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EN FRANCE

Campagne d'automne du dirigeable ‘ VILLE-DE-PARIS ”

Bien que nos lecteurs aient été tenus au jour le jour au courant des ascensions récentes du Ville-de- Paris, nous croyons devoir grouper, en un article spécial, la relation complète de la dernière campagne d'essais de cet aéronat militaire.

On se rappelle que le dirigeable Vüille-de-Paris offert à la Défense nationale par M. Deutsch de la Fleurthe, s'était rendu de Sartrouville à Verdun par la voie des airs, le 15 janvier 1908, conduit par M. Henry Kapferer, son habile pilote, et par le comnandant Bouttieaux, accompagnés du mécanicien Paulhan. (Voir Aérophile du 1 février 1908.)

Depuis cette époque, le dirigeable subit diverses modifications : le volume a été augmenté et porté à 3.600 m', par un accroissement de longueur, qui a dcnné au ballon 66 mètres de longueur totale. Une nouvelle hélice de 6 mètres de diamètre, à pas un peu plus faible que celle de l'année dernière, a été construite; elle permet actuellement au moteur de tourner à 900 tours, ce qui correspond à une puissance d'environ 80 HP. Un démultiplicateur actionne cette grande hélice avec une vitesse de 180 tours seulement, condition très favorable à un bon rendement. Enfin, diverses améliorations de détail inspirées par les expériences récentes ont été apportées à la nacelle; en particulier, une passerelle surélevée a été organisée pour les pilotes, comme dans le Clément-Bayard. Les divers travaux ont été exécutés par la Société « Astra ».

Une campagne d'automne avait été prévue pour ia réception du ballon ainsi modifié et pour l’instruction des équipages. Elle vient d’avoir lieu à Verdun, du 25 octobre au 5 décembre 1908.

Pour cette campagne, les équipages ont été convoqués au complet (commandant Bouttieaux; lieutenant Delassus; M. Surcouf, M. Kapferer, souslieutenants de réserve; sergent de réserve Paulhan et sergent Allemand, mécaniciens).

Le gonflement à été commencé le 25 octobre et s’est effectué à l’usine du pare à ballons de Verdun, installé près du village de Belleville. Il s’est terminé le 30 octobre, et on à procédé aussitôt aux travaux de réglage de la suspension ainsi qu'aux derniers aménagements de la nacelle.

La première ascension à eu lieu le 16 novembre 1908; étaient à bord le commandant Bouttieaux, le lieutenant Delassus, M. Kapferer, deux mécaniciens. Le départ s'effectue à 2 h. 8 du soir et le dirigeable décrit des orbes au-dessus de Verdun, lorsque, brusquement, on voit le moteur emballer en dégageant des torrents de fumée noire, qui font craindre aux nombreux spectateurs un commencement d’incendie ; puis l’hélice ralentit jusqu'à s'arrêter. Le moteur continue à tourner et il semble qu'il a dû y avoir

rupture du démultiplicateur, constitué par un harnais d’engrenages droits réunissant l'arbre du moteur et l’arbre de l'hélice. Bientôt on voit le ballon se mettre en descente, puis, poussé par le vent, atterrir sur le terrain de manœuvres de Jardin-Fontaine, avec l’aide d’un détachemeut d'infanterie. Un examen du démultiplicateur montre que la douille maintenant le petit pignon d’engrenage sur son arbre à été cisaillée; la réparation ne pouvant être exécutée sur place, le commandant du ballon prend immédiatement des mesures pour transporter le ballon à bras jusqu’à son hangar, distant d’environ G kilomètres. Le détachement d’aérostiers, appelé par téléphone, arrive bientôt et, aidé par une compagnie du 6° bataillon du Génie, commence le transport à 2 h. 45.

L'hélice a été démontée. L’équipage (commandant Bouttieaux, sous-lieutenant Kapferer, mécanicien Paulhan), reste dans la nacelle pour parer à tout événement imprévu et assurer l’atterrissage du ballon dans le cas où il viendrait à être lâché. Des sapeurs soulèvent la nacelle à bras, tandis que des aïdes maintiennent les cordes de manœuvre fixées à l'avant et à l'arrière du ballon. Le temps est heureusement favorable et le vent faible.

Après avoir contourné la ville, puis suivi les prairies du bord de la Meuse, on arrive à 5 heures au pied du talus de la voie ferrée Verdun-Metz, d’une hauteur de 10 à 12 mètres, et qu’il faut franchir pour traverser la Meuse sur le pont du chemin de fer.

Le passage est très étroit et présente de grosses difficultés, en raison de la présence de grands peupliers ; de nombreux poteaux télégraphiques, mâts de signaux, etc. Des lanternes et quelques phares d’automobile éclairent la marche. Le ballon franchit le talus, défile sur le pont, la nacelle étant soutenue par les sapeurs, puis redescend sur l’autre rive dans les prairies avoisinant le parc à ballons. A 6 h. 1/2, le transport est heureusement terminé, et le ballon rentré dans son hangar.

L'opération, que l’on aurait certes pas osé tenter sans nécessité, a été des plus instructives et a pu être menée à bien, grâce au zèle et à l’activité déployée par tous; aussi les braves sapeurs aérostiers témoignaient-ils une joie intense en voyant le ballon réintégrer son garage.

Les réparations nécessaires furent effectuées du 17 au 20 novembre et, après de nombreux essais à poste fixe, destinés à vérifier la résistance des transmissions, les ascensions sont reprises dans l’ordre ciaprès :

Le 24 novembre, à 9 h. 5 du m.: ascension de réglage: durée, 25’. Aéronautes: commandant Bouttieaux, lieutenant Renaux, sous-lieutenant Kapferer, 2 mécaniciens. Evolutions sur Verdun.

Dans l'après-midi du même jour, ascension de reconnaissance des ouvrages fortifiés placés à l’est de la place, vers Montfaucon. Aéronautes: commandant Bouttieaux, sous-lieutenant Kapferer, lieutenant Delassus, deux mécaniciens. De 1 h. 55 du s. à 3 heures.

27 novembre. — De 9 h. 7 à 9 h. 56, ascension au-dessus de la vallée de la Meuse. Aéronautes: commandant Bouttieaux, sous-lieutenant Kapferer,

deux mécaniciens. Reconnaissance dans la vallée de Ja Meuse:

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