‹ L'Aérophile (volume 2)Chapitre 28 sur 145 · EE · texte numérisé non relu

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tion à l'Aéro-Club de France des sociétés aéronautiques françaises, règlement rédigé d’accord avec la Commission spécialement désignée composée de MM. le comte de La Valette, le comte de Castillon, Georges Besancon, Jacques Faure, Jacques Balsan, et après consultation des membres de la Commission sportive et des personnalités à la tête des associa-

tions françaises. : | Relativement à l’article 4, M. Paul Rousseau demande et obtient que le ballottage soit

maintenu pour les présidents des sociétés affiliées qui demandent leur admission comme membres sociétaires Ge l'Aéro-Club de France ; ils resteront, toutefois, dispensés du droit. d'entrée. : ES l Frs

M. Paul Rousseau obtient aussi de l'unanimité de l’Assembiée que l'aïliliation soit renouvelable chaque année. ; |

Relativement à la valeur des brevets de pilotes aéronautes, une discussion est engagée entre MM. Paul Rousseau, Léon Barthou et Jacques Faure, et le Lexte subit, de ce chef, une légère modification de forme. Æ ee

Le Comité fixe le chiffre de la licence à 50 francs. 11 décide que les associations payeront 60 franc par an pour l’affiliation, et leurs sections 30 francs seulement. Le rèslement est

arrêté sur ces bases. re MM. Paul Rousseau et Janets demandent et obtiennent une juridiction d'appel au cha-

pitre « Sanctions ». a

A l'unanimité, le règlement, tel qu'il vient d'être lu, modifié et complété, est approuvé par le Comité.

Des remerciements sont adressés à M. Georges Besancon pour la mise au pomtl de ce travail.

M. Janets propose également des remerciements au commandant Hirschauer et aux personnalités qui ont répondu à notre consultation relative au règlement d'affiliation.

M. Jacques Balsan lit le rapport de la Commission du Parc de l’Aéro-Club de France. Le Comité en approuve les conclusions et accepte, à l'unanimité des voix, de renouveler pour trois ans, à partir du 1* janvier 1905, au prix de 8.0C0 francs par an, le loyer du parc des Coteaux de Saint-Cloud.

Le Comité désigne au scrutin secret vingt-deux candidats à proposer à l'Assemblée générale, comme membres du Comité.

Au premier tour, la liste des propositions au Comité se trouve ainsi constituée MM. Santos-Dumont, Georges Besançon, Boulenger, le comte de Castillon de Saint-Victor, le marquis de Dion, Georges Dubois, Jacques Faure, Giraud, Janets, G. Leys, M. Mallet, Sir David Salomons, le duc d’'Uzès, J. Liouville, Ballif, le capitaine Ferber, H. Julliot, Paul ‘Tissandier, le comte de La Valette, G. Lamaille, A. Mélandri.

Le choix du 22° membre nécessite deux tours de scrutin. Le nom de M. Georges Le Brun est désigné.

Le Comité vote ensuite au scrutin secret sur les noms à proposer en Assemblée générale, pour le Conseil d'administration.

Un troisième vice-président prévu par les statuts devant être choisi parmi les membres du Conseil d'administration actuel, et d’un des anciens membres de ce Conseil, M. Ducasse, n'ayant pas réuni dans le scrutin précédent relatif aux propositions pour le Comité un nombre de voix suffisant, il y a donc deux membres nouveaux à nommer au Conseil d'administration en dehors des membres sortants qui se représentent.

Sont proposés à l'unanimité pour le Conseil d'administration : MM. le marquis de Dion, le comte de La Vaulx, Henri Menier, Jacques Balsan. Georges Besancon, le comte de Castillon de Saint-Victor, Abel Ballif, J. Faure, Joseph Vallot, Emile Janets et E. Giraud.

Le Comité vote des félicitations aux héros du voyage aérien Londres-Paris, 11-12 février 1905, et offrira une médaille d'argent à M. Jacques Faure, pilote, et une médaille de bronze à M. Hubert Latham.

Le Comité autorise M. Santos-Dumont à gonfler au Parc de l’Aéro-Club son dirigeable n° 14.

Le Comité invite M. Barbotte, pilote du Lallon dirigeable de M. Lucien Leduc, à présenter cet appareil à la Commission technique avant de l'expérimenter au Parc de l’Aéro- Club de France. La Commission technique, autorisera les expériences si elles présentent les garanties nécessaires.

