COMMISSION DE CONTROLE ET D HOMOLOGATION
Réunion du mardi 4 février 1902
La séance est présidée par le Comte H. de La Vaulx.
Sont présents : MM. Besançon, Brossier, capitaine Draulette, H. Ducasse, Jacques Faure, H. Lachambre.
M: Georges Besançon, rapporteur, présente le relevé des distances parcourues en ballon par les membres de l’Aéro-Club qui ont pris part au Prix de la distance en 1901, fondé le 10 janvier par M. Ernest Archdeacon.
21 pilotes ont participé à 92 ascensions, qui donnent un total de 8.528 kilomètres 200.
Le comte de Castillon de Saint-Victor, ayant à son actif 1.765 kil. 500 pour 12 voyages aériens, est proclamé lauréat du Prix de la distance en 1901.
(Pour le classement, consulter le Bulletin de janvier, page 7.)
Assemblée générale du 7 février 1902
La séance, tenue en l'hôtel de lAutomobile-Club de France, est ouverte à 2 h. 15, sous la présidence du marquis de Dion.
Sont présents : MM. H. de La Vaulx, H. Deutsch de la Meurthe, colonel Monteil, P. Morin, Tardiveaux, H. Hervé, Dugout, Avigdor, G. Dubois, A. Nicolleau, colonel Strohl, E. David, P. de Cnamberet, G. Tinel, P. Lelong, de Bradsky, Mallet, Tatin, Turgan, F. Contour, Barbotte, J. Bloch, Roze, H. Ducasse, A. de Fouquières, Surcouf, Juchmès, G. de Castillon de Saint-Victor, Wikander, E. Unge, F. Peyrey, L. Maison, Besançon, Brisson, Janteaud, Delattre, Pariche.
Se sont excusés : MM. le comte de La Valette et Paul Rousseau.
ALLOCUTION DU PRÉSIDENT, M. LE MARQUIS DE DIoN.
Mes chers Collègues,
Pour la quatrième fois j'ai l'honneur de présider l'Assemblée générale de l'Aéro-Club.
Je suis heureux de l’occasion qui se présente à moi de rendre hommage à ceux de nos collègues qui ont tant contribué à la vulgarisation de la locomotion aérienne au cours de l’année qui vient de s’écouler.
L'année 1901, en effet, aura sa place très nette dans les annales de l’aérostation.
Grâce à l’activité de notre Société et en particulier aux retentissants concours de Vincennes, dans lesquels nos membres ont remporté de si brillants succès, l'esprit des foules se portait de plus en plus vers l'idée aérienne, quand il y a deux ans, sous la généreuse impulsion de M. Henry Deatsch de la Meurthe, donnant à l'Aéro-Club un prix de cent mille franes pour Le progrès de la locomotion future, ce mouvement prit une extension énorme dans le monde entier, aussi bien dans la presse que dans le public.
De toutes parts surgissent des inventeurs ; les projets d'appareils se multiplient ; certains même entrent dans la voie de l'exécution et Santos-Dumont, qui depuis plusieurs années déjà s'occupait de la question, redouble d'activité et, après de multiples tentatives, réussit, le 19 octobre 1901, à se faire attribuer le Grand Prix de 100.000 franes de l'Aéro-Cluk.
En provoquant une énorme publicité en faveur de l’aérostation, en stimulant le zèle des chercheurs, en donnant un regain d'actualité aux remarquables expériences de MM. Renard et Krebs, précurseurs, auxquels je tiens à rendre l'hommage qui leur est dû, en suscitant un intérêt considérable aux expériences de M. Santos-Dumont, M. Deutsch a done acquis un droit absolu à notre gratitude, car nous pouvons dire qu'il a contribué dans une large part à faire de l’année 1901 le point de départ d’une étape nouvelle.
Je ne peux à ce sujet que regretter que ces belles expériences n'aient pu se passer sans polémiques acerbes et incidents regrettables.
Les résultats particulièrement brillants acquis cette année par les membres de l'Aéro-Club, résultats que notre secrétaire général va vous exposer dans un instant, nous font un devoir de continuer dans cette voie en redoublant d'efforts et d'activité pour vulgariser de plus en plus nos idées.
