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Médailles commémoratives des premières ascensions

Ces médailles ont été frappées en l'honneur des frères Montgolfier « pour avoir rendu l'air navigable », avec le double profil exécuté d'après le médaillon de Houdon; les ascensions de Pilâtre de Rozier et d'Ar landes et de Charles et Robert, avec leurs aérostats; l'ascension de Charles et Robert; le premier voyage aérien accompli à l'étranger par Andreani et les frères Gerli à Moncuco, près de Milan, le 25 février 1784; du premier ballon dirigeable allongé des frères Robert, qu'ils montèrent en compagnie du duc de Chartres, à Saint-Cloud, le 15 juillet 1784; la 28* ascension de Blanchard, effectuée à Nuremberg, avec le plus grand succès, le 12 novembre 1787; Zambeccari, l'aéronaute bolonais; Jacques Garnerin et sa femme, à la suite de leur ascension de Berlin, en 1803; James Sadler, le premier aéronaute anglais qui fit de nombreuses et intéressantes ascensions, de 1784 à 1815, imité plus tard par ses fils, et dont on

remarque l'élégante nacelle. ^ ,

Collections Paul Tissandier et Charles Dollfus.

19. — La bataille de Fleurus, avec le ballon V Entreprenant. Dessin original de Louis

Watteau, de Lille.

Les aérostiers militaires ont été créés en 1793, par le Comité de Salut public, sur la proposition de Coutelle et de Guyton de Morveau. Coutelle en fut nommé le premier commandant, et Conté chargé des services techniques au petit château de Meudon, où les travaux les plus remarquables furent exécutés.

Les aérostiers prirent part à la campagne du Nord, figurant avec honneur, malgré les pluies, en 1794, au siège de Maubeuge, à Charleroi,à Bruxelles, à la Chartreuse de Liège, et surtout à la bataille de Flenrus. A la campagne d'Allemagne, ils rendirent de grands services, notamment à Mayence, Andernach, au siège de Coblence, à Mannheim, à Bonn, Kiel, Rastadt, Donawert et Strasbourg. Fortement enviés par les états-majors qui ne pouvaient cependant nier leurs services, ils ne purent donner d'aussi bons résultats en Italie et en Egypte où leur matériel n'arriva qu'en partie.

Les aérostiers furent supprimés en 1799. Parmi les officiers, il faut retenir, à côté de Coutelle et Conté, les noms de Lhomond, Plazanet, Rouvenat, de Selle de Beauchamp.

Collection Paul Tissandier.

20. — Le premier parachute de Jacques Garnerin, essayé par lui-même au parc de

Mousseaux, le 22 octobre 1797.

Jacques Garnerin est une des plus intéressantes figures aéronautiques du début du siècle. Né en 1769, fils d'honorables potiers en étain, il fut, dès son enfance, pris par la passion de Faérostation, et en 1790, fit seul sa première ascension en montgolfière. Depuis lors, sauf pendant ses fonctions de commissaire aux armées, où il fut fait prisonnier, il ne cessa de poursuivre sa carrière d'aéronaute, et, en 1797, eut la gloire d'effectuer la première descente en parachute d'un ballon libre parti du parc de Mousseaux (actuellement Monceau). La descente, accomplie dans de mauvaises conditions, se termina sans incident l'histoire dant

en parachute, puis se consacra à des tournées d'ascensions en Angleterre, Allemagne, Russie, Italie. Pilote d'une rare habileté, il se fit, après Testu-Brissy, qui avait fait en 1786 la première ascension de nuit, le spécialiste des voyages aériens nocturnes. Plusieurs des voyages de Garnerin ont été tout à fait remarquables : ascension de 300 kilomètres en 8 heures accomplie en Russie en 1803, voyage de Paris en Belgique par escales (1801), de Paris au Mont-Tonnerre, près Mayence, en une nuit (1807), de Paris à Aix-la-Chapelle (1809) et de Paris à Francfort, avec escale de 23 heures à Reims, en 1810. Garnerin lança également plusieurs ballons perdus lumineux dans les grandes fêtes du Consulat et de l'Empire, notamment pour les fêtes du Sacre, le 16 décembre 1804, un grand ballon portant une couronne de verres de couleur et qui, parti du Parvis Notre-Dame, descendit 22 heures plus tard aux environs de Rome.

M^^ Garnerin, née Jeanne-Geneyiève Labrosse (1779-1847), fut la première femme qui ait piloté seule un ballon, et la première également qui ait exécuté une descente en parachute. Elle fit de nombreuses ascensions en Europe, de 1799 à 1812.

Elisabeth Garnerin, dite Elisa (1791-1854), nièce de Jacques, se fit, à partir de 1815, une spécialité des descentes en parachute. Elle poursuivit avec succès sa carrière jusqu'en 1836, accomplissant dans toute l'Europe, 39 descentes.

Collection Charles Dollfus.

21. — Zambeccari et ses compagnons Andreoli et Grassetti recueillis dans FAdriatique,

le 4 octobre 1803.

Francesco Zambeccari, membre d'une des plus vieilles familles de Bologne, après une vie d'aventures, se consacra à l'aérostation avec une ardeur et un courage extraordinaires. Après des débuts heureux en Angleterre, en 1784, il construisit en Italie une aéro-montgolfière rappelant par le principe celle qui avait coûté la vie à Pilâtre de Rozier, le 15 juin 1785. Celle de Zambeccari se composait d'un ballon à hydrogène surmontant une montgolfière conique, dont la nacelle portait des rames de direction. Les deux expériences tentées en 1803 et 1804 furent dramatiques. La première se termina par un sauvetage en pleine Adriatique, après plusieurs heures d'angoisse et après une montée à une hauteur telle que Zambeccari eut plusieurs doigts gelés qu'il fallut amputer; à la seconde, le réchaud de la montgolfière mit le feu à la nacelle, Zambeccari, grièvement brûlé, descendit encore en mer. Le dernier essai, fait à Bologne le 21 septembre 1812, se termina par la mort de Zambeccari, brûlé vif par l'incendie de tout l'aérostat.

Collection Charles Dollfus.

22. — Affiche des expériences aérostatiqiies de Jacques Garnerin, à Marseille, en 1822.

Collection Paul Tissandier.

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