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PROFESSEURS AGRÉGÉS NOMMÉS DE 18C0 A

1860. — Médecine : Marcé, Potain, Lorain, Vulpian, Parrot, Charcot, Laboulbèae.

Chirurgie et accouchements : Bauchet, Dolbeau, Houel ; Tarnier.

Anatoniie, physiologie, sciences naturelles: Marc Sée, Liégeois ; Lulz.

i863. — Médecine : Jaccoud, Racle, Fournier, Bucquoy.

Chirurgie et accouchements : Guyon, Le Fort, Panas, Labbé ; Joulin.

Anatoniie, physiologie, sciences naturelles : de Seynes, Desplats ; Naquet.

1866. — Médecine : Rayaaud, Peter, Paul, Proust, Bail, Isambert, Blachez.

Chirurgie et accouchements : Tillaux, Duplay, Cruveilhier, Desprès ; Bailly.

Anatoniie, physiologie, sciences naturelles : Polaillon, Périer ; Grimaux.

1869. — Médecine : Bouchard, Ollivier, Ghalvet, Lécorché, Brouardel, Gornil.

Chirurgie et accouchements : Lannelongue, Le Dentu, Dubreuil, Cocteau ; Gucniot.

Anatoniie, physiologie, sciences naturelles : Bocquillon ; Gariel, Gautier.

1872. — Médecine : Damaschino, Hayem, Fei'iiet, Laucereaux. Bergeron, Duguet, Rigal.

Chirurgie et accouchements : Terrier, Nicaisc, Delens, B. Anger ; Charpentier.

Anatoniie, physiologie, sciences naturelles : Bouchardat, Duval; Legros.

1875. — Médecine : Dieulafoy, Grancher, Liouville, Lépine, Legroux.

Chirurgie et accouchements : Berger, Pozzi, Marchand, Monod, Blum ; Ciiantreuil.

Anatoniie, physiologie, sciences naturelles : Gadiat, Farabeuf, de Lanessan ; Gay, Bourgoin.

1878. — Médecine : Straus, Dcbove, Rendu, Ilallopeau.

AGRÉGÉS NOMMÉS DE 18G0 A igoi 89

Chirurgie et accouchements : Terrillon, Humbert, Richelot ; Pinard.

Analomie, physiologie, sciences naturelles : Richet,

llenninger.

1880. — Médecine : Jofrro;y, Landouzy, Troisier, Raymond.

Chirurgie et accouchements : Reclus, Bouilly, Peyrot ; Badin. ^ Anatomie, physiologie, sciences naturelles : Rémy,

Henriot.

i883. — Médecine: Hanot, Quinquaud, Ilutinel, Robin.

Chirurgie et accouchements : Kirmisson, Segond, Campenon ; Ribemont-Dessaignes.

Analomie, physiologie, sciences naturelles : Reynier ; Guébhard, Pouchet, Raph. Blanchard.

1886.— Médecine : Brissaud, Ballet, Déjerine, Chauffard.

Chirurgie et accouchements : Schwartz, Jalaguier, Brun ; Alaygrier.

Anatomie, physiologie, sciences naturelles : Poirier, Quénu ; Villejcan.

1889. — Médecine : Ghantemesse, Marie, Gilbert, LeluUe, Netler.

Chirurgie et accouchements : Nclaton, Tuffier, Ricard; Bar.

Anatomie, physiologie, sciences naturelles : Retterer, Gley ; Weiss, Fauconnier.

1893. — Médecine: Charrin, Gaucher, Roger, Marfan, Ménétrier.

Chirurgie et accouchements : Lejars, Delbet, Âlbarran ; \arnier.

Anatomie, physiologie, sciences naturelles : Sébileau; André, Hcim.

1895. — Médecine: Achard, Gilles de la Tourette, Thoinot. Widal, Wurtz.

Chirurgie et accouchements: Broca, Walther, Hartmann ; Bonnaire.