Une nouvelle branche a été ouverte à l'aéronautique, je veux parler de la navigation aéro-maritime. L'expérience de M. le comte Henry de La Vaulx et de ses collaborateurs, MM. le comte de Castillon, Henri Hervé et le lieutenant de vaisseau Tapissier,a prouvé que contrairement à toutes les théories émises jusqu à ce jour, un ballon lancé sur la mer n'était pas un ballon à perdition. En effet, le Méditerranéen, à son premier voyage au-dessus des. flots, a battu facilement
tous les records de durée établis jusqu'ici sur terre, records obtenus au prix de mille difficultés.
Je suis heureux de rendre un hommage publie à nos collègues qui ont doté l'aéronautique de cette nouvelle voie, qui peut ètre fertile en conséquences heureuses. La marine y puisera une série de renseignements de la plus haute importance, et, dans une guerre navale, le ballon pourra jouer un grand réle.
Déjà l'année 1902 s'annonce sous de très heureux auspices, car, à en juger par les nombreux et sérieux projets élaborés, les manifestations aéronautiques vont se multiplier de plus en plus, manifestations que l'Aéro-Club encouragera par la création de nouveaux prix et concours. Notre tàche est d'ailleurs facilitée g'àce aux généreux Mécènes qui sont parmi nous et qui ont ncms Henry Deutsch de la Meurthe et Robert Lebaudy.
En eflet, le prix de cent mille franes n'était pas encore remis que nos collècues alimentaient la caisse de l'Aéro-Club par de nouveaux dons importants.
Je tiens à applaudir aux efforts des autres sociétés qui viennent autour de nous compléter notre œuvre, telle que la Société française de navigation aérienne, société d’études de projets et d'appareils, l'Aéronautique-Club, société d'instruction militaire, et enfin la Commission permanente internationale d'aéronautique qui, sous la haute présidence de M. Janssen, le savant directeur de | Observatoire de Meudon, s'occupe activement de toutes les questions se rattachant aux relations internationales.
En faisant des vœux pour la prospérité de ces actives et intéressantes sociétés, nous les assurons de tout notre appui.
Je termine, mes chers Collègues, en vous remerciant tous pour les concours dévoués que vous nous avez toujours prodigués et qui ont contribué dans une large mesure à aflirmer, dans notre pays et dans le monde entier, la puissance et la vitalité de notre grande Société d'encouragement.
RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL, M. GEORGES BESsANGON.
Messieurs et chers Collègues,
. Chargé par votre Comité de remplir à titre provisoire la fonction vacante de Secrétaire général, nous sommes heureux d’avoir à constater que la prospérité toujours croissante de notre Société d'encouragement à la locomotion aérienne s est accélérée d'une façon tout à fait inespérée.
. Nous devons commencer par déclarer que ce succès hors ligne est dû à l'admirable esprit d'initiative qui vous a tous animés, à la munificence intelligente de M. Henry Deutsch de la Meurthe, à l'énergie, au talent et à la prévoyance de notre cher Président, aux membres du Conseil qui l’assistent, au Président et aux membres de la Commission d'aérostation scientifique.
Déjà l'an dernier les ascensions de l'Aéro-Club avaient produit des résultats remarquables. Le compte rendu de l'exercice 1900 constatait : 14 ascensions ; 200.000 mètres cubes de gaz employés ; 30.000 kilomètres parcourus ; 1.200 heures de séjour dans l'atmosphère :
100 voyageurs.
Cette année, bien que nous n’ayons pas bénéficié de concours officiels comme ceux de l'Exposition où les frais étaient payés par l'Administration, nous enregistrons : : É
180 voyages aériens ; 221.220 mètres cubes de gaz employés ; 19.710 kilomètres parcourus : :
903 heures de séjour dans l'atmosphère; 510 voyageurs.
Su L AÉROPHILE 31
On voit qu'il existe une augmentation de 25 0/0 sur les ascensions, de 10 1/2 0/0 sur le gaz employé et de 35 0/0 sur les voyageurs.
Si le séjour en l’air et le parcours sont inférieurs aux chiffres de 1900, il faut remarquer qu'ils ont été obtenus par suite du développement pris par le tourisme aérien. En effet, cette année. on ne s’est pas préoccupé de battre des records, mais d'effectuer des voyages d'agrément.
