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29 mai. — Chimère (350 m'). M. Perpette, De Firminy, 16 h. à Laussonne, 16 h. 50. 70 kilomètres en 50 minutes.
30 mai. — Chimère (350 m'). MM. A. Perpette et Bertail. De Firminy 12 h., à Montbrison 14 h. 40 kilomètres en 2? heures.
6 juin. — Risque-Tout (900 m'}. MM. R. Leblanc, Lemoine et X. De Vanves 15 h. 15, à Etampes 19 h. 44 kilomètres en 3 h. 45.
13 juin. — Anjou (1.130 m°). MM. Cormier, Guérin, et Gonzalès Ozcariz. De Rueil 23 h. 15 à Sancoins (Cher), 10 h. du m. 245 kilomètres en 10 h. 15.
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Les Hérohautes de la ‘Stella’
Mme Desfossés-Dalloz
Pour propager parmi les femmes le goût du sport aéronautique, les promotrices de l'Aéro-Club féminin Stella, ont choisi le meilleur moyen : l'exemple. Plusieurs d’entre elles ont déjà inscrit pas mal d’ascensions à leur carnet de route. Leur présidente, Mme Ed. Surcouf, vient de conquérir brillamment son brevet de pilote de l’Aéro-Club de France. Leur vice-présidente, Mme Desfossés-Dalloz, a déjà fait à bord de son charmant sphérique, le Bobby, de 800 m°, quatre excursions aériennes. La première eut lieu le 13 octobre 1907 ct se déroula en #4 h., de Rueil à Juny (Aisne) La seconde, le 2 novembre 1907, s’acheva tout près de la mer, sur les dunes de Saint-Valéry-sur-Somme, Un double orage des plus inquiétants vint écourter la quatrième terminée prématurément à Orly (Seine) ; et la troisième fut une simple mais exquise promenade aérienne de Dreux à La Fontaine-Hendebourg, près Louviers.
Pour décider les hésitantes et pour donner la réponse d'une femme aéronaute aux dernières objections féminines, Mme Desfossés-Dalloz nous pardonnera de reproduire, fort indiscrètement, ces quelques fragments d’une lettre où elle résumail ses impressions de tourisme aérien :
« Comment rendre l'impression inoubliable d'un premier voyage aérien, coordonner les souvenirs, traduire les sentiments d’adniation, de charme, d'éblouissement que j'éprouvai et que je retrouve à chaque nouvelle ascension ? Il est bien entendu que je ne parle ici que pour les profanes, pour ceux qui se refusent à connaître cet enchantement, par peur de dangers imaginaires, par crainte d’un vertige « pourtant inexistant.
« Il ne semble pas que :'on monte en quittant le sol mais qu’on demeure stationnaire tandis que la terre se creuse sous vos pieds. Puis, c’est la joie enfantine des objets terrestres progressivement rapetissés, des arbres, des édifices réduits à des proportions minuscules. Déjà les rivières ne sont plus que des rubans argentés sur le damier multicolore des prairies et des champs, dont les teintes disparates et heurtées font songer au manteau d’Arlequin. Mais plus haut tout s’harmonise, le spectacle prend sa véritable et grandiose ampleur... »
« À voguer ainsi, perdu dans l'infini de l’éther azuré, combien nos préoccupations journalières perdent de leur valeur. Soucis, chagrins, paraissent moins graves au sein de ce calme apaisant, de ce silence absolu. On respire plus librement un air plus pur, la vue s'aiguise, un bien-être s’accuse ; on se sent mieux portant, meilleur aussi peut-être... sans doute parce qu’on s’est rapproché des cieux.
« C'est un rêve que l’on fait, rêve sans cesse varié, cär jamais, sans doute, nous ne tracerons dans « l'océan atmosphérique le même sillage, nous ne do-
RIRIANRT RIRE ANRIE
« minerons les mêmes collines, les mêmes forêts. Le « vent est notre maître, et son caprice nous mêne... »
Mme Desfossés-Dalloz ne méconnaît pas les merveilles des ballons dirigeables et des aéroplanes ; elle ne sera sans doute pas la dernière à prendre place dans les nouveaux engins. « Mais, ajoute-t-elle, je doute que notre cher vieux ballon sphérique puisse jamais être
(Photo Pirou) M9 DESFOSSÉS-DALLOZ à
Mme Desfossés-Dalloz, femme du distingué directeur du Monde Illustré, apporta dès la première heure aux promotrices de la Stella, son concours dévoué et l'appui de sa haute situation mondaine et artistique.
