‹ L'Aérophile (volume 3)Chapitre 299 sur 698 · LA QUERELLE DES HÉLICOPTÈRES · texte numérisé non relu

LA QUERELLE DES HÉLICOPTÈRES

Féponse à M. Alexandre Sée (>)

Dans le dernier numéro de l'Aérophile, je suis terriblement pris à partie par M. Sée, à cause de mon article sur les hélicoptères, mais comme la mécanique est encore plus maltraitée que moi, par l'ancien élève de l'Ecole Polytechnique, je men console aisément, me trouvant en bonne compagnie. A celte occasion, M. Sée nous sort une série d'arguments qui sont réellement peu ordinaires. Ainsi, par exemple, il prétend que le principe des quantités de mouvement n’est pas applicable à l’air parce que ses molécules ne soni pas assimilables à des points matériels ! et c'est à cela qu'il attribue ma soi-disant erreur qui consiste à considérer la pression x, due à la vitesse V, comme égale à 1/2 MV et non pas à MV, comme il le croit à tort. L'air serait-il cent fois plus matériel qu'il n'est, que cela n'empêcherait pas la pression +, d'être égale à 1/2 MV, car si elle était égale à MV, le travail, qui n’est autre que + V, serait égal à MV* et non pas à la puissance vive 1/2 MV*. Mais la perle de cette collection est le

raisonnement qui se rapporte à la formule V— V3, identique à celle qui sert de fondement à la dynamique,

VE V2gh,

et dans laquelle la hauteur de la colonne d'air h, exprimée en mètres, a été remplacée par une colonne d'eau &, exprimée en millimètres, de façon que h = 0,816L; en parlant de cette formule, M. Sée déclare qu'elle est non seulement empirique, mais encore fortement fausse, et il cherche à le prouver en affirmant que l'on peut arriver à augmenter cette pression Ÿ, due à la vitesse V, dans le rapport de choses En raisonnant de le sorte, M. Sée

le

; est fatalement acculé au mouvement perpétuel. En effet, si l'on admet qu’une vitesse V d'écoulement d’un fluide puisse produire une pression 2,5 fois supérieure à la pression due à cette même vitesse et qui est détler-

: V : : L minée par la relation h non en mètres d'air, ou bien ÿ

d= —en millimètres d’eau, il devient possible d’uti-

liser cet excédent de pression à produire le mouvement

perpétuel. Voilà donc où en arrive l’ancien élève de

l'Ecole Polytechnique. Il est évident que, dans ces con-

ditions, il m'est impossible de continuer la discussion,

c’est pourquoi je m'en abstiendrai dorénavant.

S. DRZEWIECKI

Réponse à M. Drzewiecki

M. Alexandre Sée à qui, selon nos habitudes d'imparlialilé, nous avons donné communication de la réponse de M. Drzewiecki, nous prie simplement de la faire suivre du bref mot suivant :

« Pour toute réponse, M. Drzewiecki recommence à me faire dire ce que je n'ai pas dit. Avant de combattre mes arguments, qu'il veuille bien se donner la peine d'en prendre connaissance exacte. »

ALEXANDRE SÉE

(1) Voir Aérophile des 1° mars, 1° avril, 1" mai 1909. 2) Voir Aérophile du 1” mai 1909.

Les Wright en Amérique, — [Le 11 mai, le paquebot Aronprinzessin-Cecilia sur lequel avaient pris place Wilbur el Orville Wright et miss Katherine Wright, est arrivé à New-York. Une vérilable flotille était allée à la rencontre des célèbres avialeurs ; l'Aéro-Club d'Amérique et diverses autres associations avaient envoyé des délégations.

Après s’êlre tiré à grand peine des griffes des reporters et des photographes, les Wright, acclamés par une foule énorme, se sont rendus au déjeuner offert en leur honneur, au Waldorf Astoria Hôtel, par l’Aero- Club of America. Le lendemain, ils visitaient le siège social de l’Aéro-Club et de l’Automobile-Club d'Amérique, assistaient au déjeuner offert par le Lawyers- Club et parlaient dans l'après-midi pour Dayton.

La réception qui les y attendait fut encore plus enthousiaste que celle de New-York. Désireux de leur faire oublier une longue indifférence à leur endroit, les concitoyens des Wright attendaient à la gare où la bienvenue leur fut officiellement souhaitée. La foule, continuant son ovation. suivit, en courant, la voiture qui emportait les Wright jusqu'à leur maison, près de laquelle avait été érigé un superbe arc de triomphe.

La Médaille qui sera remise aux Frères Wright, le 15 juin par le président Taft

Comme nous l'avons dit, M. Taft remettra le 18 juin, aux frères Wright, à tilre de récompense nationale, deux médailles d'or frappées en leur honneur. La cérémonie aura lieu à la Maison Blanche. Le corps diplomatique, le Conseil des ministres et le Congrès national assisteront à cette solennité. C’est là un honneur sans précédent qui rejaillit, par contre-coup, sur l'Aéro-Club of America.

Les médailles offertes aux Wright, dont on voit ci-

contre une reproduction, ont 75 millimèlres de diamètre. Elles sont l'œuvre de M. Victor Brenner, sculp-

teur d'origine bohémienne, fixé depuis longtemps à New- York et à qui l'on doit entre autres œuvres remarquées, la médaille du Canal de Panama avec l'effigie du pré-

sident Roosevelt et la nouvelle pièce de « one cent », laquelle porte, pour la première fois aux Etats-Unis, l’effi-

sie d'un personnage historique : celle du président Lincoln, dont le centenaire tombe en 1909. Le prix des deux médailles d’or qui seront remises aux Wright est de 7.500 francs, auxquels s'ajoutent 1.500 francs pour les coins destinés à frapper 50 répliques en bronze el 5 en argent. Les souscripteurs de 75 francs au moins,

ont reçu une réplique en bronze el ceux qui ont souserit

250 francs au moins, une réplique en argent.

