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NÉCROLOGIE

Van Roosbek, secrétaire généraldela Société des Aéronautes du Siège, est mort le 30 décembre, dans sa 71° année.

Van Roosbek est le créateur de la postepar pigeons voyageurs. Après trois expériences concluantes, il quittait Paris, le 12 octobre 1870, à 8 h. 30 du matin. Parti de la gare d'Orléans à bord du Washington, ballon de 2.000 mètres cubes, il prenait terre à Carnières, près Cambrai, à 11 h. 30 du matin.

Van Roosbek, quiavait emporté 25 pigeons et 325 kilos de dépèches, gagna Tours où il organisa un service régulier de pigeons.

Van Roosbek reçut la médaille militaire pour prix de ses services.

PARIS, — IMPRIMERIE CHARLES BLOT, 7, RUE BLEUE. Le Directeur gérant : GEORGES BESANCON.

Directeur-Fondateur : Grorces BESANCON

10°: Année — N° 2 Février 1902

PORTRAITS D’AÉRONAUTES CONTEMPORAINS

Georges Baxs

L'Aéronautique confère à qui s y adonne un élément de beauté et de grandeur. À sa création concourent intégralement l'art et la science; son essence est panthéiste. L’aéronaute, libéré de l'espace, voguant dans l'infini, se perd dans l'immense ondulation de vie de l’'ample nature. Obéissant à un mouvement d’ascension, il monte, il s'élève, il plane, il règne, il choque du front orgueilleux la voûte d'azur, sentant battre son cœur de mille manières nou-

© : s +: ; L velles, et les heures, de fleurs couronnées, le mènent au sol, pour que la bouche de l'homme dise les choses profondes et merveilleuses entrevues.

Parmi les aéronautes français, M. Georges Bans est un de ceux qui ont voué à leur art une ferveur allant jusqu'au sacrifice.

L'espace nous fait défaut pour énumérer, avec les développements nécessaires, les vingt et quelques ascensions de M. Georges Bans. C'est l'épopée

de l'homme contre d'énormes puissances, invisibles, fatales, malveillantes, hostiles à l'audace, se plaisant aux jeux cruels et sournois, c'est le jeune héros luttant contre les sombres nuées de Donner le dieu, et les traversant avec la force invincible de la persévérance. Et tous les phénomènes de la nature agrandie, maJestueuse, dressant son énigme de la vie et de la mort se mélent à cette impression de haute poésie : le voyage en ballon.

Le Journal venait de tirer son premier numéro. M. Georges Bans se présenta chez Fernand Xau, devinant en ce directeur un esprit avisé et novateur, illui proposa une ascension de longue durée dans le plus grand ballon existant (3.450 mètres cubes), ce qui n'avait pas eu lieu depuis le fameux voyage du Zénith. Fernand Xau n'hésita pas et le départ fut résolu pour le 19 octobre 1892. MM. Georges Besançon, William Sossa et Louis Baïssas étaient de l'expédition, qui dura exactement dix-neuf heures treize minutes, de Paris à Marsac (près Angoulème, Charente). C'était alors le plus long voyage aérien. accompli sans escale, depuis les vingt-deux heures du Zénith, qui suivit du reste la même direction pour atterrir à Arcachon. L'ascension du Journal, en sus de son attrait scientifique et sportif, contribua à donner un nouvel élan à l'aéronautique qui stagnait depuis quelques années.

Les Souvenirs de Voyage en Ballon, de Georges Bans, publiés dans la Reoue Moderne et la Revue du XX° Siècle, ont été réunis en une brochure, aujourd'hui introuvable.

Membre de l'Académie d’Aérostation Météorologique, il fut nommé plus tard secrétaire de l'Union Aérophile de France.

M. Georges Bans voudrait voir les grandes associations d'encouragement organiser une campagne en faveur du « droit d’atterrir », pour assurer aux aéronautes le concours des autorités et des personnes instruites ; il en a déjà été parlé dans L’Aerophile.

Parmi ses inventions pratiques, signalons, dans son heureuse simplicité, la fameuse « cuiller des aéronautes », destinée à doser le lest.

L'un des fondateurs de L’Aérostat, devenu plus tard La France aérienne, M. Georges Bans débuta ainsi dans la presse aéronautique. Puis il fut secrétaire de la rédaction de L’Aérophile, aux côtés de M. Georges Besançon, directeur; fit ensuite la rubrique des Ballons au Journal, rédigea les notes aériennes à La Libre Parole, à La Patrie et enfin à L’Aurore, ce qui prouve surabondamment le dédain des ballons couleur du temps pour la versatilité politique !

Journaliste de profession, secrétaire et administrateur de plusieurs journaux, M. Georges Bans a toujours mené, en qualité d’aéronaute-amateur, le bon combat pour le progrès, el suil attentivement les transformations que présage la future dirigeabilité des ballons.

Entre temps, il s'occupe d'esthétique avec la Société du Nouveau Paris, dont il est fondateur, et l'importante revuz d'art La Critique, qu'il dirige depuis huit ans avec succes.

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BULLETIN OFFICIEL DE L’AÉRO-CLUB

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