Au culte éclairé des lettres et de l’art qui lui valut la rosette d'Officier de lInstruction publique, M®e Desfossés-Dalloz, une des plus ardentes zélatrices de l'Association des Dames de la Croix-Rouge, sait allier la philanthropie et le patriotisme.
Comme beaucoup de nos charmantes contemporaines, elle a le goût profond el nouveau de la vie en plein air et ne craint pas de pratiquer les sports, car elle réussit a n'y rien abandonner de la grâce féminine. Ses préférences vont à l'aérostation qu'elle pratique depuis deux ans et dont elle est devenue, en qualité de vice-présidente de la Séella,une des plus actives, des plus sympathiques et des plus dévouées propagatrices.
oublié, abandonné, car rien ne remplacera la poésie, la splendeur de ses voyages à l'aventure, vers cet imprévu charmant dont on garde le souvenir délicieux, la nostalgie... incorrigiblement. »
I1 est difficile de plaider avec plus de force persuasive et de simple émolion la cause du ballon el de l’aérostation féminine.
312 1 Juillet 1909
Fète Hérienne fleurie ; 17 juin 1909
La fête aérienne fleurie organisée le 17 juin par l’'Aéro-Club féminin « Stella » au Parc de l’Aéro-Club de France a obtenu le plus vif, le plus complet succès. Bien que le jeune Club ait déjà donné d'heureuses et multiples preuves de son activité, c'était ce jour-là sa première manifestation officielle, quelque chose comme un début dans le monde, — dans le monde aéronautique et sportif, — de l’aé irostation féminine.
C'est assez dire avec quel soin, quel délicat souci du détail, quelle gracieuse ingéniosité, les dévouces dirigeantes de la « Stella » avaient préparé cette importante journée. Nous avons fait connaître les grandes lignes du programme. I] fut suivi de point en point.
La fête üébutait par un déjeuner servi dans le coquet Club-House du Parc des Côteaux. Il réunissait, sous la présidence de M. Henry Deutsch de la Meurthe, l’un des présidents d'honneur, piloles, passagères et membres de la « Stella ».
Dès l'ouverture des portes à 2 heures, les invités de la « Stella » commencent à arriver. Par une gracieuse attention du Comité, les dames reçoivent à l'entrée une serbe dé fleurs et il est fait une ample distribuuon du joli pose orné d'un artistique dessin d'Atamian, du Monde Illustré. Les fleurs se retrouvent d’ailleurs partout : a cercles des ballons élégamment décorés auxquels elles servent aujourd'hui de marraines, sur les terrasses gazonnées du Parc, bientôt envahies par le chatoiement des claires toilettes de la saison. Noté dans l'assistance :
Mmes Ed. Surcouf, présidente de la « Stella » ; Louis Blériot, Desfossés-Dalloz, Max Vincent, vice-présidentes : Airault, secrétaire générale ; Mlles J. Tissot, J. Charpentier, Mmes Abulfeda, Savignac, membres du Comité ; MM. Henry Deutsch de la Meurthe, Robert Esnault-Pelterie, Ernest Archdeacon, Ed. Surcouf, le comte de Castillon de Saint-Victor, G. Besançon, Louis Blériot, Alfred Leblanc, Péan de Saint-Gilles, Echalié, Airault, André Roussel, M. et Mme Albert Omer- Decugis, M. et Mme Bellanger, Mile de Chardonnet, la comtesse Dico le marquis de Kergariou, MM. Victor Tatin, le commandant Bouttieaux, le comte de Chardonnet, Henry Kapferer, Dussault, le comte d’Aubigny, Capazza, A. Nicolleau, Georges Dubois, Guyot, Biendimé, Georges pRnenet, G. Bans, FE Reichel, Paul et Marcel Mathivet,
Mmes Raymond Poincaré, Francis Crozier, Maurice Bernard, M. Cassien-Bernard, Mlle P. Vincent, M. Max Vincent, Mme et Mlle Chaïlly, comte A. de Contades, marquis de Virieu, M. et Mme Soreau, M. et Mme Charlot, M. Coudert, Signard, Mme Jean Frappa, Mme de Gobillot, Février, P. Quinton, M. Aude, Chambert, Claudon, comtesse d'Abbe, Flourens, D° et Mme Malherbe, doctoresse Magnus, M. et Mme Bourdon,
Mme Echalié, Milles Valette, Dumont, Dufour, Rubiano,
MM. Kuce, J.-B. Monnot, Schmidt, Todwood, Mmes Valsamachi, Griffié, Lagrange, Meunier-Surcouf, Bourcart, Dussault, baronne Pichon, Serand, Nicora, Gravier, de Beaune, Kapferer, Carton, Michel Lévy, de Mellanville, Vallon de Pamas, Bechmann, Mlle de Villers, MM. Fafiotte, Guy et Mme, Grardel et Mme, Lebeau, Mazac, ropre Ducoux, Jacques Weisman et Mme, D' et Mme Savignac. M. Mme et Mlle Margerie, etc.
