cet acide qu'il dénomma acide B.,
el immédiatement remarqua l'activité de ses dérivés. Alors,
| bai gé ts HAT ar fa de g ic 1 méla-amino dat pau at
‘acide amino Denroyl, et Gbtn a iormule suivante :
Re $ PA
NH- dan Du NH S0na el
1 is PLIS Dee CONS co Na SD AN /S0NS ae NH- CO - NH ; . Le 309 venait de naître l’égal par ses coefficients du 205, ce os - montait à 1/160 pour la Ne 4
de
Action préventive du 309 Fourneau dans. les trypanosomiases animales
Détermination de la dose liminaire préventive contre l'infection à Trypanosoma Bruce.
Les remarquables propriétés préventives et curatives du 309 Fourneau ne devaient pas tarder à faire l’objet de multiples recherches et de nombreuses applications. Dans ce travail, nous nous attacherons exclusivement à l'étude de l’action préventive. Nous ne suivrons pas l’ordre chronologique pour les relater, jugeant préférable de faire connaître tout de suite les travaux de L. Launoy et de ses collaborateurs, dont les résultats ont permis de fixer pour deux espèces animales données, le chat et la souris, et pour des trypanosomes déterminés, Trypanosoma Brucei, pour le chat, T. Brucei, T. Evansi et T. equiperdum pour la souris, les doses les plus petites (doses liminaires) de 309 Fourneau qui sont capables de protéger un animal (et mieux, un kilogramme d'animal) pendant une période de temps déterminée elle aussi.
En ce qui concerne particulièrement le chat, animal fort intéressant en raison de l’allure chronique de la maladie qui suit l'infection de T. Brucei, L. Launoy, P. = NrcorrEe. et Mi Prieur, définissent la dose liminaire préventive, celle qui est capable de rendre un animal réfractaire, pendant soixante jours, à l'infection par Trypanosoma Bruceiï.
La dose liminaire préventive pour la souris est égale à 0 gr. 001 pour une souris de 20 grammes, le produit étant administré en injection sous-cutanée. L. Launoy à rassemblé, dans le tableau suivant, les résullats de ses essais de prévention
chimique chez la souris infectée avec Trypanosoma Brucei :
HAN Dose en grammes Prévention minima Prévention maxima
pour souris de 20 gr. en jours en jours LA
O gr. 00005 0 3
O gr. 0001 3 5
-0 gr. 0002 » 10
0 gr. 0003 10 € 16
O0 gr. 0004 » 25
O gr. 0005 | 25 40
0 gr. 0006 81 4l
Au moins dans ces limites, l’action du 309 Fourneau paraît en progression arithmétique avec les doses injectées. La progression ne sé poursuit pas aussi régulièrement avec des doses supérieurés, conime en témoigne le tableau publié Pare TAU- .NOY et ses collaborateurs :
Dosés injectées Durée de la prévention en milligrammes : en jours
Pour l'étude de Faction préventive chez le chat, les expérimentateurs sont partis de la dose 0 gr. 005 et sont progressivement arrivés à celle de O0 gr. 02 par kilogramme : cette dose correspond à celle choisie par les médecins du Congo et du Cameroun pour assurer Ja prévention de l’homme contre la maladie du sommeil. Dans une de leurs expériences, ils ont opéré sur trois chats qui ont reçu respectivement, Fun 0,015 de 309 Fourneau par kilogramme, les deux autres 0 gr. 02 du même produit,
L'expérience a montré que, chez le chat, la dose de 0 gr: 675
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de 309 Fournéau par kilogramme assure un état réfractaire certain vis-à-vis de Trypanosoma Brucei, qui dure de 79 à 80 jours. LE 64 :
La dose de 0 gr. 02 est sensiblement plus efficace, elle assure un état réfractaire dont la durée est comprise entre 80 et 110 jours, en même temps qu'elle retarde nettement l’évolution de l'infection lorsque L'état réfractaire est rompu.
