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L'administration de la justice sous la domination française [microforme]

Un des plus grands poëtes de l'antiquité, en décrivant le carac+ tère des divers âges de la vie, nous représente le vieillard comme grand admirateur du passé, laudator- temporis acti. La même pensée nous fait aussi dire quelquefois que la jeunesse vit d’espérance, la vieillesse de souvenir. Ordinairement, une de ces qualités exclut l’autre : le jeune homme péche par défaut d’expérience, le vieilard par manque d'activité ou par défiance. Mais qui n’admirerait celui qui, sans rien perdre de la vivacité de læ jeunesse, possède toute la sagesse de l’âge mûr, et qui ne lui prédirait une longue et heureuse carrière ? :

[l en est de même des nations; à mesure qu’elles vieil-. lissent et qu’elles peuvent compter leurs jours par années, et leurs années par siècles, on les voit entourer le passé d’un reli gieux respect et veiller sur les anciennes institutions avec ‘une

grande sollicitude. Ainsi, l'Egypte et la Chine nous vantent leur

antiquité fabuleuse et nous montrent Avec orgueil des monuments que quarante siècles n’ont pu abattre. Et l'on peut dire que plus un peuple est ancien, plus il s’efforce de perpétuer le souveuir de sa longévité.

Nous dermeurons dans un pays jeune. A peine peut-il compter une vie de trois siècles et, cependant, où pourrait-on trouver

une nation qui soit plus fière de son passé el qui ait lieu de

plus espérer de l'avenir. Il est des noms qui, à eux seuls font tressaillir tout cœur canadien et

comme sur les champs de bataille un et toujours victorieux.

notre pays que, à la vivacité et à J'act joint la sagesse et l'expérience de l’âge mûr; c’est une de ces heureuses nations qui vivent autant par le passé que pour l'avenir,

et nous pouvons, sans hésiter, affirmer que la Providence lui réserve un grand rôle et une longue carrière.

Qu'il me soit donc permis de soul instants, le voile qui peut nous dér nale, de secouer un peu la poussière cher mon sujet dans cette glorieuse s'appelle la domination française. E Cours de notre existence nationale,

ennuyer? Non, en vous parlant de l’histoire de notre pays, je ferai vibrer la corde sensible de vos cœurs, et quelque aride que soit mon sujet vous m'écouterez, je m'en flatte, sinon avec faveur, au moins avec indulgence.

L'administration de la justice, dans un pays nouveau, fournit toujours une étude très-intéressante. C'est là, en effet, qu’on peut trouver, en quelque sorte, le germe des institutions nationales. De nos jours surtout on à fait de nombreuses rechere et il s’est publié des volumes sur les débuts de Thémis dans les vieux pays, tels que l’Inde, Rome et la Grèce. Quant à moi, je ne puis donner qu’un aperçu bien succinct et bien incomplet des progrès de la Justice dans le Canada, et je devrai écarter avec soin toute question secondai:

e, quelque intérêt qu'elle puisse offrir d’ailleurs. Mais J'esptre pouvoir donner assez de détails pour vous faire comprendre la nature du Système qui régissait l'an-

cienne colonie. > Je-n'ai pas besoin, de vous rappeler l’histoire des débuts de la Nouvelle-France. Tout Cela vous est connu depuis votre enfance, et le répéter serait aussi inutile que peu intéressant. Je vais donc tout simplement annoncer Que je prends pour Point de départ la fondation de Québec en 1608, car ce fut là le premier établissement définitif que l’on ait fait dans les limites du ‘Canada. Vous savez aussi que Champlain fut nommé du nouveau Pays, et investi de pouvoirs aussi qu'arbitraires. Il était en un mot la seule ‘exécutive et judiciaire de la colonie.

tières selon son bon plaisir, sans à les avis de son conseil.

qui inspirent à la tribune

ivité de la jeunesse, il

ever, pendant quelques ober notre histoire natiodes siècles et d’aller cherpartie de nos annales qui t en remontant si loin le devrai-je craindre de vous

hes sur ce sujet,

Bouverneur considérables autorité législative, Il décil'ait en toutes ma.

tre nullement obligé à suivre Cette autorité peut paraître bien absolue,

Courage toujours invincible À Oui, nous pouvons en vérité dire de !

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