Tandis ‘ s’'achevait le gonflement des “ballons, le Comité de la « Stella » spécialement réuni, avait décerné à Mme Ed. Surcouf le brevet de pilote de la Société brevet vaillamment sue
Pendant que l’on écoute l’artistique concert de la musique du 31° de ligne, les préparatifs de départ se terminent. Mais une.très forte brise de 12 re à la seconde rend les appareillages particulièrement difficiles Grâce à l'expérience et à l'habileté des commissaires sportifs, MM. Ed. Surcouf, Péan de Saint-Gilles, Echalié, tous les départs ont été remarquablement réussis.
Le ballon Les Bluets (900 m°) s'élève le premier, monté par Mme Ed. Surcouf, pilote, accompagnée de Mme Airault et de Mlle Tissot. Le gracieux équipage féminin ne se laissa point intimider par les rafales’et fit preuve d’une parfaite crânerie. Les Bluets file à grande allure vers le sud-est, semant dans son sillage une pluie de fleurs.
S'élèvent ensuite : Les Roses (900 m‘) Pilote : M. A. Omer-Decugis ; passagères : Mmes A. Omer-Decugis el Desfossés-Dalloz. — Les OEillets (1.200 m°). Pilote: le
marquis de Kergariou ; passagères : Mmes Max Vincent et M. Savignac. — Les Pivoines {1.000 m’). Pilote : le comte de Castillon ; passagères : Mmes Abulfeda et Monnot ; passager : M. Airault. — Les Pâquereltes
(1.200 m°). Pilote : M. Guffroy ; pastagère : Mme Dumas ; passagers : MM. Dumas et Paul Abulfeda. — Les Hor-
Le ballon Les Bluets au départ. En nacelle, de gauche à droite : Mue Airault, Mile Tissot, Me Ed. Surcouf, pilote. (Éhoto Rol)
lensias Eee mn piloté par M. Aïfred Leblanc, accompagné de M. et Mme Louis Blériot. Ce dernier ballon partait pour un voyage de nuit, les cinq autres pour une simple promenade aerienne.
Les atterrissages se sont tous effectués d'une façon parfaite, malgré la violence du vent, terminant de la manière'la plus: heureuse une fête entièrement réussie et qui fait bien augurer des réunions que la « Stella » prépare pour la saison.
Grâce au: vaillant Aéro-Club féminin qui vient de donner une si éclatante preuve de sa vitalité, on peut juger des progrès incroyables de l'idée aérienne féminine. É
Le ballon Les Bluels, conduit par Mme Surcouf, esk descendu sans incidents à 7 h. 10, à Auxy, près Beaunela-Rolande, soit 110 kilomètres en ? heures. — Les Pivoines, à 8 heures, à Mouchecourt, près Malesherbes. — Les OEillets, à 8 heures, à Vievy, près Malesherbes. — Les Roses, à 8 h. 45, à Milly, près de la forêt de Fontainebleau. — Les Päâquerettes, à Milly.
Quant au ballon Les Hortensias, il tint l'atmosphère toute la nuit et ne jeta l'ancre que le lendemain matin, à 5 heures, sous la pluie, à Villemontais, près Roanne (Loire), après avoir franchi près de 400 kilomètres.
A MM. Vendome-Odier (|)
Est-il admissible qu’un incident soit décrété clos à la seule volonté ae qui, se voyant pris, fait diversion en cherchant à discréditer le sujet de la question, propriété d'autrui ?
Il ne s’agit pas de savoir si ces messieurs ont su tirer parti d'un principe et de son application que j'ai découverts et documentés il y a plus de onze ans, et fait breveter naguère, mais si leur dispositif avant de héurter le sol, ne s'est pas heurté à mon antériorité connue.
Cela ressort de ma revendication, mais point du tout de leur protestation. D' E. CouLon
(1) Voir « Réponse au docteur Coulon » dans l’Aérophile du 15 juin.
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Le directeur-gérant : G. BESANÇON
EC Sté An. des Imp. WELLxorr et ROCHE, 16 et 18, rue N.-D.-des-Victoires, Paris. — ANGEAU, direct.
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l’Aérophile du 1° Juillet 1909 XIX