Une commission chargée d'étudier les propositions relatives à l'hydrogène pur au Pare est composée de MM. Jacques Balsan, Santos-Dumont, Paul Tissandier, Maurice Mallet.

Le Comité en fin de séance, ratifie la nomination de M. Frédéric L'Hoste au secrétariat. de la sous-commission des expériences d'aviation.

La séance est levée à 7 heures 40.

Le secrélaire des séances, GEORGES BAxs

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 2? Mars 1905

La séance, tenue en l'hôtel de l'Automobile-Club, est ouverte à 9 h. 1/2, sous la présidence du comte Henry de La Vaulx.

Sont présents : MM. Henry Julliot, Alberto Santos-Dumont, Henry Deutsch de la Meurthe, Georges Besançon, le comte de Castillon de Saint-Victor, L. Lelièvre, Léon Auriau, Lepert, Georges Juchmès, Ernest Archdeacon, le capitaine Ferber, Paul Tissandier, le comte Hadelin d'Oultremont, le comte Arnold de Contades- Gizeux, le duc d'Uzès, François Pevrey, Maurice Mallet, Abel Corot, Auguste Nicolleau, Georges Lamaille, capitaine Draulette, André Legrand, Pierre Perrier, Edouard Surcouf, Antonino Mélandri, Marcel Boissy d'Anglas, Franck Lehmi, Jean de Villethiou, Guffroy, Bossuet, Gustave Hermite, Georges Blanchet, Penteado, Georges Dubois, Tourneux, de Bigault de Granrut, le marquis Edgard de Kergariou, Decugis, Lefébure, Chanteaud, Emile Janets, Bachelard, Charles Levée, Leblanc, Furet, Henri Martin, Zens, Robert Esnault--Pelterie, le comte de La Mazclière, Paul Bordé, Montaland-Davray, le comte de La Valette, Louis Pillet, Justin Balzon, Léon Maison, Lucien Lemaire, Armengaud, André Pelattre, &mile Carton, James Bloch, Dosseur, Lionel-Marie, Charles Olivier, Emile Venz, Jean Joubert, le comte de Morny, Emmanuel Frézier, Jacques Négreponte, Nicolas, Robert Weyl, Lahens, Estivant, Ernest Durand, Ernest Barbotte, Yves Refoulé, Salleron, René Loysel, le comte de Lapeyrouse, Louis Labbé, Pierre Labrouche, le comte de La Baume-Pluvinel. le prince de Croy, Dugué de la Fauconnerie, Paul Rousseau, Guérard.

Le comte de La Vaulx en ouvrant la séance, annonce à l’Assemblée, que le marquis de Dion ne pourra, à son grand regret, présider cette sixième Assemblée générale. 11 donne ensuite lecture de la lettre officielle adressée au Comité, par laquelle le marquis de Dion réitère son désir déjà plusieurs fois exprimé, de voir le Comité accepter sa démission de président de l’Aéro-Club de France, en raison de l'impossibilité matérielle où il se trouve, de prendre part aux travaux de la Société. Dans ces conditions, le Comité, en acceptant la démission du marquis de Dion croit devoir demander à l'Assemblée, en reconnaissance des services rendus par lui à la cause aéronautique, de le nommer président d'honneur fondäteur. Cette motion cest votée par acclamations.

Le comte de La Vaulx annonce ensuite que le Comité, sur les indications du président sortant, a offert la présidence effective à un homme qui jouit universellement de l'estime et de la considération les plus haules, M. Cailletet, membre de l'Institut. M. Cailletet a bien voulu accepter, et dans la séance du Comité de ce jour même, i a été reçu membre actif de l’Aéro-Club et nommé membre du Comité.

En présentant la candidature de M. Cailletet, comme président de l'Aéro-Club, le comte de La Vaulx demande à l'Assemblée de ratiffer en même temps, les décisions du Comilé sus-énoncées.

Cette motion est adoptée par acclamations et M. Cailletet est nommé président effectif de l’Aéro-Club de France.

Le comte de La Vaulx fait connaître ae le commandant Renard a été nommé président de la Commission sportive de l'Aëro-Club, en remplacement du comte de La Valette, président démissionnaire, nommé président d'honneur de la C. S$.

Le comte de La Vaulx donne ensuite la parole à M. Georges Besançon, secrétaire général pour la lecture de son rapport.

