HOPITAL DE LA PITIÉ
Louis XIII. II servit tout d'abord de refuge pour les mendiants et les rôdeurs qui infestaient Pai'is. Ce n'était alors qu'une conslruclion qui avait primrtiyement servi de Jeu de Paume et dont l'enseigne était : A la Trinité. Cet établissement était situé rue des Gopeaux (rue Lacépède), non loin de l'église Saint- Mclor, vis-à-vis du Jardin Royal des Simples (Jardin des Plantes). Une chapelle y fut construite qui prit le nom de Notre-Dame de Pitié, nom qui ne tarda pas à s'appliquer à tout l'établissement. Ce dernier est désigné dans les écrits du temps sous le nom de Maison de Notre-Dame de Pitié.
Lors de sa fondation, la maison de Notre-Dame de Pitié servait à la fois de refuge pour les vieillfirds et d'asile obligatoire de « renfermement » pour les mendiants.
L'établissement ne fonctionna pas longtemps ainsi, et au bout de 6 à 8 ans tout fut réduit à l'entretien d'un certain nombre d'enfants.
Cet état de choses dura jusqu'en i656. ,Un édit de Louis XIV établit alors à Paris l'Hôpital Général (V. p. l^b6). Notre-Dame de Pitié fut rattachée à l'Hôpital Général et devint même le siège des assemblées générales des administrateurs. Elle fut en outre affectée spécialement à l'entretien et à l'éducation des petites fdles qu'on recevait à partir de l'âge de 6 ans et auxquelles on apprenait la lecture, l'écriture et les travaux manuels de lingerie et de couture. Plus tard, on établit h l'usage des garçons un orphelinat analogue. Ce dernier, parfaitement isolé, reçut le nom de Petite Pitié, l'autre étant désignée sous le nom de Grande Pitié.
Entre temps, de nouveaux terrains avoisinants étaient acquis et l'hôpital s'étendait en 1792 jusqu'à la rue d'Orléans (rue Danbenton).
En 1786, Notre-Dame de Pitié donnait asile à I 3oo personnes.
Ajoutons que depuis sa fondallon jusqu'en 1772. une pai lic de rétablissement servit de maison de correction aux m les publiques.
A la Révolution, l'hôpital reçut le nom d'Hospice des Orphelins du Faubourg Saint-Victor.
Sous la Con\ention, 11 fut dénommé « Maison des élèves de la Patrie ».
A cette époque, le service médical était fait par un chirurgien de l'IIôtel-Dieu. 3 fois par semaine.
En 1809, par suite de démolitions faites à l'Hôtel- Dieu, le Conseil général dut ouvrir aux malades un asile supplémentaire h l'Hospice des Orphelins du Faubourg Saint-Victor qui devint ainsi « Annexe de l'Hôtel-Dieu ». Le nombre de lits qui était de 200 au début fut progressivement augmenté et atteignit, en 18 16, 600 répartis en 28 salles. Chaque malade y avait un lit séparé. Le service administratif, le service médical et chirurgical, le personnel hospitalier, dépendaient directement de l'Hôtel-Dieu.
En 18 15, par la nomination d'un açent spécial de surveillance pour la Pitié, cet hôpital prit une certaine indépendance administrative.
En 181 G, Béclard en fut nommé le chirurgien en chef; celte nomination assura à l'établissement son indépendance médicale. En 1822, le personnel médical de la Pitié comprenait deux médecins et un chirurgien pour Goo lualades.
En i83G, fut créée à la Pitié la 2° clinique chirurgicale, inaugurée par Lisfranc.
Par l'adjonction d'un service d'accouchements, le nombre île malades fut porté à 720.
Rappelons enlin que le i"" octobre 1880 la Pitié fut laïcisée. Une école professionnelle pour les inlirmiers et les inlirmières y a été créée.
Actuellement cet hôpital est essentiellement constitué par 3 corps de bi\timcnls à plusieurs étages, séparés par 3 cours assez grandes. Six médecins, deux
FiG.
Saint- Antoine.