En nous félicitant de ces résultats magnifiques, obtenus avec nos propres ressources, nous devons mentionner spécialement les ascensions organisées en partie aux frais de notre Société d'encouragement, à l'aide du crédit de 5.000 francs voté sur l’heureuse initiative de M. le comte de La Valette, notre dévoué vice-président.
Dans les 14 voyages à prix réduit, dirigés par les pilotes de l’Aéro-Club, les bénéficiaires, désignés par le sort, sont restés en moyenne cinq heures vingettrois minutes en ballon et ont franchi environ 120 kilomètres. È
La contribution demandée à chacun des 37 voyageurs qui ont pris part à ces excursions, étant de 50 francs, porte l'heure de présence en l'air à 9 fr. 30 et fait - ressortir le kilomètre parcouru à 42 centimes seulement.
Quelques-unes des ascensions exécutées par les membres de l'Aéro-Club, sont notables par suite de circonstances particulières. Quoique nous ne puissions entreprendre cet intéressant récit, nous ne pouvons passer sous silence les voyages par escales du comte de La Valette. Nous devons également attirer l'attention sur qu expéditions remarquables exécutées à bord de ballons dont le volume ne
épassait pas 700 mètres cubes, qui avaient été gonflés au gaz d'éclairage et dans la nacelle desquels deux personnes avaient pris place.
Le 2 juin, M. Etienne Giraud et un voyageur quittaient Bordeaux et franchissant 224 kilomètres, prenaient terre à Capens (Haute-Garonne), ayant passé seize heures en l'air.
Le 7 juillet, MM. Boulenger et Glorieux partis d'Alost (Belgique), descendaient à Saint-Germain de Montgommery (Calvados), après un séjour fe dix-sept heures et demie dans l'atmosphère et un parcours de 360 kilomètres.
Le 6 octobre, les mêmes aéronautes s’élevaient de Roubaix, et après 10 heures de voyage, atterrissaient à 820 kilomètres de leur point de départ, à Alt-Rüdnitz, dans la Prusse orientale.
Le 24 novembre, MM. Leys et Janets se rendaient du parc d’aérostation de Vaugirard à Brain-sur-Allonnes, près de Saumur, effectuant 243 kilomètres.
Que ne feront d'aussi habiles aéronautes avec des ballons extra légers et l’hy-
drogène pur qu'ils auront à leur disposition dans quelques mois?
Des prix importants, que nous devons à la générosité de MM. Henry Deutsch de la Meurthe, Robert Lebaudy et Ernest Archdeacon, ont récompensé les efforts et les succès de nos lauréats.
Par délibération du 1° avril, la Commission d'aérostation scientifique attribuait les 4.000 francs d'intérêt du Grand prix de 100.000 francs à M. Santos-Dumont, pour ses travaux sur la direction des ballons.
Au cours des mémorables expériences qui commencèrent le 12 juillet, votre Comité décidait, le 4er août, d'offrir à M. Santos-Dumont sa première médaille d’or, la plus haute récompense dont dispose notre Société d'encouragement.
Enfin, dans sa séance du 4 novembre, la Commission scientifique lui décernait le Grand prix de 100,000 francs de l'Aéro-Club, fondé le 24 mars 1900 par le Mécène de l'Aéronautique : M. Henry Deutsch de la Meurthe.
Le 2 juin, M. Jacques Balsan gagnait la coupe Robert Lebaudy, consistant en un superbe ballon en soie, d'une valeur de 6.000 francs. La coupe se courait à Bordeaux, sur la plus grande distance parcourue d’une seule traite. M. Jacques Balsan franchissait 374 kilomètres en 21 heures 13 minutes.
Il y a deux jours, votre Comité, sur le rapport de la Commission d'homologation, attribuait à M. le Comte de Castillon de Saint-Victor le prix de la distance.
On sait que ce prix, fondé le 10 janvier par M. Ernest Archdeacon, devait revenir à l’aéronaute, membre de l'Aéro-Club, qui, partant du département de la Seine ou du département de Seine-et-Oise, aurait parcouru en ballon, pendant l'année 1901, la plus grande distance en totalisant toutes ses ascensions. Le comte de Castillon a obtenu 1.765 kilomètres 500 pour 42 voyages. Notre éminent collègue a fait savoir qu'ilabandonnait le montant du prix pour la création d’un nouveau concours qu'il désignera sous peu.