Rapport rE M. GEORGES BESANCON, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL Mes chers Collègues,

Chargé pour la quatrième fois de vous exposer le bilan annuel des travaux et des efforts de notre chère Société, ie vois chaque année s'alourdir la tâche dont vous voulez bien n'honorer, à mesure que s'accentue la marche ascendante du grand club français qui créa le mouvement aéronautique actuel et continue à le diriger.

Tout en m'elforcant d'être complet pour être juste, je tâcherai donc d'être bref. Aussi bien la prospérité d'une association comme la nôtre ne s'apprécie pas à la longueur des rapports.

54 mars {905

Notre action s'exerce soit par l'intervention directe de la Sociélé, soit par les travaux de nos diverses commissions plus spécialement chargées des questions techniques, soit, enfin, par les initiatives heureuses de nos sociétaires dans le domaine sportif comme dans le domaine scientifique. Et le total de ces efforls constitue le bien commun, le trésor collectif dont chaque sociétaire peut s'enorgueillir, car il en à sa part plus ou moins grande, mais réelle.

Vous connaissez le programme que votre Comité s'efforce de remplir : tout d’abord, altirer à l’idée aérienne le plus de sympathieS possible, — je parle de sympathies agissantes — et pour cela faciliter la pratique de notre sport dans les conditions les plus avantageuses ; stimuler par des épreuves variées l'émulation des pilotes ; récompenser dans la mesure de hos forces les travaux des chercheurs, entretenir leur zèle par les concours techniques et leur faciliter la mise au jour de leurs travaux : rendre enfin à nos prédécesseurs l'hommage souvent tardif, dû à leurs mérites.

Examinons done comment ces multiples objectifs ont été poursuivis au cours de l'exercice écoulé.

En ce qui concerne le sport aérien qui confère à notre Société une vitalité particulière et constitue un puissant moyen de vulgarisation dont nos meilleurs techniciens, eux-mêmes, apprécient avec sympathie limportance, le tableau récapitulatif que j'ai dressé vous permettra d'apprécier les progrès rapides accomplis depuis la fondation du Club.

Tableau synoplique des ascensions exécutées par les membres de l'AE. C. F.

Ascen- Kilométr s Heures de séjour

Années sions M5 de gaz Passagers parc urus dans l'almosphère SORTE EEE 18 59.000 135 10.000 360 IDE 14 200.000 400 30.000 1.200 AID EREE CNET 180 281-220 510 19.710 903 TOUR oo 1152 170.480 A4 15.746 791 JOSÉ RER 182 187.150 50% 19.053 919 AO IPERECRRE 213 228.500 287 21.620 928

Moyenne annuelle par ascension

ROSE ro Î 1.146 oil 208,3 7 h. 30 1OUDÉE CES » 1.389 SN 201 8 h. © DIDIER EE » 1.229 3 109,5 5 h. 01 HIDE CEE » 1.121,6 DRE 103,6 4 h. 56 1MBooocooccca » 1.028.3 El 104,7 5 h. 03 AODÉSMNANCEE » 1.072,8 2,76 101,5 4 h. 21 Moyenne annuelle par 1.000 m° LS RER 2,15 182 6 h. 33 1JDORPANE Eee de ! 150 6 h.

INDIE NE 2,4 89 4 h. 05 IDE ce 2,6 22 4 h. 24 AB 5 d660 Fais DoÙ 101,9 4 N. 55 MODERNES 2,57 97,6 4 h. O4 Ascensions exécutées au Parc d'aérostalion de l'AE. C. F. 1901-1902. — Expériences de ballons dirigeables par Santos-Dumont, lauréat du Grand Prix de 100.000 fr. de VAE. C. F. (19 octobre 1901.) : ; Ascen- An és sions M3 de gaz Passagers NO SE mer 3 1.290 6 LION ; 58 97.808 266 TOI NME 116 122727 331 RUE 129 145.600 303

J'insisterai plus particulièrement sur les chiffres comparatifs de notre mouvement d’ascensions durant l’année qui s'achève et l'année précédente.

En 1903, nous avions donc à enregistrer 182 ascensions ; la quantité de gaz consommé fut de 187.500 n° ; le nombre des passagers, de 50%: la distance parcourue, de 19.053 kil. ; la turée totale de séjour dans l'atmosphère, de 919 heures.

