‹ L'AérophileChapitre 55 sur 84 · mars 1900. — Von Schæœnermarck : Aérostat · texte numérisé non relu

mars 1900. — Von Schæœnermarck : Aérostat

298.030. — 10 mars 1900. — Fauchon : Système de véhicule aérien dirigeable.

298.255. — 10 mars 1900. — Boutaric : Nouveau système d’aviateur.

209.622. — 27 mars 1900. — Schmutz : Machine dite l’aérienne dirigeable Schmutz.

298.692. — 28 mars 1900. — Pieri : Système perfectionné de propulsion et de manœuvre des ballons dirigeables.

299.421. — 19 avril 1900. —- Danilevsky : Appareil d'aviation.

299.047. — 24 avril 1900.— Paget : Système de propulseur applicable à la navigation aérienne, fluviale et maritime.

299.730. — 26 avril 1900.— Mark! : Aile pour manœuvrer et diriger les aérostats.

200.882. — 1° mai 1900. — Fauchon: Système de moteur léger à hydrogène liquéfié.

209.024. — 2 mai 1900. — Montaudon : Propulseur à air comprimé destiné à action-

ner les aérostats entre autres appareils.

(1) Communication de MM. Marillier et Robelet, Office international pour l'obtention de brevets d'invention en France et à l'étranger, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.

mm

Le Directeur-Gérant : Georges BESANÇON.

D'EROPHILE

Directeur-Fondateur : GEORGES BESANÇON

8e Année — N°9 Septembre 1900

PORTRAITS D'AERONAUTES CONTEMPORAINS

FRANCESCO CETTI

À la fin du banquet du Congrès d’aéronautique qui a eu lieu à l’'Observatoire de Meudon, le 21 septembre, M. Cetti a remis entre les mains de M. Janssen le texte d’un toast rempli d'humour et respirant un véritable amour de la France.

Cette charmante composition nous a touché, et nous avons prié M. Cetti de vouloir bien nous envoyer quelques notes afin de rédiger sa biographie, pour figurer en tête de notre numéro de septembre. Il nous a répondu par une

lettre que nous croyons bon de mettre intégralement sous les yeux de nos lecteurs :

« Cher Collègue,

« Je suis né le 15 avril 1860, à Bergen (Norvège). Dès ma première jeunesse, j'ai commencé à m'intéresser à l’aérostation; j'ai vu dans mon cerveau de gamin quel-

ques mystères quo l'aérostauon seule permet d'approfondir. Au lieu de lire ce qui intéresse généralement Îles enfants, des romans indiens, je cherchai, comme Diogène, de la matière pour ma fantaisie, dévorant les aventures des hommes volants.

& A dix ans, j'avais déjà lu les récits des travaux ou des ascensions des Besnier, des Garnerin, des frères Montgolfñer, de Mme et M. Blanchard, etc.

« Alors arriva l'Année terrible. Le 26 novembre, on reçut la première dépéche du voyage de Rolier, à bord de son ballon « La Ville d'Orléans ». Au lieu de faire mes devoirs d'école, je lisais tous les jours, dans les journaux, les comptes rendus de ce voyage aventureux. Les circonstances ont cependait fait que je fus obligé de renoncer à toutes mes idées aériennes pour me créer une carrière. On me destinait à être musicien. La musique ne refroidit pas mon amour propre pour l’aérostation, au contraire, cela m'encouragea davantage.

&« Il m'a fallu seulement attendre pendant vingt ans pour réaliser mon désir d’être aéronaute.

« En 1889, l'aéronaute français Julhès vint à Christiania. Je le conduisis à l'Université pour lui faire voir le ballon « La Ville d'Orléans ». C'est à partir de ce moment que je me suis décidé à être aéronaute coûte que coûte.

« J'ai suivi Julhès comme èlève quand il a fait des ascensions à Christiania et à Throndhjem.

« Arrivé à Bergen, Julhès repartit à Paris, n’osant pas faire des ascensions dans cette ville, parce qu'il craignait les hautes montagnes qui l’entouraient. C'était le moment de débuter dans la carrière aérienne, il me manquait seulement le ballon.

« Alors, afin d'acheter un aérostat, je fis des tournées en Norvège et en Suède, en organisant de ces soirées où l'on fait toutes sortes de bouffonneries pour gagner de l'argent. Cela me réussit et j'ai débuté comme aéronaute le 28 août 1890, à Christiania, après quoi j'ai regagné Bergen, pour y faire l'ascension que Julhès n'avait pas voulu tenter. Ce voyage aérien a failli finir mal.

« Je suis descendu sur le glacier Folgefanden où je fus obligé de laisser mon ballon. Après 16 heures de marche dans la neige je recontrai quelques chasseurs. On retrouva le ballon trois jours plus tard.

« Le 25 novembre 1895, j'engageai quelques autorités militaires et civiles à organiser une fête avec moi en l’honneur du 25° anniversaire de l'atterrissage de &« La Ville d'Orléans » sur le Lifjeld. A cette occasion, on discuta pour la première fois la fondation d'une société d’aérostation scientifique. Une conférence fut faite par moi sur l'histoire de l’aérostation depuis Montgolfer jusqu’à nos jours et sur le voyage de MM. Rolier et Bezier.