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Nous sommes certainement votre organe en adressant nos remerciements les plus chaleureux aux généreux fondateurs de ces prix magniliques, qui ont attiré à un si haut degré l'attention générale sur notre Société.
En tête des expéditions scientifiques, nous devons placer le voyage aéro-maritime du Méditerranéen, entrepris dans le but de rendre accessible aux ballons, la masse océanique. L'expérience tentée par le comte Henry de La Vaulx, le comte de Castillon de Saint-Victor, l'ingénieur Henri Hervé etle lieutenant de vaisseau Tapissier s’exécuta, ji oaunen de la volonté des aéronautes, dans des conditions désastreuses. Malgré tout, le succès le plus complet couronna leurs efforts et les résultats obtenus furent donc d'autant plus coneluants.
Bien que l'expédition du Méditerranéen ne soit qu'une préface à une série d'études que le comte de La Vaulx et ses dévoués collaborateurs vont entreprendre sur le lac Français, à bord d'un nouvel aérostat, l'expérience des 12, 13 et 14 octobre porte le record du monde de la durée à 41 heures 5 minutes.
Le comte de La Vaulx et l'ingénieur Hervé se sont imposés la tâche colossale d'assurer aux aéronautes les moyens pratiques pour explorer sans danger la surface du globe, c’est-à-dire 510 millions de kilomètres carrés.
Une telle entreprise ne peut manquer d’exciter la sympathie universelle.
En terminant la série des voyages aériens exécutés en 1901, il faut signaler les ascensions physiologiques de novembre, conduites par MM. de La Vaulx, de Castillon, Farman et Bacon.
Le docteur Guglielminetti se constitua l’organisateur de ces expéditions qui eurent un grand retentissement. Les recherches, qui portent sur l'influence de la dépression sur les phénomènes respiratoires et circulatoires, recevront cette année un développement inespéré, grâce au concours de l’Aéro-Club, à la Commission scientifique et à l'appui rencontré par les expérimentateurs auprès des chefs des principaux laboratoires de Paris.
Votre Comité s'est intéressé tout particulièrement à l'aérostation météorologique et attire d’une façon spéciale votre attention sur les résultats scientifiques que peut fournir tout voyage aérien, à la condition de mentionner avec soin les observations relatives à l'altitude, à la température, aux nuages, aux courants, à l'état hygrométrique et électrique des régions atmosphériques traversées.
Ces renseignements, comparés à ceux enregistrés par les cerfs-volants et les ballons-sondes, permettraient aux météorologistes de tirer des déductions d’un puissant intérêt pour la science.
Dans sa réunion du 3 février, votre Commission scientifique émettait le vœu que chaque ballon de l'Aéro-Club soit muni des appareils indispensables à ces observations et que les résultats recueillis soient communiqués à M. Teisserenc de Bort, notre savant collègue.
Grâce à la libéralité du prince Roland Bonaparte et à la participation de votre Comité, cinq trousses météorologiques seront prochainement à la disposition des aéronautes.
Un concours d'observations météorologiques en ballon est ouvert et le lauréat de la meilleure série présentée, recevraune médaille de vermeil donnée par l'Aéro- Club et un baromètre enregistreur offert par le Président de notre Commission scientifique.
Rappelons que M. Teisserenc de Bort a rédigé une remarquable instruction destinée aux aéronautes. Non content de donner des avis si précieux aux navigateurs. aériens, il s’est ES avec autant de soin que dans ES années précédentes à l'organisation de la coopération française à la grande entreprise internationale du lancer des ballons-sondes. Dans cet ordre d'idées, nous devons mentionner également la participation du colonel et du commandant Renard et féliciter nos savants collègues des beaux succès qu'ils ont obtenus.
Votre Comité, soucieux de favoriser le développement de toutes les branches. de l'aéronautique, s’est bien donné garde de négliger l'Aviation, cette spécialité trop souvent dédaignée. Il a patronné le concours annuel d'appareils d'aviation organisé par lAuto-Vélo. Malgré la brièveté du délai imposé aux concurrents, on a pu accorder des encouragements à un nombre assez considérable d'inventeurs.