Anatomie, physiologie, sciences naturelles : Thiéry ; Chassevant.

1898. — Médecine : Teissier, Thiroloix, Vaquez, Dupré, Méry.

(jo FACULTÉ DE MÉDECINE

Chirurgie et accouchements : Legueu, Mauclaire, Faure"; Lepage, Wallich.

Aiiatomie, physiologie, sciences naturelles : Launois, Langlois, Broca (André), Desgrez.

1901. — Médecine : Rénon, Bezançon, Gouget, Legry, Jeanselnie.

Chirurgie et accouchements : Marion, Gosset, Auvray; Demelin ; Potocki.

Anatomie, physiologie, sciences naturelles : Riefifel, Gunéo, Richaud, Guiart.

CLINICAT :

A chacune des chaires de clinique de la Faculté de médecine de Paris, est attaché un chef de clinique.

Les chefs de clinique et les chefs adjoints sont institués par le ministre de l'Instruction publique, après un concours ouvert chaque année à la Faculté.

Les chefs de clinique sont à la disposition du professeur pour les besoins du service et de l'enseignement.

Les chefs de clinique-adjoints remplacent les chefs de clinique en cas d'absence momentanée ou de démission dans le cours de l'année.

Les chefs de clinique sont nommés pour un an. Toutefois, sur la proposition du professeur, et après avis favorable de la Faculté, ils peuvent être prorogés d'année en année, sans qu'en aucun cas la durée totale de leurs fonctions puisse excéder trois ans.

Les fonctions de chef de clinique sont incompatibles avec celles d'agrégé en exercice, de médecin ou de chirurgien des Hôpitaux, de prosectcur ou d'aide d'anatomie.

Les chefs de clinique nouvellement nommés sont attachés aux professeurs dont le service devient vacant, et le plus ancien de ces professeurs a le droit de choisir celui des chefs de clinique qu'il préfère.

CLINICAT

Les chefs de clinique entrent en fonctions le i" novembre de l'année où ils ont été institués.

CONCOURS DE CLINICAT

Inscription au concours. — Seuls sont admis à prendre part au concours de chef de clinique les docteurs en médecine français.

Jury. — Les jurys des concours se composent .

Pour les places de chef de clinique médicale, de cinq examinateurs, savoir : deux professeurs de clinique médicale, désignés par le sort ; les deux professeurs de pathologie interne et un professeur désigné par le sort parmi les titulaires des trois chaires de pathologie et thérapeutique générales, d'anatomie pathologique et de thérapeutique.

Pour les places de chef de clinique chirurgicale, de cinq examinateurs, savoir : deux professeurs de clinique chirurgicale, désignés par le sort ; deux professeurs de pathologie externe, de clinicjue ophtalmologique ou de clinique obstétricale, désignés par le sort; le professeur de médecine opératoire.

Pour la place de chef de clinique gynécologique, de cinq examinateurs, savoir : le professeur de clinique gynécologique ; un professeur de clinique d'accouchement, désigné par le sort ; deux professeurs de clinique chirurgicale désignés par le sort ; un professeur désigné par le sort parmi les titulaires des chaires de pathologie externe et de médecine opératoire.

Pour la place de chef de clinique chirurgicale des maladies des enfants, de cinq examinateurs, savoir : le professeur de clinique chirurgicale des maladies des enfants ; le professeur de médecine opératoire; le professeur de pathologie externe ; deux professeurs de clinique chirurgicale, désignés par le sort.

FACULTÉ DE MÉDECINE

Pour les places de chef de clinique obstétricale, de cinq examinateurs, savoir : les deux professeurs de clinique d'accouchements; le professeur de clinique gynécologique ; un professeur de clinique chirurgicale désigné par le sort; un professeur désigné par le sort parmi les titulaires des chaires de pathologie externe et de médecine opératoire.