Chez le chat, comme chez la souris (ubi supra), il n'existe pas une relation absolue entre la dose injectée et la durée de l’état réfractaire. L. Laënoy et ses collaborateurs rapportent l’histoire d’un chat qui a reçu 0 gr. 25 cgr. de 309 sous la peau. L'animal a résisté à toutes les tentatives d'infection par Trypanosoma Brucei durant 280 jours ; théoriquement, il aurait dû résister 960 jours.
Les observations recueillies par L. Laënoy sur les chats protégés par le 205 Bayer-309 Fourneau contre l'infection par Trypanosoma Brucei sont assez démonstratives pour. mériter d’être rapportées :
Exp. 1 (19 octobre 1928). — Alforte, 1.225 gr., reçoit 0 gr. 0025 par kilogramme. Eprouvée le 30 octobre, sensible à Tr. Brucei ;: maladie de soixante jours, guérison spontanée. Ce chat pèse, le 12 juillet 1929, 2.500 gr. I} a présenté, au mois de mai dernier, la maladie du jeune âge. Aucune rechute de trypanosomiase depuis sa guérison apparente.
Exp. II (2 octobre 1928). — Poussière, 1.250 gfr., reçoit O gr. 005 par kilogramme ; deux épreuves négatives Île dixième et le vingt-cinquième jours après l'injection de 309 ; épreuve positive le 29 novembre ; guérison spontanée.
Réinfecté de Tr. Brucei, 234 jours après le début de l’expérience, ce chat prend l'infection. Il conserve les trypanosomes depuis cette époque. Aujourd’hui, 12 juillet, il pèse 3.260 gr.
Exp. III (23 août 1928). — Virginie, 1.700 gr., reçoit 1 gr. O1 par kilogramme ; infection négative les neuvième, vingt-quatrième, quarante-deuxième et cinquante et unième jours après le 309 ; épreuve positive le 27 octobre ; longue maladie d’une
DRPL CEE
durée de cent un jours ; elle se termine par la mort, après l'apparition de troubles nerveux caractéristiques tels que : douleurs articulaires, puis hémiparaplégie postérieure avec appui sur la force dorsale du pied. Ce signal (signe du sabot chez les Equidés) ne s’observe pas dans l'infection de durée normale, non traitée.
Exp. IV (2 août 1928). — Desdémone, 790 grammes, reçoit O gr. 013 par kilogramme ; six infections négatives Îles deuxième, neuvième, seizième, trentième, quarante-cinquième et soixante-troisième jours après le 309 ; l'animal meurt d'une gastro-entérite aiguë intercurrente le soixante-cinquième jour après le 309 ; pas de trypanosomes dans ses humeurs ; sang, liquide péricardique, liquide céphalo-rachidien ; la pulpe de rate n'infecte pas les souris.
Exp. V (8 février 1929). — Domina, 1.750 gr., reçoit 0 gr. 015 par kilogramme ; trois infections massives les vingt et unième, quarante-septième et quatre-vingt-deuxième jours ; épreuve positive le 3 juin. On a trouvé un seul jour des trypanosomes, puis ils ont disparu. Le sang du chat n’a jamais été infectant pour la souris. À la date de ce jour, 19 juin 1929, les trypanosomes ne sont pas reparus.
Exp. VI (8 février 1929). — Yseult, 2.125 gr., reçoit 0 gr. 015 par kilogr.; infection négative les trente-neuvième, soixanteneuvième et cent quatrième jours après l'infection. Infection positive le cent trente-quatrième, les trypanosomes apparaissent cinq jours après l'infection : l’animal fait une maladie chronique. Il pèse ce jour, 12 juillet 1929, 2.500 gr.
Exp. VII (31 juillet 1928). — Iago, 1.02% gr., reçoit O0 gr. 25 par kilogramme ; a reçu depuis le 7 novembre six infections négatives ; le 7 mai 1929, épreuve positive, trypanosomes pendant trois jours, puis disparition.
« Ces expériences prennent toute leur valeur si nous ajoutons que le nagana expérimental du chat a jusqu'ici toujours été mortel dans nos expériences de contrôle. Ainsi, sept
témoins sont morts dans les laps de temps suivants : Dalila,