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RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

Le but de la Commission est de développer, par le moyen des courses, la machine volante rudimentaire d'aujourd'hui. Aussi, n’attache-t-elle aucune importance aux projets, dessins et modèles qui ne peuvent voler. C'est à cause de cela qu'elle a fait élever un pylône de 41 m.; non seulement, c'est la première fois qu'une pareille commodité est offerte aux aviateurs, mais encore cet engin a parfaitement rempli son but qui était d'éliminer sans pitié la foule des objets qui ne pouvaient voler.

De plus, même dans ce concours d’aéroplanes non montés, la Commission a en vue des appareils pouvant être construits en grand. Comme cela n'est pas possible en partant de modèles trop petits, la Commission a refusé cette année les jouets et les aéroplanes plus petits que 2 kg ; il est probable que pour l’an prochain, elle augmentera cette limite.

Comme résultats, le concours à mis hors de doute pour le public, le fait singulier bien connu des aviateurs qu'après son abaltée, un aéropiane bien construit se relève et conserve à partir de ce moment un équilibre longitudinal parfait.

Ce fait doit être attribué en partie aux lois d’Avanzini ou d'Avogadro et en partie à l'empennage des appareils. Les mouvements qui en résultent imitent à merveille les mouvements de l'oiseau et peuvent faire croire, inversement, qu'en air calme, beaucoup de mouvements de l'oiseau planeur sont automatiques.

On a constaté enfin que l'atterrissage des gros modèles était beaucoup plus doux qu'on ne l’avait prévu. Arrivé à quelques centimètres de terre, l'air se trouve en quelque sorte enfermé entre la surface et le sol, il se comprime et adoucit singulièrement le choc. Tous les appareils primés ont atterri horizontalement en se posant légèrement à terre. Dans un des appareils même ‘Archdeacon et Voisin), la compression a été une fois assez forte pour lui faire reprendre l'air et le laisser obéir à sa vitesse restante qui l’a envoé à 10 m. de son premier point d'atterrissage.

Ci-contre un tableau de calcul donne les records de qualité et de légéreté spécifique obtenus. Le jurv a décidé de ne pas publier les records de faible pente en raison de l’impossibilité de relever la projection horizontale des trajectoires pour Ja plupart en spirale : il a émis également le vœu que la Commission sportive n'homologue pas les records obtenus en raison, du peu de certitude des mesures qui englobaïient à la fois la période du mouvement accéléré de l’abatée et la période du mouvement uniforme qui la suit et qui est la seule intéressante (1).

En conclusion, la Commission satisfaite de la tenue remarquable de quelques appareils et de l'intérêt que prenait au concours un public nombreux, se sent encouragée à continuer son effort dans le même sens, en organisant des réunions plus importantes munies de moyens de mesure meilleurs, permettant d'effectuer avec certitude les calculs délicats, indispensables à l'établissement des records.

Le Secrélaire rapporteur,

(4) Voir le tableau de la page 71.

Imp.Wellhoff et Roche,55,r. Fromont,Lev.-Perret. Le Directeur-gérant : GEORGES BESANC£

Directeur-Fondateur : GEORGES BESANÇON

13° Année — N° 4 Avril 1905

PORTRAITS D'AÉRONAUTES CONTEMPORAINS

Vicror Louer

C’est un de nos plus anciens aéronautes, un de nos meilleurs sportsmen et l’un des hommes qui ont le plus activement contribué à la vulgarisation de l’aéronautique, que nous sommes heureux de présenter aujourd'hui aux lecleurs de l’Aérophile en la personne de M. Victor-Charles Loue‘.

Né à Paris, le 27 septembre 1865, Victor Louet commence à s'occuper d'aérostation en 1883, exécute sa première ascension en 1885 et pilole son premier ballon en août 1886, ayant à bord deux passagers.

De son passage au bataillon des aérostiers du ?° génie, à Montpellier, suivi d'un stage de deux ans à Chalais-Meudon, il rapportait avec les connaissances spéciales les PIE complèles un goût plus vif que jamais pour l'aérostalion.

Depuis cette époque, la liste de ses voyages aériens dont certains remarquables surlout par la précision des manœuvres el l’intelligente organisation des observations et des recherches, s’est formidablement allongée. Un des premiers, alors qu'il élait encore au régiment, Victor Louet prenait, en ballon, de bonnes vues photographiques et oblenait, durant l'Exposition, le premier prix du concours de photographie aéronautique.

Lieutenant d'aérostiers de réserve en attendant sa promotion prochaine au grade de capilaine, Victor Louet esl président-fondateur de l’Académie aéronautique de France, société de vulgarisation scientifique qui doit à ses brillantes qualilés d'administrateur el à ses rares capacités lechniques, une prospérité toujours croissante. I1 la dolait récemment d’une nouvelle revue technique, L'Aérostation, dont il est le directeur et où il continuera par la plume le bon combat pour le développement et les progrès de l’art qui lui est cher.

Grâce à son activilé peu commune el malgré d’absorbants labeurs professionnels, Viclor Louet trouve le lemps de professer à tilre purement gratuit à l'Association Polytechnique el préside la Sociélé de Secours mutuels, Les Hospitaliers Français, avec un dévouement et un succès qui lui ont valu successivement la médaille de bronze et la médaille d'argent de ia Mulualilé.

Dès 1900, il était nommé Due d'Académie, distinction bien mérilée par les services rendus à l’idée aérienne.

A. pe NasrraAnD

BULLETIN OFFICIEL DE L’AËERO-CLUB DE FRANCE

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