ACTE DEUXIÈME 5i
RONCIIIN, passant le fleuret sous le bras gauche, et tirant son portecigares qu'il ouvre.
Prends.
ARISTIDE, ahuri.
Il m'offre un cigare maintenant 1
RONCHIN.
Oui, je t'offre un cigare.
ARISTIDE, d'un air aimable.
Pourquoi ?
RONCHIN.
Tu vas le savoir : nous allons fumer ces deux Havane ; l'un est excellent jusqu'au bout ; l'autre... choisis bien!... l'autre est rempli à moitié par une cartouche de dynamite. On allume... c'est exquis... jusque-là... (il montre la
moitié du cigare.) puis.,.
ARISTIDE
Puis?...
RONCHIN.
Pan! pani la dynamite éclate... toi ou moi, nous n'avons plus de tète.
GRANDHUSIER, entr'ouvrant la porte de gauche.
Horreur!
Il la referme sur lui.
ARISTIDE
Hé!... pas de bêtise!...
RONCHIN.
Tu trembles, lâche ! Tu n'apprécies pas la délicatesse de ce procédé qui égalise nos chances et qui sauve mon honneur, le tien et celui d'Andrée. Ah ! tu n'étais pas digne de me tromper !. . Alors, je vais l'embrocher !
ARISTIDE, le voyant s'armer du rtouret.
Je suis fumé 1... passe-moi le panatellas... (Avant de choisir.) Tu n'as pas gardé le bon ?
R 0 xN C II 1 N .
Pour qui me prends-tu !
ARISTIDE, résigné.
As-tu du feu 't
RONCHIN.
Oui.
Il lui donne une allumette.
ARISTIDE, tremblant.
Tu ne m'en veux plus ?
RONCHIN.
A l'heure suprême on ne connaît pas ces mesquineries. (Avec intérêt.) Es-tu bien allumé?
Ils fument tous deux en se tenant la main.