« Les invitations étaient faites par M. Oisson, ministre de la Guerre de Norvège; les généraux With, L'Orange et Hansen; des professeurs, des consuls, des journalistes et par moi-même.

« M. le professeur Mohn, de l'Université à Christiania et d’autres autorités se sont intéressés à ces études. Sa Majesté Oscar II, avec laquelle j'eus l'honneur de conférer plusieurs fois, m’a encouragé par sa bienveillance.

« L'Université me prêta « La Ville-d'Orléans » comme attractions scientifiques pour mes conférences. Malgré mes articles dans les journaux, la question aérostatique ne prenait pas d'extension, l'opinion étant opposée et le pays trop petit. Mais je ne perdis pas courage.

« En 1892, j'allais en Suède. Andrée fut mon élève et fit des ascensions scientifiques. Alors l'intérêt commença à se développer. Puis vint l'expédition au Pôle

Nord.

L'AÉROPHILE II!

« À cette époque, je partis pour la République d'Argentine. Je fis une ascension à Buenos-Ayres. Un cyclone m'envoya à Rio de la Plata; le ballon « Fridjof Nansen » reste au fond du fleuve.

& J'ai fait 109 ascensions avec cinq ballons : Noygé, Christiana, Ulrikhen, Fridjof Nansen, Urania et Volga, de Mallet. J'ai eu en tout 97 passagers dont 19 dames.

« Les plus intéressants voyages furent celui de Bergen, du glacier Folgefanden, 1890, et de Christiania du lac Venern, en Suède, 1892. Puis j'ai fait 111 kilomètres en 1 heure 5 m. avec le « Volga ».

« L'année dernière on devait faire des ascensions captives, les circonstances s’y étant opposées on fit des ascensions libres.

& Je voulais cette année renouveler les tentatives des ascensions captives à Tivoli, à Stockolm, mais la direction m'offrit une subvention si minime que je me suis retiré.

« Cependant, nous aurons peut-être l'année prochaine un véritable ballon captif à Stockholm. Je suis persuadé que c'est un très bon moyen de propager la science aéronautique et de la relever aux yeux des Suédois.

« Je repars en Suède et ma première occupation sera de faire des conférences à propos du Congrès aéronautique de Paris et d'organiser un Aéro-Club suédois.

« Plusieurs grands aéronautes et constructeurs français m'ont promis leur assistance sous forme de brochures, prêt d'appareils, photographie, etc.; je vous prie d'être mon interprète, pour les remercier de l'accueil qu'ils ont bien voulu me faire et je vous adresse mes meilleurs remerciements.

« En 1807, vous avez bien voulu me faire l'honneur de m'offrir de consacrer une notice sur moi, m'en trouvant trop indigne je n'osais accepter. Aujourd'hui, quoique n'ayant pas bien mieux mérité de la science, je me décide à céder devant votre insistance.

Paris, le 23 Septembre 1900.

Francesco CETTI.

Congiès international de Méféorologre

Le Comité météorologique international qui s'est réuni l’année dernière à Saint- Pétersbourg, avait décidé d'organiser un Congrès international pour 1900, congrès auquel seraient convoquées les différentes commissions instituées par la conférence de Paris en 1866.

Ce Congrès international s'est tenu à Paris du 10 au 15 septembre dernier. Un grand nombre de physiciens et de météorologistes français et étrangers avaient répondu à l'appel de la commission d'organisation. Aussi cette réunion internationale a-t-elle été très-intéressante tant au point de vue du nombre et de la qualité des congressistes que par l'importance des communications faites et discu* es à toutes les séances.

L'ouverture du Congrès a eu lieu le lundi 10 septembre à 2 heures.

M. Mascart, directeur du bureau central météorologique, président de la commission d'organisation, invite les membres présents à nommer le bureau définitif. Sur la proposition de M. Hildebrandsson, M. Mascart est acclamé président du Congrès. Sont nommés vice-présidents : général Rykatcheff, MM. Mohnet Rücker; secrétaire général, M. Angot.

M. Mascart adresse à ses collègues ses vifs remerciments, c’est un honneur pou:

moi, dit-il, d'être appelé à présider vos importants travaux. J'espère que ce Congrès international sera très profitable à la météorologie. C’est d’ailleurs depuis que les méthodes générales d'étude ont été adoptées par toutesles nations que la météorologie est entrée pleinement dans la voie du progrès. Les nouvelles méthodes surtout d'investigation de l'atmosphère libre ont rendu et rendront encore d'immenses services à la science météorologique. Aussi, j’adresse un hommage de reconnaissance au précurseur de l’aérostation scientifique, à James Glaisher qui, le premier a fait de nombreuses séries d'observations en atmosphère libre. D'éminents météorologistes poursuivent ces études, qui maintenant sont organisées d'une façon méthodique et raisonnée. Grâce à nos efforts, peut-être appartiendra-t-il au siècle prochain d’être enfin maître de la prévision scientifique du temps.

Des applaudissements unanimes accueillent les paroles de M Mascart.

Le Congrès décide ensuite de se diviser en plusieurs commissions

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