Pour les places de chef de clinique des maladies du système nerveux, des maladies cutanées et syphilitiques et des maladies des enfants, de six examinateurs, savoir : deux professeurs de clinique médicale désignés par le sort ; les deux professeurs de pathologie interne ; un professeur désigné par le sort parmi les titulaires des trois chaires de pathologie et thérapeutique générale, anatomie pathologique et thérapeutique, et le professeur de clinique dont le service est vacant.

Pour la place de chef de clinique de pathologie mentale et des maladies de l'encéphale : du professeur titulaire de la chaire des maladies mentales ; du professeur de pathologie générale ; du professeur de médecine légale ; d'un professeur de clinique médicale et d'un professeur de pathologie interne, désignés par le sort.

Pour la place de chef de clinique ophtalmologique : du professeur de chnique ophtalmologique ; du professeur de médecine opératoire : d"un professeur de pathologie externe et d'un professeur de clinique chirurgicale, désignés par le sort, et d'un des professeurs de physiologie ou de physique désigné par le sort.

Pour la place de chef de clinique des maladies des voies urinaires : du professeur de clinique des maladies des voies urinaires ; de deux professeurs de clinique chirurgicale; du professeur de pathologie chirurgicale; du professeur de médecine opératoire (i).

(i) Des agrégés sont clans lous ces jurys nommes comme suppléants et un certain nombre d'entre eux en font presque toujours partie.

CO.\COURS DE CLINICAT gS

Épreuves. — Les épreuves du concours sont de deux sortes : les unes èliminaloives, communes à tous les candidats ; les autres dcfiiiitives auxquelles sont admis deux candidats seulement pour chaque place mise au concours.

I. — Chef de clinique médicale, des maladies des enfants, des maladies cutanées et syphilitiques et des maladies du système nerveux.

Les épreuves éliminatoires comprennent :

I? Une leçon clinique d'un quart d'heure de durée sur un seul malade, après dix minutes d'examen ;

3° Une dissertation orale d'un quart d'heure de durée sur un sujet d'anatomie pathologique, après examen analomique, micrographique ou clinique.

Les épreuves déOnilives varient avec les chaires de clinique de la manière suivante :

Chef de clinique médicale. L'épreuve définitive se compose d'une leçon clinique de vingt minutes de durée sur deux malades, après dix minules d'examen pour chacun, a\ec la facilité de se borner pour l'un des deux à l'énoncialion sommaire du diagnoslic cL du traitement.

Chef de clinique des maladies des enfants. L'épreuve définitive consisté en une leçon clinique de vingt minules de durée sur deux malades choisis dans le service des maladies des enfants, après dix minutes d'examen pour chacun, avec la faculté de se borner pour l'un d'eux à l'énoncialion sommaire du diagnostic et du traitement.

Chef de clinique des maladies cutanées et syphilitiques. L'épreuve définitive consiste en une leçon de vingt minules de durée sur deux malades choisis dans le service de clinique des maladies cutanées et syphililicjues, a|)rès dix minutes d'examen pour cbacun d'eux, avec la faculté de se borner pour l'un d'eux à l'énoncialion sommaire du diagnoslic et du traitement.

Chef de clinique des maladies du système nerveux.

Ç)li FACULTÉ DE MÉiDECINE

L'épreuve définitive consiste en une leçon de vingt minutes de durée sur deux malades choisis dans le service de clinique des maladies du système nerveux, après dix minutes d'examen, avec la faculté de se borner pour l'un d'eux à l'énonciation sommaire du diagnostic et du traitement.

II. — Chef de clinique chirurgicale. — Les épreuves éliminatoires comprennent :

1° Une composition écrite sur un sujet d'anatomie et de pathologie externe, pour laquelle il est accordé deux heures aux candidats ;

2° Une épreuve pratique pour laquelle chaque candidat a dix minutes de réflexion et dix minutes pour exposer les procédés opératoires, motiver son choix et exécuter l'opération.

L'épreuve définitive consiste en une leçon clinique de vingt minutes sur deux malades après dix minutes d'examen pour chacun.

