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FÊTE FLEURIE AÉRIENNE

La Stella, Aéro-Club féminin, prépare pour le 16 juin, sa première fête aérienne.

Après un déjeuner servi au parc de l'Aéro-Club de France, aux côteaux de Saint-Cloud, s’élèveront des ballons aux noms de fleurs et à la décoration fleurie. Ils laisseront pleuvoir, au moment du « lâchez-tout » en guise de gracieux adieu à la terre, une pluie parfumée de fleurs printanières.

Cette fête bien moderne, fête des fleurs new-style, connaîtra un succès des plus parisiens. Les membres de l'Aéro-Club de France, selon le vœu de leurs aimables émules féminines, seront certainement nombreux le 16 juin, à leur parc, où ils ont accès, comme à l’habitude, sur présentation de leur carte.

L'inauvuration de Port-Aviation

Le dimanche 23 mai, a eu lieu l'inauguration de Port- Aviation, le superbe aérodrome créé par la Compagnie d'Aviation, à Juvisy. Ce fut un grand succès populaire. Trente mille personnes avaient envahi, dès le matin, les tribunes et les pelouses. Quelques-unes d’entre elles restèrent jusqu’au soir ; cette persévérance leur permit d'assister, en fin de journée, à quelques vols intéressants de Delagrange ; mais, il faut bien le dire, au point de vue sportif, les résultats furent plutôt modestes.

Quelques incidents fâcheux, causés par l'insuffisance du service d'ordre, ne se renouvelleront plus, espéronsle, lorsque les organisateurs, éclairés par l’expérience, auront pris un peu plus conscience des difficultés de leur tâche et de leur responsabilité.

Cette journée du 23 mai donne raison au capitaine Ferber qui émettait récemment, ici même, dans son article L'Aviation et les Spectacles, du 15 mai, l'avis que, dans l’état actuel de l'aviation, il était peut-être prématuré de convoquer le public à des courses d’aéroplanes pour une date fixe.

Il conseillait d'adopter la méthode de Wright, à Pau, en annonçant simplement des expériences scientifiques qui se feront lorsque l’aviateur le pourra ou le voudra. On ne convoque personne à jour fixe, mais tout le monde peut entrer quand bon lui semble, en payant le prix convenu.

À vrai dire, cette méthode, appliquée à Monaco, où la course demeura ouverte pendant trois mois environ, en laissant aux aviateurs liberté absolue dans le choix de leur heure, n'en a pas moins été un échec complet.

Elle est cependant plus rationnelle et plus conforme aux possibilités actuelles. Ceci dit, voici, en quelques mots, la physionomie de la journée :

Le vent ne soufflait guère qu'à trois ou quatre mètres à la seconde. Malheureusement, il était fort gênant, parce qu'il prenait par le travers la piste de départ tracée dans l'herbe. Si la pelouse avait été rasée, les départs auraient pu être pris n'importe où et les aviateurs n'auraient pas été obligés d'attendre le calme du soir. Il y a là une petite amélioration matérielle qui s'impose.

Sur neuf aviateurs inscrits pour le prix Lagâtinerie, quatre seulement étaient présents : MM. Léon Delagrange, Rougier, de Pischoff et de Rue. Ces deux derniers s'étant désistés, Léon Delagrange et Rougier devaient rester seuls concurrents.

Le public attend d’abord patiemment le début des vols, puis commence à donner quelques signes d’énervement. Le concours de cerfs-volants, qui fut le triomphe de charmants petits monoplans chinois, aide à tuer le temps. Voici les résultats : 1° prix : coupe d’une valeur de 100 francs, M. René Philippart; 2° prix médaille de l'Auto, M. Pe-Sé-Tong. Viennent ensuite : Mlle Bourdier, MM. Marcel Philippart, Aubont.

A 4% h. 15, Delagrange, sur le vieux biplan Voisin qui lui servit en Italie, prend un premier galop d'essai et vole quelques mètres. La foule envahit la pelouse, entoure Delagrange et l’interpelle violemment. L'aviateur, merveilleux de sang-froid, réussit à calmer le publie ; à 5 h. 15, il repart et franchit la moitié de la piste, à 5 mètres de haut environ, aux applaudissements du public. L'heure est venue de disputer le prix de Lagâtinerie, principale épreuve de la journée. Il s’agit, on le sait, de voler 12 kilomètres et, si personne n'v réussit, de faire au moins deux tours de piste en plein vol. ;

A partir de 6 heures, Delagrange exécute trois tentatives successives : à la troisième, on le voit revenir avec son équilibreur ployé. À 6 h. 45, Rougier se met à son tour en piste; son départ est impressionnant ; malheureusement, la guigne s'en mêle ; alors qu’il volait encore tout près du sol, deux spectateurs, assis dans l'herbe, se redressent brusquement à son approche ;: Rougier donne un violent coup de barre pour les éviter et il y réussit, mais l'appareil a plongé de l'avant et l'équilibreur se brise sous le choc. ;

Delagrange demande alors à M. Quinton l'autorisation de se servir du beau biplan Voisin, moteur Antoinette de 50 chevaux, toile Continental, de la Ligue Nationale Aérienne. garé sous un des hangars; somme de 4.000 francs sur les 5.000 francs du prix, si celui-ci est gagné. Dans le but de calmer l'énervement des spectateurs, et malgré ces conditions draconien- M. Quinton y consent, mais exige pour la Ligue une nes, Delagrange repart sur ce nouvel appareil, à 7 h. 10; il commence alors un superbe vol des plus aisés ; le premier tour est fait à 5 mètres de haut ; le deuxième, le troisième et le quatrième atteignent peu à peu 15 mètres. Le brillant aviateur descend avant la fin du cinquième tour, salué d’une ovation enthousiaste. Le vol a duré 1018” 3/5: le parcours officiel, mesuré à la corde. est de 6 kilomètres ; la distance réelle, en raison de l'ampleur des virages. peut s'évaluer à 11 kilomètres. Les conditions du prix Lagâtinerie sont donc remplies. + ’ À

Rougier qui avait fait aisément, le matin, 11 tours en plein vol n'a cependant pas perdu: espoir : con appareil est réparé, mais le vent s'élève et tout le vol devient impossible. $

Les derniers spectateurs se retirent.

MARCEL MATHIVET

Conférence Spelterini. — La Conférence de M. Spelferini sur ses traversées aérostatiques par dessus les Alpes et au dessus du désert de Lybie, organisée le 21 mai, au grand amphithéâtre de la Sorbonne, à l’occasion du Congrès national du Club Alpin, a obtenu un très vif succès. Nous en donnerons prochainement un compte rendu détaillé.

Le directeur-gérant : G. BESANÇON IT CCHEUTEG ENQUETE,

——————————————— "NN D des-Vicloires e = Sté An. des Imp. WELLHOFF et ROCHE, 16 et 18, rue N.-D.-des-Victoires, Paris. — ANCEAU, direct.

l’Aérophile du 1° Juin 1909 XIX

RECHERCHES AERONAUTIQUES

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