L. DUTHEIL, R. CHALMERS & C*“, Constructeurs
81 et 83, ‘Italie, PARIS Téléphone 86-98 F Anna) eae Adresse tél. : DUGHALM-PARIS
l'Aerophile Soi
de force, permet le lancement rapide el progressif du train.
. Le seul inconvénient qu'il présente est de faire reposer l'équilibre de l'ensemble sur la stabilité de l’appareil de tête.
Manœuvre d’un train de cerfs-volants. — Pour mieux faire comprendre sur quelles bases doit se guider l'opérateur pour gréer un train de cerfs-volants nous exposerons sommairement les lois d'équilibre du cerf-volant isolé.
Equilibre. — On sait que le câble de retenue se fixe au cerf-volant par l'intermédiaire d’une patte d’oie appelée bride. Le sommet de la bride constitue un pivot autour duquel le cerf-volant tourne pour atteindre sa position d'équilibre. Cette position (fig. 7) correspond à une inclinaison telle que les forces en jeu, c'est-à-dire le « poids » qui tend à abaisser l'arrière du cerf-volant et l’ « action du vent » qui tend au contraire à le relever se compensent mutuellement.
Les bras de levier de ces forces (c'est-à-dire leur distance au point de rolation) sont inégaux et le plus grand est celui de la force « poids ». Si donc l'on dé-
lace le point d'attache en allongeant, par exemple, le brin arrière de la bride, le bras de levier de la force « vent » se trouve notablement augmenté et cette force devient prépondérante. L'équilibre est rompu et le cerfvolant doit se coucher davantage sur le vent pour trouver une inclinaison nouvelle permettant aux forces de se compenser à nouveau.
Un ragcourcissement de la bride aurait au contraire conduit à un abaissement de l'arrière du cerf-volant.
Bride de rendement maximum. — Parmi toutes les dispositions de bride qu'il est possible d'adopter il en est une qui permet d'obtenir le rendement maximum (1), c'est-à-dire le maximum de force de soulèvement pour le minimum de dérive horizontale. On peut déterminer expérimentalement cette bride optima en effectuant des lancement successifs de cerfs-volants avec des brides différentes, et en mesurant chaque fois la force de soulèvement obtenue et la dérive.
Ces mesures s'effectuent de la façon suivante :
Le cerf-volant planant à une faible altitude (fig. 8) et l'extrémité du câble étant convenablement fixée au sol, on suspend une surcharge telle que la portion de câble comprise entre le point de suspension et le sol soit horizontale. Il est évident qu'à ce moment, la valeur de la surcharge représente la FORCE DE SOTLÈVEMENT du cerf-volant (déduction faite de son propre poids) et la composante horizontale : la DÉRIVE.
Gréement du train. — [Le cerf-volant « pilote » esl toujours gréé avec la bride de rendement maximum. Il
(1) Cette bride correspond à un planement de cerfvolant sous un angle de 12 à 14°.
est lancé avec un câble spécial de 80 m. de longueur, environ. Ce cerf-volant plane donc au-dessus des tourbillons, qui règnent près du sol, pendant que l’on procède au montage du train. :
Les cerfs-volants « d’attelage » sont fixés par leur
Fig. $.
bride au câble. Leur bridage est plus long que celui du pilote (1) et calculé de telle façon que leur position d'équilibre étant atteinte, les cerfs-volants effleurent à peine de leur tête le câble incliné à 57° qui passe devant eux. Afin d'éviter toute embardée intempestive pendant le vol et de faciliter d'autre part l'élévation des cerfs-volants d’attelage pendant qu'ils sont près de terre et qu'ils n'offrent encore aucune prise au vent, on retient leur celiule antérieure près du câble au moyen d'une courte palte d'oie.
La distance entre le cerf-volant « pilote » et le premier cerf-volant « d'attelage » est égale à la longueur du câble spécial de lancement du premier cerf-volant.
La distance entre deux cerfs-volants d'attelage est de 10 m. environ, mais elle peut être plus grande si le premier cerf-volant d’attelage n'est pas encore en prise au vent au moment où l’on fixe le second (?).
Câble. — Le câble de retenue des cerfs-volants doit présenter une résistance au moins égale à 250 kg. afin de ne pas se rompre si la vitesse du vent croît brusquement. Son poids devra être de 10 à 12 kg. pour 1.000 mètres (3).
Treuil. — La manœuvre du train de cerfs-volants s'effectue en général au moyen d’un treuil. Celui-ci doit être aussi robuste que possible et pouvoir être actionné
(i, Brin arrière de la bridé: plus long.
(2) Le gréement d'un train de ce système demande ? minutes à partir du moment où le pilote est en l'air. (3) Pour un vent passant de 10 m. à 20 m. les efforts
se quadruplent et la traction d'un train de 3 cerfs-volants de 5 m° passe de 53 à 210 kg. Il est évident que si le vent avait une vitesse notablement supérieure à 10 m. au moment du lancement du train, on réduirait à 2 le nombre des cerfs-volants employés.
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par 4 hommes (2 manivelles). Une poulie de renvoi transforme d'ailleurs, comme dans le cas du ballon, l'effort incliné du câble en effort horizontal de traction.
Lorsque l'on dispose d'un terrain étendu dans le sens du vent, on peut éviter la manœuvre du treuil en abattant directement le train au moyen d'une poulie rou-
… Jant sur le câble.