En 190%, chacun de ces chiffres énormes se trouve encore accru et nous comptons :

213 ascensions, 228.500 m°' de gaz employés, 587 passagers enlevés, 21.620 kil. parcourus et 928 heures de séjour dans l’atmosphère.

Ces totaux ne représentent d'ailleurs que des minima, plusieurs ascensions exécutées à l'étranger par nes sociétaires nous ayant échappé, faute d'avis des intéressés. Ce sont les résultats annuels les plus importants qui aient été obtenus depuis la fondation du Club. En 1900 seulement, les chiffres globaux des kilomètres parcourus et du séjour dans l’atmosphère furent plus élevés. ce qui s'explique aisément par les performances exceptionnelles de distance et de durée auxquelles donnèrent lieu les grands concours de l'Exposition universelle.

Dans ce bilan magnifique, il faut considérer la part qui revient à notre parc d’aérostation unique au monde par son incomparable situation, ses aménagements bien compris et les avantages mis à la disposition des pilotes qui le prennent pour lieu de départ.

À part les multiples ascensions en dirigeable de notre collègue Santos-Dumont, il n’y eut en cet endroit, en 1901, que 3 ascensions en sphérique.

C'est en 1902 seulement que cet aérodrome modèle fut ouvert réellement aux fervents du ballon ordinaire. Il y eut, dès cette année-là, 88 ascensions nécessitant 97.803 m° de gaz et au cours desquelles 266 passagers prirent l'atmosphère.

En 190%, ces chiffres sont devenus, comme vous avez pu le voir, 129 ascensions, 145.600 n° de gaz, 363 passagers.

La progression rapide et constante des départs effectués au parc suffit à démontrer, sans que j'y insiste, la haute utilité pratique de cette installation sans rivale.

Ses avantages se révèlent tout aussi grands lorsqu'on envisage son utilisation comme théâtre de nos diverses manifestations aéronautiques collectives.

C'est encore aux côteaux de Saint-Cloud, en effet, que se sont donnés avec le plus brillant succès sportif et mondain les divers concours de l’année : le concours Jacques Balsan (22 mai) dû, comme son nom l'indique, à la générosité d'un de nos meilleurs pilotes et de nos plus sympathiques collègues ; le concours du « Figaro », ce superbe rallye aérien et automobile du 16 juin qui ne réunissait nas moins de ? ballons et de 11 automobilistes ; la Fête d'automne du 16 octobre ; la fête du Centenaire Philippe Lebon (4 décembre). L'Aéro- Club de France à cette occasion, avait obtenu des diverses usines, la concession, à titre gracieux, d'une importante quantité de gaz dont il a fait profiter diverses sociétés aéronautiques. 14 ballons se sont élevés ce jour-là du territoire français : 5 à notre parc, 4 dans les usines des environs, ? à Bordeaux, 1 à Nantes, 1 à Rouen, 1 à Amiens.

Cette mobilisation générale des ballons français disponibles a permis à l’Aéro-Club, après la belle application, remontant à 2 ans déjà, de son Règlement général des concours et records, d'estimer qu’il devait accepter l’affliation des Associations aéronautiques et, le 16 février dernier, il en arrêtait le règlement libéral.

Ces diverses épreuves, au programme original et varié ont bien mis en valeur l'habileté de nos pilotes. Leurs qualités se sont, d'autre part, manifestées de la façon la plus brillante dans les divers voyages aériens exécutés par eux cette année.

Parmi les ascensions les plus remarquables dont je me vois, à regret, forcé d’écourter la liste, qu'il me suffise d’en rappeler seulement queiques-unes :

Les 2-3 avril 1904, a lieu le magnifique raid du ballon l'Eden (de Paris à Jassnitz, (Mecklembourg) : 837 kil. en 21 h. 35 à bord d’un aérostat de 800 m°. M. Janets pilotait accompagné, comme toujours, de celui qui partage avec lui l'honneur de ses belles ascensions, M. Boulenger.

Elevé le même jour, ? avril, à bord de l’Aéro-Club 11, M. Mélandri, ayant pour passagers MM. Frank Lahm et Paul Tissandier, descendait le 3 avril, à 5 h. 50 du matin, à 6 kil. du Zuyderzée, près de Maarssen.

Le 8 avril, M. Jacques Balsan, accompagné de M. Corol, dans son ballon l’Aigle, allait atterrir, en pleine nuit, dans la Crau, en vue de la Méditerranée, après avoir parcouru sous la poussée du mistral, 660 kil. en 10 h. 10.

