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1) Fr AV 9 AVIS) LS - : \ LME Directeur-Fondateur : GEORGES BESANCON UT SE 13° Annee — N° 1 Janvier 1905
PORTRAITS D'AERONAUTES CONTEMPORAINS
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Epmonp David
Directeur à Nanles, d’une importante pharmacie, notre excellent collègue, Edmond David consacre enlièrement ses trop rares loisirs à l’élude et à la pratique de la locomotion aérienne. Les connaissances étendues et variées, nécessaires à l'exercice de sa profession le préparaient admirablement à goûter l'intérêt technique de l’aéronautique ; mais ce chercheur laborieux et averti possède en même temps le tempérament et les aptitudes physiques d’un sporisman de race, la vigueur, l’énergie, l'endurance et la lénacité proverbiales de ses compatriotes. Grâce à l’heureuse alliance de ces diverses qualités trop rarement réunies chez le même homme la carrière aéronautique d’Edmond David a été aussi rapide que brillante.
Formé à la rude école de Georges Besançon et de son ami l'excellent aéronaute, Auguste Nicolleau, un Nantais comme lui, M. David exécute une première ascension de 12 heures à bord de l'Orient, le 27 avril 1901. Deux mois après, dans le ballon que pilotait M. Nicolleau, il prenait part au concours de Bordeaux et tenait l'atmosphère pendant 16 heures.
Le voilà pilote à son tour. Il a bientôt un ballon à lui, un sphérique de 809 m° qu’il appelle le Cambronne du nom du célèbre général Nantais et, dès lors, ses ascensions se mulliplient à mesure que s’accroît sa passion pour le sport aérien. Dans la seule année 1904, il n’exécute pas moins de 17 ascensions, d’une durée globale de 53 heures avec un total de 49 passagers.
Parmi ses plus remarquables voyages, cilons surtout celui du 12 mai 1904 à l’occasion du concours de Bordeaux. Le vent portait vers l'Océan. Parti à 5 h. 45, Edmond David n'hésite pas à s'engager sur le bassin d'Arcachon: il le traverse et vient alterrir à 9 heures au bord même de l’Atlantique, sur la plage du Truc Vert, au nord du cap Ferret. Ascension remarquable par l’audace de l’aéronaute et la sûreté de ses manœuvres. Notons encore son ascension du 14 juillet qui avait pour but l’étude de l'atmosphère d’une ville industrielle et la recherche de l'ozone. Ces travaux scientifiques lui valurent une médaille de la Société française de navigation aérienne. On sait enfin (voir l’Aérophile de décembre 1904), de quelle façon brillante Edmond David est devenu, depuis le 4 décembre dernier, détenteur de la coupe du Gaulois, avec son beau raid aérien Nantes-Maaseyck (698 kil. en 10 h. 30).
Pilote résolu, prudent et expérimenté, d'une sûreté de coup d'œil et de main remarquables, M. Edmond David, par sa parole et son exemple a fait autour de lui de nombreux prosélytes. Cette tâche lui a été, il est vrai, singulièrement facilitée par les chaudes et nombreuses sympathies dont il est entouré à Nantes. Entre deux voyages, l’homme de sport fait place à l’homme d’études et M. Edmond David poursuit ses recherches sur la propulsion des ballons par explosions successives, au moyen d’un détonateur à répétition, de son invention. Il y a là une idée fort intéressante et nous souhaitons que le distingué aéronaute puisse arriver à sa réalisation pratique.
À. DE MASFRAND
BULLETIN OFFICIEL DE L’AËRO-CLUB DE FRANCE