Elévation de la chambre photographique. — Le procédé le plus simple pour élever une chambre photographique consiste à la fixer directement au câble et à laisser filer celui-ci jusqu’à ce que l'on ait atteint une hauteur convenable.
Ce procédé offre de sérieux inconvénients lorsque l'on doit exécuter consécutivement plusieurs clichés. En effet, à chaque opération le nouveau pointage de la chambre et le Changement de plaques exigent que l'on ramène à terre l'appareil. On est donc obligé de manœuvrer Chaque fois tout le train des cerfs-Volants, ce qui est long et pénible.
Un procédé plus pratique consiste dans l'emploi d'un cerf-volant remorqueur (fig. 9). Le train de cerfs-volants réduit à ? appareils sert alors uniquement à tendre le
Train de 2 cerfs-volants
Cable. Celui-ci joue le rôle de rail aérien sur lequel roule la suspension, entraînée par un troisième cerfvolant. Un câbie secondaire spécial au cerf-volant remorqueur sert à retenir l'appareil pendant la montée et à le ramener à terre après l'exécution du cliché. On réalise ainsi les avantages suivants : manœuvre sim-
plifiée, et réduite à la montée et à la descente d'un seul cerf-volant ; stabilité plus grande grâce à la possibilité de laisser planer le train à une hauteur quelconque dans une région de vent parfaitement établi,
Les disposilions pratiques à adopter sont les suivantes : Le cerf-volant remorqueur doit avoir une surface minimum de 5 m° (1/3 de la surface totale nécessaire). 11 doit, en effet, remorquer suivant une pente de 40° un poids de 15 kg. environ (poids de l'appareil et du câble spécial de retenue). Un tel poids présente suivant la pente de 40° une résistance à l'entraînement de 10 kilos et le cerf-volant dispose suivant cette même pente d'une composante de traction égale à 1/3 de 38 kilos, soit environ 13 kilos. L’entrainement est done réalisé.
On doit, d'autre part, ne pas fixer l'appareil immédiatement sous le cerf-volant remorqueur. Celui-ci doit en effet rester suffisamment éloigné du sol, lorsque l’on ramène l'appareil photographique à terre, pour demeurer toujours en prise au vent, On interpose à cet effet entre le remorqueur et la chambre photographique un cäble d’acier long de 50 à 80 m.
Enfin le cerf-volant remorqueur bridé comme les cerfs-volants d'attelage est, guidé le long du câble par une patte d'oie (à cosse de cuivre) fixée à la cellule antérieure.
(4 suivre.) J. TH. Saccoxey
capilaine du génie
(NOUS publierons le plus tôt possible les deux derniers el très allendus chapitres de l'important travail du capilaine Sacconey, qui traitent de l'exécution des clichés photographiques et de leur utilisation Pour les levers.)
RP
Observations militaires par cerfs-volants montés. — À Bétheny, le capitaine d'artillerie Madiot fait d’intéressants essais des cerfs-volants observatoires de son invention. Le 17 octobre notamment, il se fit enlever par l'appareil à une centaine de mètres, y séjourna une dizaine de minutes, puis le vent s'étant Subitement calmé, redescéndit lentement, les cerfs-volants formant parachutes.
L'appareil du capitaine Madiot se compose essentiellement de deux séries de cerfs-volants biplans, d'une surface de huit mètres chacun ; d’une nacelle dans laquelle prend place l’aéronaute observateur et d’un cable d'acier enroulé sur un treuil monté provisoirement sur le train d’un caisson d'artillerie.
Les cerfs-volants de la première série, qu'on appelle les sustentateurs, servent à lancer et à maintenir dans les airs le câble d'acier sur lequel devra monter le trolley de la nacelle. Leur nombre est déterminé par le poids du câble, la force du vent et aussi par leur propre poids. Ils sont disposés en file à l’extrémité du câble. Le premier est lancé à quelques mètres en avant des autres pour servir de pilote.
La seconde série, les cerfs-volants remorqueurs, est également déterminée par le poids qu’elle doit entrainer. Les remorqueurs, comme leur nom l'indique, entraïnent la nacelle dans les airs suivant la direction du câble sur lequel monte le trolley. Lorsque l’aéronaute a atteint la hauteur qu'il désire, à l’aide d’un frein, il bloque le trolley sur le câble.
Pour varier sa hauteur, c’est-à-dire monter plus haut, il donne à ses remorqueurs, grâce à des cordages de commande, une position convenable après avoir débloqué son trolley, bien entendu. Les cerfs-volants remorqueurs montent ainsi jusqu'aux cerfs-volants sustentateurs. Pour gagner encore dé la hauteur, il suffit de dérouler le cäble adapté sur le treuil. La descente s'opère par la manœuvre des remorqueurs et par l'enroulement du câble d'acier: sur le treuil au moyen d'une manivelle ou à l’aide d'un moteur.
Dans ses expériences du 17? octobre, le capitaine Madiot a employé quatre cerfs-volants sustentateurs et autant de remorqueurs. Il s’est enlevé très rapidement à cent mètres de hauteur. Il avait fait dérouler 250 mètres de câble.
Le capitaine Madiot compte perfectionner son invention, et s'élever à 300 m. Î]l disputera le Prix Dollfus.
l'Aérophile du 1° Novembre 1905 XVI]
“ASTRA
Société de Constructions Aéronautiques (Nnciess Etablissements SURCOUF)
Seciété anonyme au capital de 1 Million de francs