III. — CheJ de clinique gynécologique — Les épreuves éliminatoues comprennent :

1° Une leçon clinique d'un quart d'heure de durée faite sur une femme après dix minutes d'examen ;

2° Une dissertation orale de vingt minutes sur une question de gynécologie opératoire.

Les épreuves définitives se composent :

1° D'une épreuve orale sur les titres dont la durée sera de dix minutes ;

2° D'une leçon clinique de vingt minutes sur deux malades examinées chacune pendant dix minutes.

IV. — Chef de clinique obsiétricale. — Les épreuves éliminatoires comprennent :

1° Une leçon clmiquc d'un quart d'heure de durée laite sur une femme, après dix minutes d'examen :

2° Une dissertation orale de vingt minutes de durée sur un cas de dystocle, avec ou sans manœuvres.

CONCOURS DE CLINIfAT

L'épreuve définitive se compose d'une leçon clinique de vingt minutes de durée sur deux femmes, après dix minutes d'examen pour chacune, avec la i'aculté de se borner pour l'une d'elles à l'énonciation des principales circonstances à relever au point de vue de la pratique obstétricale.

V. — Chef de clinique chirurgicale des maladies des enjants. — Les épreuves éliminatoires sont :

i" Une épreuve écrite sur un sujet de pathologie chirurgicale infantile pour laquelle il est accordé deux heures aux candidats ;

3° Une épreuve pratique pour laquelle il est accordé aux candidats dix minutes de réflexion et dix minutes pour exposer le jn-océdé opératoire adopté par lui et l'exécuter.

L'épreuve définitive se compose d'une épreuve clinique consistant en une leçon de vingt minutes sur deux malades, après dix minutes d'examen.

VL — Chef de clinique de pathologie mentale et des maladies de V encéphale. — Les épreuves éliminatoires comprennent :

1° Une épreuve sur un cas de pathologie interne à prendre dans un service de clinique médicale. Il est accordé aux candidats dix minutes d'examen et dix minutes d'exposition ;

2" Une consultation écrite sur un cas de médecine mentale, à prendre dans le service de clinique des maladies mentales. 11 est accordé aux candidats dix minutes d'examen et dix minutes d'exposition ;

3° Une consultation écrite sur un cas de médecine mentale, à prendre dans le service de clinique des maladies mentales. Il est accordé aux candidats dix minutes pour l'examen du malade. Le jury déterminera le temps accordé pour la rédaction et la consultation.

L'épreuve définitive se compose d'une leçon de

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clinique de vingt minutes de durée sur deux malades choisis dans le service de clinique des maladies mentales, après dix minutes d'examen pour chacun d'eux.

VII. — Chef de clinique ophtalmologique. — Le nombre des épreuves est de quatre, savoir : deux épreuves éliminatoires, deux épreuves définitives.

Les épreuves éliminatoires sont :

1° Une composition écrite sur vin sujet d'anatomie, de physiologie ou de clinique externe ;

2° Une épreuve sur titres.

Les épreuves définitives sont :

1° Une épreuve orale sur un sujet d'optique physiologique ;

2° Une épreuve clinique sur deux malades choisis dans le service de clinique ophtalmologique. Cette leçon sera de vingt minutes, après dix minutes d'examen des malades.

VIII. — Chef de clinique des maladies des voies urinaires. — Les épreuves éliminatoires comprennent :

I" Une composition écrite sur un sujet d'anatomie et de pathologie chirurgicale, pour laquelle il est accordé deux heures aux candidats ;

2° Une épreuve de laboratoire sur la bactériologie, ou une épreuve de médecine opératoire.

Les épreuves définitives sont :

i" Une épreuve orale sur les titres, dont la durée sera de dix minutes ;

2" Une leçon clinique de vingt minutes sur deux malades pris dans le service de la clinique des maladies des voies urinaires et examinés chacun pendant dix minutes.

Traitement. — Les chefs de clinique reçoivent un traitement de i 200 francs.

