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COMITÉ D'INSTALLATION DE LA CLASSE

Le directeur général de l'Exposition a conçu une idée fort ingénieuse et qui lui fera beaucoup d'honneur. Il a décidé qu’en tête du catalogue de chaque classe se

trouverait un résumé clair, précis, élégant, des progrès accomplis depuis un siècle dans sa spécialité. On aura ainsi une encyclopédie populaire initiant chaque visiteur aux merveilles qu'il va admirer.

Mais les comités d'installation ne sont pas des académies au petit pied. Souvent les rapporteurs généraux ne sont pas, malgré leur bon vouloir, à la hauteur de la noble tâche que l'administration leur a confiée. Quelquefois les comités sont trop portés à se transformer en société d'admiration mutuelle. Aussi l'administration a-t-elle conservé un droit de censure absolue sur les rédactions qui lui sont présentées.

C'est ce qui s'est produit avec le comité de la classe 34 qui avait accouché d'une rédaction inacceptable à tous les points de vue.

La majeure partie de la notice historique avait été écrite en français... nègre. En outre les faits les plus saillants et les plus honorables pour les aéronautes français avaient été omis.

On attribuait une partie de l'invention des ballons à un portugais légendaire et à un père jésuite de l'école de Cyrano de Bergerac.

Les protestations faites dans le sein du comité, étaient demeurées inutiles. Le Vélo leur prêta le concours de sa publicité.

Ce serait faire injure à l'administration que de croire que son attention avait besoin d'être éveillée sur une rédaction aussi étrange.

Ces singulières élucubrations furent donc répétées, et l'administration fit rédiger un autre résumé historique par un habile écrivain, ancien élève distingué de l'Eco'e des sciences politiques.

L'administration n'avait en aucune façon le désir d’être désagréable au comité d'installation. Ce n'était pas sa faute si le comité lui avait soumis une version tout à fait 2ni1mprimable.

Désireux de donner autant que possibie satisfaction au comité, l'administration lui proposa de demander telles modifications qu'il voudrait à la version qui avait été substituée d'office au texte envoyé.

Grâce au tact de M. Decauville, l'ancien sénateur de Seine-et-Oise, l'agitation s’est calmée, les motions incendiaires n'ont point été discutées.

Quel usage le comité a-t-il fait de la bienveillance de l'administration, nous ne le savons pas, car le membre qui représentait à lui seul l'opposition n’a pas voulu influer sur les décisions de ses collègues. Pénétré de reconnaissance vis-à-vis de l'administration, il a mieux aimé réserver le droit de la défendre et de critiquer s’il y a lieu les passages que l'on substituera à la version qu'elle avait adoptée. Il espère que ses collègues lui fourniront l’occasion de rendre hommage à la manière dont ils ont réparé les suites des entraînements auxquels ils avaient obéi, en repoussant des conseils donnés dans le but d'éviter les inconvénients d'adopter à la légère une version dans laquelle la langue française avait été aussi bien martyrisée que l’histoire et le bon sens.

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