Le 20 septembre, notre vaillant collègue, M. Spellerini, qui s’est spécialisé dans les ascensions aérostatiques en montagne, s'élevait à midi 1/2 dans son ballon le Stella, du glacier de l'Eiger, dans le massif de la Jungfrau et venait atterrir vers 5 heures sur le Gibisalp, à une altitude de 1.800 m. Chargé par la direction du chemin de fer de la Jungfrau de prendre photographiquement des relevés topographiques de régions inaccessibles, M. Spelterini remplissait brillamment sa difficile et dangereuse mission.

Plus récemment, notre excellent pilote, M. Edmond David, élevé de Nantes à bord du Cambronne le 4 décembre, à l’occasion du centenaire Philippe Lebon, réussissait le beau parcours Nantes-Maaseyck, 698 kil. en 10 h. 30, dépassant encore la vitesse moyenne du précédent voyage et ravissant la Coupe du Gaulois au comte Hadelin d'Oultremont qui détenait ce trophée depuis le 23 juillet avec sa traversée Saint-Cloud-Bingen-sur-Rhin, 432 kil.

Pour clôturer cette série de prouesses, notre habile et audacieux camarade Jacques Faure renouvelant, en l'améliorant encore, une de ses performances antérieures, accomplissait pour la seconde fois la traversée aérienne de la Manche. Parti de Londres, le 11 février, à

56 MARS 1905 — PCT RES OPUS EESTI EEE EEE CCÉSE CE SEEEEE men Trent

6 h. 45 du soir, il venait atterrir le 12 février à 1 h. 15 du matin à Aubervilliers, établissant par 6 h. 30, le record de vitesse Londres-Paris pour tous les moyens de locomotion.

Enfin, le 25 février, M. Auguste Nicolleau avec nos collègues, MM. Leblanc et Martin, parti sous les rafales, franchissait en 1 h. 30, les 140 kil. qui séparent Saint-Cloud de Villcrs- Faucon, et atterrissait sans incident après avoir réalisé la plus grande vitesse en ballon obtenue cette année (plus de 93 kil. à l'heure).

Telles sont, malheureusement abrégées, les principales manifestations du sport aérien dans ces douze derniers mois. L'Aéro-Club de France y a pris, glorieusement, comme vous le voyez, une part prépondérante.

Au cours de ces diverses ascensions qui font franchir si souvent les frontières à nos pilotes, des difficultés fréquentes s’élevaient à la douane pour le retour du matériel.

Votre Comité, soucieux d'éviter aux aéronautes d'ennuyeuses formalités, a obtenu des pouvoirs publics compétents le retour en franchise des ballons français atterris à l'étranger, sous certaines conditions d’estampillage et de plombage préalables, qui peuvent s’accomplir, une fois pour toutes, aussi bien aux douanes de Lyon, de Bordeaux, de Nantes qu’à celle de Paris.

Pour en terminer avec cette parlie sportive et vulgarisatrice qui constitue un des aspects les plus intéressants de notre œuvre, je vous signale sans y insister, heureux d’avoir à faire, une fois encore les mêmes constatations, l'accroissement de notre flottille aérienne, incomparable par le nombre et la valeur de ses unités et de ses pilotes, et le chiffre toujours croissant de nos nouveaux adhérents annuels, dont vous aurez à ratilier, dans quelques instants, les admissions.

Nos diners-conférences ont, d'autre part, obtenu leur succès habituel. Je souhaiterais, cependant, les voir plus fréquentés encore puisqu'ils fournissent à nos sociétaires l'occasion d'établir ou de resserrer entre eux de cordiales relations, d'échanger leurs idées, de discuter courtoisement, pour le plus grand profit de l'aéronautique, leurs théories même les plus opposées. Ces réunions mensuelles nous ont valu, cette année, plusieurs communications du plus haut intérêt pour lesquelles MM. Tatin, Ernest Archdeacon et Robert Esnault-Pelterie voudront bien recevoir l'expression de notre vive gratitude.

Permettez-moi enfin de remercier en votre nom tous ceux qui ont bien voulu enrichir, au cours de l’année, notre bibliothèque, notre musée et nos archives et particulièrement notre collègue sir David Salomons qui vient encore de nous doter de 1? estampes anciennes relatives à l’aérostation complétant la superbe collection rétrospective que nous lui devions déjà.