Les fonctions de chef de clinique adjoint sont gratuites.

ÉCOLE PRATIQUE

ÉCOLE PRATIQUE

L'enseignement de l'anatomie en France date du xvi" siècle. Ce n'est point - à dire que, pendant le moyen âge, on n'eût jamais dissécjué ; Henri de Mondeville, par exemple, était professeur d'anatomie à Montpellier en i3oh et a laissé une anatomie récemment rééditée. Mais les connaissances anatomiques furent toujours rudimentaires et nullement vulgarisées. La Renaissance devait donner à l'anatomie son plein essor, et par les Yésole, les Eustache, les Fallope, etc., la porter à une apogée qu'elle n'a plus atteint. Les livres des xvi» et xvii'= siècles démontrent à l'envi que les modernes, malgré toutes leurs prétentions, n'ont fait que copier les fondateurs de l'anatomie, sans nous donner d'ailleurs une copie cligne des originaux. Et pourtant les ressources dont disposaient les grands artistes de la Renaissance étaient maigres.

Le premier amphitéàtre d'anatomie fut construit en i6o4, au siège même de la Faculté. Il était en bois et ouvert à tous les vents, ce A ce moment la lutte entre les médecins et les chirurgiens était des plus vives. Dans les deux camps on s'évertuait à se procurer des cadavres, et c'était à c^ui arriverait le premier auprès du lieutenant général criminel ou du Parlement, pour en obtenir le corps des suppliciés. 11 y eut à cette époc^ue un grand élan vers l'anatomie, et bientôt l'engouement devint tel c[ue des excès regrettables, des scandales, des profanations de sépultures s'ensuivirent. La justice criminelle ne pouvait plus suHire à l'avidité des maîtres et des élèves, tant en médecine cru'en chirurgie. Les étudiants allaient, en chœur, et la nuit, décrocher les suppliciés suspendus aux gibets de Montfaucon, aujourd'hui les Buttes- Chaumont ! A Rouen, l'ardeur était telle c[\ie le i4 jan-

L'.^SOULAPE.

FACULTÉ DE MÉDECINE

vier 1678, à peine un supplicié ful-il hissé, qu'une bande de 35 compagnons chirurgiens, tous armés d'épées et de pistolets, déboucha tout à coup et, se ruant contre l'échafaud, bouscula l'exécuteur et <:es aides, coupa la corde à coups de sabre, s'empara du cadavre du pauvre Lavoine, « non encore mort », et l'entraîna dans une chambre de chirurgiens (1)! Malgré cet excès de zèle et ces scandales, les cadavres manquaient (i) ». A cette époque (et assez souvent encore aujourd'hui), la volonté d'un mourant « même supplicié » était respectée; à plus forte raison en était-il de même à l'égard des pauvres qui mouraient à l'hospice.

En 16 17, l'Amphithéâtre d'anatomie si primitif fit place à un autre plus solide et mieux installé qui prit le nom d'Amphithéâtre de Riolan parce que celui-ci y enseigna l'anatomie. Cent vingt-sept ans plus tard, en 17/14, on érigea un nouvel ampuithéàlre monumental, l'Amphithéâtre de Winslow, qui y professa l'anatomie. Il existe encore et siège au coin des rues de la Bùcherie et de l'IIôtel-Golbert, dans une maison de peu d'apparence, actuellement propriété de la Ville de Paris (lig. 12).

Malgré des réparations continuelles, la Faculté de médecine était en 1776 dans un délabrement complet; les eaux de la Seine, non endiguée encoi-e, venaient miner les constructions de la vieille Faculté. Les docteurs régents transportèrent leur enseignement olliciel dans les locaux laissés libres par les anciennes Ecoles de droit, aux n"' 17 et ig de la rue Jean-dc- Beauvais, la Faculté do droit s'étant transportée là où elle est maintenant. (Le percement de la rue dos- Ecoles a fait disparaître les locaux de la rue Jean-de-

(i) Bulletins de l'Association française de chirurgicr i8g8; et Lailler, Gazette des hôpitaux, 1887, p. 806.