256 1" Juin 1909

Les élèves de Wright à Pau. — M. Paul Tissandier a donné le 7 mai une leçon de dix minutes à M. René Gasnier. Les aviateurs quittèrent le champ d'aviation annonçant qu'ils continueraient leurs essais le lendemain. L'appareillage de l’aéroplane a été effectué par les élèves de M. Tissandier : MM. G. Garnier, R. Gasnier, Alfred Leblanc et Schreck.

Le 9 mai, M. Paul Tissandier, sur la demande du maire de Pau, désireux de montrer un vol aux membres du Congrès réuni à Pau, a consenti à faire un essai à bord du vieil appareil de Wilbur Wright.

L'essai a parfaitement réussi, et quand le sympathique aviateur reprit contact avec le sol, il fut chaleureusement applaudi par les assistants, parmi lesquels se trouvait Edmond Rostand.

Paul Tissandier vole 1 h. 2 m.

Le 20 mai, au Pont-Long, près Pau, à bord de l’aéroplane de Wilbur Wright, muni d'un des nouveaux moteurs construits sur le modèle du moteur des Wright, Paul Tissandier prenait son vol à 7 h. du s. Il tint l'atmosphère durant 1 heure 2? minutes, couvrant 57 kil. 500. Le contrôle était assuré par les commissaires de l’Aéro-Club de Beéarn et de la Commission d’aviation de l’Aéro-Club de France.

Par cette superbe performance, Paul Tissandier se classe immédiatement après Wilbur et Orville Wright, ravissant la troisième place à Henri Farman dans le tableau des plus grands vols mécaniques qui s'établit ainsi par aviateurs :

W. Wright, 31 décembre 1908, à Auvours : 124 k. 700 en ? h. 20° 23”. Records du monde de durée et de distance et Coupe Michelin 1909.

O. Wright, 12 septembre 1908, à Fort-Myer (U. S. A.) : 1h. 15° 20”. Distance non mesurée. Record américain.

Paul Tissandier, 20 mai 1909, au Pont-Long, près Pau : 57 kil. 500 en 1 h. 2? m. Nouveaux records français de durée et de distance.

; GE FAren, ë septembre 1908, camp de Châlons : 42 kil. en 43 minutes, anciens records çai à cl de distance français de durée

. Paul Tissandier confirme brillamment la belle impression causée par son rapide apprentissage et eapre miers succès d’aviateur. Entrainé à tous les sports habitué à l'atmosphère par une longue carrière d'aéronaute, automobiliste de la première heure prudent et méthodique comme son maître Wilbur Wright il était aisé de lui prédire un bel avenir. Ses élèves et amis, René Gasnier et Alfred Leblanc. qui abordent le nouveau sport avec une préparation et des aptitudes à peu près semblables, ne peuvent manquer d'y rencontrer à leur tour le même succès. ;

Les expériences de M. Louis Bre — L'

x c A. guet. L'aéroplane Breguet-Richet II bis, de M. Louis Breguet, ‘dont nous avons publié une description détaillée dans l'Aérophile du 15 avril, avait commencé dans les premiers

L'aéroplane Breguet-Richet II bis, lors des essais préliminaires

du début d'avril

jours d'avril des essais des plus satisfaisants. M. Louis Breguet se préparait à des expériences décisives. lorsqu'un ouragan a démoli le hangar de La Brayelle, près Douai. où l'appareil était abrité. L'aéroplane a été du même coup complètement détruit. Seuls le moteur, les transmissions aux hélices. les boîtes de coniques et les moyeux d'hélice pourront resservir, ainsi que quelques

pièces accessoires, entre autres les freins amortisseurs. La reconstruction de la machine ne pourra s'achever que vers la fin de l'été.

D'autre part, deux des nouveaux aéroplanes biplans, de M. L. Breguet (voir Aérophile du 15 avril, p. 177).

Leshangar de M. Louis Breguet, à La Brayelle, près Douai, = détruit par un ouragan

prendront part au concours d'aviation de Douai; le premier de ces appareils, muni d'un moteur Gobron- Brillié de 60 chevaux, entrera en essais au début de juin. Le nouveau hangar destiné aux aéroplanes biplans Breguet vient d’être terminé.

L'aéroplane Maurice Carron.

Notre photo représente le modèle réduit de l’aéro-

plane Maurice Carron, présenté le 10 mai, à l’Académie des Sciences, par M. Paul Painlevé.

Le modèle d'aéroplane à persiennes de M. Maurice Carron (Photo Branger)

Une particularité essentielle de l'appareil consiste dans la répartition en persienne de la surface portante qui se présente sous l'aspect d'un cadre rectangulaire dans lequel sont enchassés de nombreux volets fixes

l’Aérophile du 1°" Juin 1909 XII]

LES AÉROPLANES

des

FRÈRES VOISIN

sont payables

après un vol en circuit pilotés par l’acheteur

SÆ, Quai du Froint-du-Jour, S<+

BILLANCOURT (Seine) Tél. 167, Boulogne-s-Seine

ED ASP SAS

XIV l'Aérophie du 5° Jun 0

| Etablissement de Constructions Aéronautiques & de Paris |

LHÉROPLAES FES 2 DIABLE

Page 1