Les résultats scientifiques obtenus par l’Aéro-Club de France ne le cèdent en rien aux performances sportives. ['honneur en revient soit à nos diverses Commissions, soit à l'initiative de particuliers dont la plupart sont nos collègues.

Chaque fois qu'il s'agit de résoudre un problème difficile, d'examiner une question complexe, de dresser un programme scientifique ou sporlif et d'en assurer l'exécution. ce n'est jamais en vain qu'on fait appel à nos diverses Commissions (Commission d’aérostation scientifique, Commission technique de locomotion aérienne, Commission sportive, Sous- Commission des expériences d'aviation) dont le dévouement et l'activité égalent les lumières. Leur autorité et leur compétence universellement reconnues contribuent, avec les exploits de nos sportsmen, à grandir, du même coup, le prestige incontesté de l’Aéro-Club de France et celui de l'aéronautique française.

La Sous-Commission d'aviation, la dernière en date, est entrée maintenant dans la période active de son œuvre. Le récent concours de la Galerie des machines, première épreuve de ce genre sérieusement organisée, a démontré que l’Aéro-Club portait un égal intérêt à tous les représentants de l’idée aérienne, et permis de constater de nombreuses et intéressantes recherches dans la voie du « plus lourd que l'air ». Ce résultat paraïtra d'autant plus méritoire que les difficultés étaient plus grandes. L'honneur en revient à la Sous-Commission tout entière, mais il faut rendre un hommage particulier aux efforts de M. Archdeacon qui fut le créateur généreux et éclairé de ce mouvement, aux expériences du capitaine Ferber qui, le premier en Fronce, répéta les glissades aériennes de Lilienthal et au colonel Renard dont les travaux facilitèrent l'élaboration délicate des règlements des divers concours d'aviation.

Quant à ceux de nos collègues qui se sont donnés pour tâche de poursuivre le progrès de la science aérienne et de ses applications dans les ordres d'idées les plus divers, ils ont vaillamment continué leur œuvre.

est ainsi par exemple, qu'ont eu lieu les 6 et 16 juillet, sous le patronage de la Société de biologie, subventionnées par le Conseil municipal et avec le concours de l’Aéro- Club, deux ascensions consacrées à des recherches physiologiques. La première pilotée par M. Léon Barthou avait comme passagers scientifiques le docteur et Mme L. Lapicque et le docteur Mayer ; dans la seconde, conduite par le comte de Castillon de Saint-Victor, les

L'AËRCEHILE 57

observateurs étaient les docteurs Victor Henri, Jolly et Langevin. Ces deux expéditions ont admirablement réussi et ont permis d'expliquer le curieux phénomène de l'hyperglobulie des ascensions.

Si MM. Hervé et de La Vaulx ont vu prématurément interrompre, par un incident impossible à prévoir, les essais du Méditerranéen dont les débuts avaient été particulièrement heureux ; si notre brillant collègue Santos-Dumont n'a pu, pour les raisons que vous connaissez, prendre part, comme il l’espérait, au concours de Saint-Louis, le grana aéronat de MM. Paul et Pierre Lebaudy a continué à répondre aux espérances des amis de la science aéronautique et nous permet ainsi d'applaudir aux succès de deux de nos collègues, l'éminent ingénieur Henri Julliot, auteur des plans de l'aéronat, et l'habile et vaillant pilote Georges Juchmès.

Le dirigeable de Moisson en est maintenant à sa 66° ascension, dont 63 montées, au cours desquelles 26 personnes, dont deux dames, simples passagers ou faisant partie de l’équipage, ont ascensionné 195 fois sans accident.

Ne trouvez-vous pas que ces chiffres éloquents suflisent à justifier la grande médaille d'or de l'Aéro-Cluh que votre Comité a décernée à M. Henrv Julliot, devenu ainsi le digne titulaire, après MM. Henry de La Vaulx, Alberto Santos-Dumont, Henry Deutsch de la Meurthe et Robert Lebaudyv, de la plus haulie récompense dont nous puissions diposer.

Il était juste d'associer à l'hommage rendu à l'ingénieur du Lebaudy, son collaborateur précieux, l’aéronaute Georges Juchmès qui pilota avec maëstria les 57 dernières ascensions et un auxiliaire plus modeste mais méritant, le mécanicien Antoine Rev.