FACULTÉ DE MÉDECINE

Beauvais.) Les démonstrations anatomiques continuèrent à avoir lieu à l'ancien local, c'est-à-dire à l'Amphithéâtre de Winslow.

L'enseignement anatomique dont nous venons do parler était celui que les Médecins proprement dils donnaient aux étudiants.

Plus brillant était celui des Chirurgiens qui de tout temps avaient cultivé l'anatomie et avaient, de 1691 à 1694, érigé un amphithéâtre au frontispice duquel s'étalait l'inscription suivante :

Ad cœdes liominum prisca amphitheatra patebant Ut discant longum vivere nostra patent,

que le D"" Bosquillon traduisit ainsi :

Si dans les siècles idolâtres, Ces superbes amphithéâtres.

Où l'on admire encore la grandeur des Romains, S'ouvraient pouv arancer le trépas des humains ; Cette aveugle i'ureur ne se voit plus suivie ; Les nôtres sont ouverts pour conserver la vie.

Au xviii^ siècle dans la rue des Cordeliers (aujourd'hui rue de l'Ecole-de-Médecine) se dressait le Collège des Maîtres chirurgiens jurés de Paris ou « chirurgiens de robe longue » par opposition aux barbiers ou « chirurgiens de robe courte » que la Faculté de médecine s'était attachés. Le Collège de chirurgie avait des cours nombreux, mieux distribués que ceux de la Faculté, et des professeurs très connus, tels queDiouis, Louis, Brasdor, Sabatier, etc., non soumis aux changemenls bisannuels, comme à la Faculté. Il y avait matin el soir des cours d'anatomie, de physiologie, d'opérations, etc. Tandis qwe le professeur d'anatomie de la Faculté, parlant du haut de sa chaire, laissait à un autre, le plus souvent à un barbier, le soin de manier le scalpel, le chirurgien juré du Collège de chirurgie disséquait et opérait lui-même ; aussi son succès était-il très grand auprès des étudiants. C'était la première

loa FACULTÉ DE MÉDECINE

Ecole de chirurgie de toute l'Europe, dit avec beaucoup d'enthousiasme Dionis, dans son introduction à ses dix leçons de chirurgie laites au Jardin royal. Bientôt l'amphithéâtre du Collège de chirurgie devint trop petit et le collège, accru de l'Académie de chirurgie, se transporta tout près dans la même rue, sur l'emplacement du Collège de Bourgogne, et c'est entre les deux amphithéâtres actuels (grand et petit) que se trouvait une salle avec li tables pour les dissections. (C'est actuellement une petite cour où sont des urinoirs).

Mais en 1798 tous les corps enseignants disparurent. La Faculté de médecine renaquit en 1794 sous le nom d'Ecole de santé ; on l'installa dans les locaux du Collège et de l'Académie de chirurgie.

Les salles de dissection furent transportées presque en face, sur l'emplacement d'une partie du couvent des Cordeliers où en l'an VI on construisit 6 pavillons pouvant contenir chacun 60 élèves environ.

Un arrêté du i4 ventôse an 111 a organisé l'École pratique : il prévoyait un chef des travaux et 6 prosecteurs, qui furent nommés sur la présentation de l'École. A la mort du premier chef des travaux, Fragornard (an Vil), il fut procédé à un concours qui se termina par la nomination de Duméril, prosecteur.

Duméril ne fut pas remplacé et son ti'aitement servit à rémunérer quatre sous-prosecteurs ou aides d'anatomie, nommés au concours. Le premier concours s'ouvrit en nivôse, an \111, et consista : 1° en questions toutes relatives à la pratique des recherches anatomiques ; 2° en extraits d'observations anatomopathologiques ; 3° en descriptions écrites et dessins de pièces d'anatomie ; 4" enfin en une préparation de névrologie.