Nous croyons que cette année, avec l'appui d’une publicité commencée en temps utile, on verra surgir des appareils véritablement remarquables, justifiant des efforts tentés en 1901.
L'Aéro-Club à collaboré brillamment au succès de l'Exposition de l'automobile, du cycle et des sports.
Nous avons eu la satisfaction de constater pour la première fois, que l’Aérostation jouait enfin un rôle correspondant à son importance dans cette grandiose manifestation des inventeurs, des ingénieurs et des constructeurs français.
Après avoir retracé à la hâte les événements aéronautiques auxquels l’Aéro- Club a pris part en 1901, nous devons dire un mot de nos diners-conférences. Cette innovation a obtenu le plus grand succès, non seulement à cause du soin exceptionnel avec lequel sont composés nos excellents menus, mais surtout par le choix des entretiens, le talent des conférenciers et l'esprit ingénieux des orateurs.
Que tous reçoivent nos remerciements, échos affaiblis des applaudissements que vous leur avez prodigués.
Malgré le développement pris à notre insu par notre rapport, nous sommes obligés de vous présenter un aperçu des préparatifs que votre Comité a fait pour assurer un Champ vaste et glorieux à votre activité.
En dehors de l’organisation des concours de ballons dirigeables et de machines volantes, de sa participation aux expériences dans la haute atmosphère pour la détermination scientifique des conditions de la vie et aux lancers de ballons-sondes, l’'Aéro-Club a pris des mesures directes pour assurer ce qu'on peut appeler sa contribution personnelle à l'œuvre de la conquête de l’air.
Il s'est préoccupé à juste titre de sa flotte aérienne, toujours à la disposition des membres du Club moyennant un amortissement très modique.
Notre Société d'encouragement possède dans son parc des coteaux de Saint-Cloud un immense hangar sous lequel on peut abriter des aérostats d'une longueur de 60 mètres et des ballons sphériques d'un volume de 3.000 mètres cubes.
Tous les sociétaires sont autorisés à se servir pour des expériences ou pour le sonflement de leurs ballons de cet édifice si commode, élevé avec la généreuse collaboration de M. Henry Deutsch que l’on retrouve partout.
D'autre part, votre Comité a obtenu de la Compagnie l'Union des gaz, la concession d'un emplacement d’une superticie de 3.000 mètres carrés, situé dans l'usine à gaz de Rueil. Sur ce terrain, clos et affecté exclusivement à l’Aéro-Club, sera élevé un hangar réservé au garage de nos ballons et à ceux des membres de notre Société.
Le mètre cube de gaz nous sera facturé à raison de 16 centimes, ce qui nous fait bénéficier d'une remise de 20 p.0/0 sur les prix les plus réduits de la Compagnie Parisienne.
Dans un mois, nous pourrons inaugurer notre pare de Rueil.
Enfin, grâce à l'initiative du comte de La Vaulx, du comte de Castillon, de M. Henry Deutsch et de M. Mallet, notre parc d’aérostation des coteaux de Saint- Cloud, sera pourvu d’un appareil pour la fabrication à bon marché de l'hydrogène. Des expériences sérieuses, exécutées sur une échelle suflisante, ont donné des résultats si avantageux qu'une société s’est formée pour établir une usine de production. Nous n'avons pas besoin d'insister sur l’immense impulsion que la réalisation d'espérances, reposant sur des bases sérieuses, imprimera infaillibiement aux opératrons aérostauques de notre club.
Le bel exemple donné par M. le marquis de Dion, le comte de La Valette, le comte Henry de La Vaulx, M. Henry Deutsch et M. Robert Lebaudy, ne pouv ait manquer d'exciter une noble émulation chez les nations étrangères, aussi est-ce sans surprise que nous enregistrons la fondation de différentes institutions analogues à la nôtre, créées en Autriche, en Belgique, en Suisse et en Angleterre.
En présence de tous les efforts dont la locomotion aérienne est l'objet en ce moment dans tous les pays civilisés, nous avons, chers Collègues, le droit de concevoir un légitime sentiment de patriotique satisfaction, en voyant que notre Aéro- Club a si heureusement contribué à conserver à cette grande et généreuse cité, dont nous sommes fiers d’être les enfants, le titre de capitale de l'Aérostation.
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