Achevons, puisque nous l'avons entamé, ce chapitre des récompenses. Cest à M. Emile Janets que reviennent, cette année, les deux médailles pour l'ascension la plus longue en durée et en distance exécutée au cours des douze derniers mois. Ces deux conditions se trouvent réunies dans sa belle traversée de Saint-Cloud à Jassnitz.

Nos divers concours de 1904 ont permis au comte Arnold de Contades de se classer deux fois premier, honneur qu'il partage avec M. Barbotte. Les autres vainqueurs de nos épreuves out été : MM. Georges Le Brun, Antonino Mélandri, Paul Tissandier, Auguste Nicolleau.

Le récent Concours d'aviation a eu pour lauréats, MM. Burdin, Dargeut, Hanrion, Peyret, Mouren et Weiss.

Comme les années précédentes, la section aéronautique de l'Exposition de l'Automobile, section dont l'organisation est confiée à l’Aéro-Club, a donné lieu à une manifestation intéressante. Votre Jury a décerné les récompenses suivantes : Médailles d'argent à MM. Robert et Pillet et Zarski : médailles de bronze à M. et Mme Lucien Lemaire, dont nous avons tous admiré les magnifiques vues photographiques de Paris prises en ballon, et à M. Klopcic.

Enfin, par une décision spéciale que vous connaissez déjà et à laquelle vous applaudirez certainement, votre Comité a décerné une médaille d'argent à M. Jacques Faure en souvenir de son magnifique raid aérien Londres-Paris et une médaille de bronze à son vaillan: passager, notre nouveau collègue, M. Hubert Latham.

Ce n’est point seulement parmi nous que nos sociétaires ont rencontré des sympathies et des hommages mérités.

La presse tout entière et, après elle, le grand public, s intéresse passionnément à leurs succès et à leurs travaux, pour le plus grand bien de l’Idée aérienne.

Les corps savants s'en préoccupent ; l'Académie des sciences réserve une place chaque jour plus importante dans ses discussions aux questions aériennes ; elle a notamment accueilli avec la plus flatteuse faveur une série de remarquables communications du colonel Renard.

En attribuant dans sa séance du 19 décembre dernier le prix Houllevigne d’une valeur de 5.000 francs à MM. de La Vaulx et Hervé pour leurs expériences du Méditerranéen. l'illustre compagnie a également rendu un éclatant hommage à une des plus neuves et des plus intéressantes campagnes de recherches scientifiques entreprises au cours de ces dernières années.

Les pouvoirs publics eux-mêmes ne restent point indifférents. En décernant à notre cher camarade Santos-Dumont la croix de chevalier de la Légion d'honneur, ils ont donné à ses travaux et à sa vaiilance la digne sanction que l'opinion attendait depuis longtemps et à laquelle elle à unanimement applaudi. Leurs titres aéronautiques joints à bien d'autres ont également valu la même distinction à nos collègues, MM. le capitaine Ferber, le docteur Guglielminetti et l'ingénieur Louis Pillet. |

Pour ne pas allonger indéfiniment mon rapport je me vois forcé de passer sous silence les autres distinctions officielles dont de nombreux sociétaires ont été l'objet.

É Parmi les devoirs d'une Société comme la nôtre, il en est un, enfin, des plus importants, à mon sens, et, à coup sûr, d'une haute beauté morale. Il consiste à rendre à ceux qui nous

ont frayé la voie, qui nous ont légué le fruit de ieurs travaux, l'exemple de leurs efforts ou de leur héroïsme, l'hommage dû à leur mémoire.

C'est ainsi que nous avons cru devoir participer au Centenaire de l'ingénieur Philippe Lebon qui, en poussant à la fabrication industrielle d’un gaz léger, a tant contribué à nous donner le moyen de gonflement commode et peu coûteux, grâce auquel l’aérostation usuelle a pu prendre toute son extension.

Une pensée analogue, nous avait fait prendre l'initiative d'un monument aux Aéronautes du Siège de Paris.

A cette pieuse manifestation de reconnaissance envers des héros trop oubliés, il manquera, malheureusement, celui qui en fut l'âme, le orand artiste Bartholdi dont le patriotisme égalait le talent. L'illustre disparu, s'il n’a pu, comme le disait sur sa tombe, M. Henry Deutsch de la Meurthe, « connaître la joie de voir son œuvre consacrée, aura eu du moins la consolation de savoir qu'elle serait achevée après sa mort ». Sur son initiative, un groupe d'amis et d'admirateurs auquel il s'était joint lui-même, s'était engagé à parfaire le montant de la souscription encore incomplet. Et c'est ainsi qu'au mois d'octobre prochain s'élèvera au carrefour des Ternes ce magnifique monument, chef-d'œuvre artistique issu d'une généreuse pensée.