Les prosecteurs furent de même nommés au concours, de par l'arrêté du 19 thermidor an VIL

En l'an III, le chef des travaux anatomiques était logé et touchait 5 000 livi-es, les prosecteurs étaient

ÉCOLE PRATIQUE io3

également logés et touchaient chacun 2 000 livres. En l'an IV, les traitements furent élevés pour le chet des travaux anatomiques à 6 000 livres, pour les prosecteurs à 3 000 livres .

Dans la première partie du xix^ siècle, 1 anatomie continua à être enseignée à l'École pratique ; mais c'est surtout soit à l'Amphithéâtre de Llamart, soit à Bicêtre ou dans les hospices de vieillards que les étudiants allaient disséquer, quand ds n'emportaient pas de fragments de cadavre dans leur chambre.

En 1878, l'Ecole pratique de dissection fut transportée momentanément rue Vauquelin, où elle resta pendant cinq ans environ, c'est-à-dire pendant tout le temps qu'exigea la construction de l'Ecole pratique actuelle de dissection. Celle-ci a été installée surtout d'après les conseils de M. Farabeuf, que, malheureusement les incompétents architectes n'ont pas toujours suivis.

Il y a actuellement , pour les travaux pratiques de dissection, 8 pavillons ; chacun de ceux-ci contient en principe i/| tables, et comme 5 élèves peuvent disséquer en même temps sur un même sujet, chacun de ces pavillons était tout d'abord occupé par 70 élèves environ. . Mais si, en 1889, le nombre des étudiant? qui ont disséqué était de 793, six ans plus tard, on constate le chiffre de i348 élèves ayant le droit de disséquer. Ce chiffre a déterminé un encombrement dans les pavillons, qui dès lors continrent chacun i3o élèves au lieu de 70. Actuellement le chiffre est rabaissé à environ 100 élèves pour les pavillons de première année et à environ 70 pour ceux de deuxième année, principalement par suite de l'envoi à l'Amphithéâtre des hôpitaux d'une partie des élèves (a pavillons).

Dans chaque pavillon il y a, à l'entrée, un lavabo.

FACULTÉ DE MÉDECINE

des cases dans viii premier vestibule. Dans la grande salle se trouvent des tables en ardoise et avec des pieds en fonte. Le sol est en bitume et balayé à la sciure. Au fond, se trouve le cabinet du prosecteur et une salle de macération où l'on peut faire des injections. Le plafond du pavillon est en verre et présente sur les côtés des trappes pour l'aération. Ces pavillons sont très élevés, dilliciles à chauiTer ; en revanche l'été, pendant les cours de médecine opératoire, ils sont un peu chauds. La lumière vient d'en haut et de tout un côté du pavillon. Sur l'autre mur de la pièce, qui est rectangulaire, se trouvent des planches murales de myologie. La chaire, légèrement élevée, permet de dominer toute la salle. Celle-ci n'est pas éclairée au gaz, ce qui en hiver est parfois gênant.

Au delà des pavillons se trouve la salle d'injection. Ici, arrivent des divers hôpitaux et hospices i5oo sujets par an, mais dont /i5o environ sont inutilisables et vont directement au four crématoire ; là aussi vont les débris anatomiques enlevés tous les jours au fur et à mesure. Voici les méthodes d'injection employées. Pour un sujet de taille moyenne, il faut 4 litres de liquide composé de a litres 1/2 de glycérine phéniquée au dixième, i litre 1/2 d'alcool, un litre d'arsenic et 20 grammes de chlorure de zinc brut. Cette injection est poussée très doucement. Pour un fort sujet, il faut 5 litres du même liquide. Si le sujet est « avancé » ou si le sujet est destiné seulement à la médecine préparatoire, on met un peu plus de chlorure de zinc, ou, au besoin, par économie, on peut l'injecter simplement au chlorure de zinc.

Une rotonde centrale représente le pavillon de dissection du chef des travaux anatomiques. A cette rotonde sont annexées des salles de dissection, des salles de dessins, des salles de macérations, toutes assez grandement installées.

Une salle d'examens est annexée à l'Ecole pratique ;

ÉCOLE PRATIQUE

c'est là que les élèves passent l'examen pratique de dissection et l'examen de médecine opératoire. Elle est très grande et contient 5 à 6 tables.

L'enseignement de l'anatomie est donné dans chaque pavillon par un proseclcur qui fait trois leçons par semaine et trois aides d'anatomie qui ne font chacun qu'une leçon. En première année, ces leçons portent sur l'ostéologie, l'arlhrologie, la myologie, l'ano-éiologie et les rapports des principaux viscères du thorax et de l'abdomen, et les régions. Ces leçons ou mieux ces démonstrations, faites sur des préparations disséquées d'avance, sont très profilables aux élèves, à ceux qui veulent bien les écouter. En seconde année de dissection, les prosecteurs et les aides d'anatomie enseignent la névroiogie et la splanchnologie — au point de vue topographique, — l'histologie étant très sommairement indiquée.

Il y a en principe huit prosecteurs et quinze aides d'anatomie. On nomme tous les ans deux prosecteurs, qui fonctionnent pendant quatre ans, et cinq aides d'anatomie, qui fonctionnent pendant trois ans et ne peuvent se présenter au prosectorat que trois fois.

Le chef des travaux anatomiques fait un cours d'anatomie lopographique tous les hivers.

L'enseignement de la médecine opératoire à l'Ecole pratique est organisé de la façon suivante. Les élèves sont répartis en séries de 90 au maximum ; il y a 7 séries en moyenne. Chacune de celles-ci suit un cours de médecine opératoire fait par un prosecteur aidé de 6 aides d'anatomie. Ces cours ont heu au printemps et en été — il y a un cours en octobre pour les élèves qui vont passer à la rentrée leur examen de médecine opératoire. Chacun de ces cours, étant donnée la pénurie de cadavres, comprend seulement 16 à 18 leçons ; les élèves sont au nombre de 4 pour une table et ont successivement à leur disposition trois sujets. — Le programme des cours est celui indiqué dans

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le Traité de Farabeuf. On ne fait que les ligatures, les amputations et quelques résections. C'est là un enseignement qui paraît un peu restreint, mais c'est à l'hôpital que l'élève étudie les opérations gynécologiques et autres, et d'une façon beaucoup plus profitable. — L'enseignement à l'Ecole n'est donc qu'un court prélude de celui fait dans les services à l'hôpital et de celui fait par le professeur de médecine opéra toire à la Faculté.

Pour la médecine opératoire, comme pour l'anatomie, l'encombrement est tel, à cause de- la pénurie des cadavres, que les docteurs étrangers qui viennent pour se perfectionner à Paris sont bien étonnés de ne pas trouver en France, comme à l'étranger, les mêmes facilités d'étude.

Les élèves qui ont suivi les Travaux pratiques de dissection et ceux de médecine opératoire obtiennent un certificat qui leur est demandé pour passer les examens. Ceux qui sont en cours régulier d'études n'ont pas besoin de ce certificat ; les notes trimestrielles du prosecteur en tiennent lieu. On sait que, depuis 1879, Travaux pratiques sont obligatoires et non plus facultatifs.

Les cours d'hiver ne commencent qu'en novembre ; à cette époque s'ouvre la dissection du premier pavillon d'anciens (élèves ayant déjà disséqué un an). En même temps commencent aussi les cours d'ostéologie pour les élèves nouveaux. Ces cours d'ostéologie durent trois semaines, et, après un examen que fait passer le chef des travaux anatomiques aidé des prosecteurs des autres pavillons, l'élève dissèque. Les premiers pavillons ouverts dissèquent donc quatre mois et demi au maximum — les huitième et septième pavillons dissèquent les derniers, trois mois à

I»eine. — Ce sont les premiers inscrits qui dissèquent es premiers.

Depuis la reconstruction de l'École pratique.

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