Nous avons eu à déplorer encore une autre mort particulièrement cruelle pour la science française, celle de l’'éminent professeur Marey, membre de notre Commission d'aérostation scientifique. Ses études sur le mouvement de tous les êtres animés sont célèbres, particulièrement son analyse des mouvements du vol qui conslitue encore la base des recherches d'aviation.

Voilà l'œuvre de l’Aéro-Club pour l'exercice 1904. Vous pouvez juger de son importance considérable. Est-ce à dire qu'elle soit complète et surtout parfaite ? Evidemment non ; ce serait trop demander à une œuvre humaine.

C'est ainsi par exemple, qu'on doit regretter de voir nos pilotes communiquer beaucoup trop rarement à notre Commission d'aérostation scientifique les livres de bord qu'ils tiennent de façon si exacte et qui abondent en remarques du plus haut intérêt.

Il existe pourtant, et l’on a tort de paraître l'oublier, un concours d'observations météorologiques comportant les récompenses suivantes : une médaille de vermeil de VAE. C. F.; un baromètre enregistreur offert par le prince Roland Bonaparte et une médaille d'argent, don de la Société météorologique de France.

Pour essayer de porter remède à cette regrettable indifférence, votre Comité a décidé de réduire le prix du gaz de gonflement à 10 centimes le m°, pour ceux de nos camarades qui voudront prendre part aux ascensions internationales organisées à jour fixe, le premier jeudi de chaque mois. Nous contribuerons ainsi à développer ce mode d'investigation de l'atmosphère par ballons montés qui a déjà rendu tant de services à la physique du globe.

Je suis heureux d'ajouter que cette décision commence à porter ses fruits. Hier, en effet, un de nos plus sympathiques collègues, M. Paul Tissandier, accompagné de notre vice-président, le comte de La Vaulx pilotait dans l'atmosphère M. Besson, de l'Observatoire de Montsouris, qui se livrait à d'intéressantes observations météorologiques. C’est là, la première des ascensions montées de l’Aéro-Club comptant pour les ascensions internationales mensuelles. Espérons que cette heureuse initiative sera suivie.

A la suite de la participation remarquée de MM. Teisserenc de Bort et de La Vaulx au Congrès de Saint-Pétersbourg, peut-être même sera-t-il possible d'organiser ultérieurement quelques lancers de ballons-sondes, instruments de recherches du même ordre, nécessaires pour l'exploration des régions atmosphériques inaccessibles à l’homme et dont l'emploi, grâce aux efforts de M. Teisserenc de Bort, s’est si heureusement développé et généralisé, depuis que M. Hermite et moi-même eûmes la bonne fortune d'en faire l'application initiale.

Forts de l'expérience acquise, nous continuerons à encourager les diverses branches et les diverses applications de l'aéronautique par des concours, des récompenses et des fêtes dont le programme sera très enrichi cette année et que nous organiserons, soit par l’action directe du Club, soit avec l’aide généreuse de nos sociétaires ou d'autres initiatives privées.

Parmi les épreuves de fondation déjà ancienne, citons en premier lieu la Coupe de distance de la Vie au Grand Air (Challenge des femmes aéronautes) toujou”s détenue par Miss Moulton et qui lui appartiendra définitivement avant peu, exactement le 13 avril prochain, si, d’ici-là, son superbe voyage Saint-Cloud-Klein-Wierau (1072 Ki.) n’est pas dépassé.

La Coupe de distance généreusement offerte par le journal Le Gaulois a pour titulaire depuis le % décembre, comme je vous l'ai dit, notre excellent coilègue, M.Edmond David qui sera tout heureux, dans l'intérêt du sport aérien, de la voir changer de mains, sans perdre l'espoir de la reconquérir.

Tout récemment, notre collègue, M. Santos-Dumont a modilié comme vous le savez les conditions du prix qu'il avait fondé lorsqu'il iuitait vaiilamment pour la conquête du prix Deutsch. La somme de 4.000 francs, qu'il avait primitivement affectée à une performance de

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