ACTE TROISIÈME
Pondant ce tomps, Grandbusier lance son fluide sur Gilberte qui sursaute à chaque coup en poussant de petits cris. — Peu à peu, elle feint de s'endormir, mais, à certains signes qu'elle fait, on s'aperçoit de la supercherie.
CYPRIEJV, s'approchant sur la pointe du pied et constatant l'état de Gilberte. — A Aristide.
Elle dort.
Elle dort.
Elle dort.
Elle dort I
GRANDBUSIER, triomphant.
Reconstituons le crime... dans ses moindres détails.
Dites donc... dites donc... hé ! là-bas !...
GRANDBUSIER.
Je le reconstituerai en apparence ; il y a des choses qui se devinent suffisamment sans qu'il soit nécessaire d'aller jusqu'au bout !... Le crime a été perpétré à huit heures quarante-sept du soir... par conséquent, il faisait nuit...
CYPRIEN
Admirable de logique !
GRANDBUSIER.
Faisons la nuit, (ii ferme les rideaux.) La lune éclairait le
forfait... faisons la lunel... (il prend une lampe garnie d'un
globe et l'accroche.) Voilà la lune!... Le lieu du crime, l'enfant va le désigner, (n replie le paravent.) Reconnaissez-vous cette chambre ?
GILBEUTE, d'une vois surnaturelle.
Oui, c'est la mienne.
GRANDBUSIER.
Reportez-vous à la terrible soirée de dimanclie, à Viroilay... à huit heures quarante-sept 1
GILBERTE, regardant sa montre.
J'y suis !
8i L'AFFAIRE DE VIROFLAY
GRANDBUSIER.
Rappelez-vous : les malfaiteurs s'approchent...
GILBERTE, s'agitant.
J'ai peur!
CYPRIEN, à part.
Elle est adorable !
ANDRÉE
Elle pâlit !
Elle va ponr soutenir Gilberte.
CYPRIEN, bas, en la retenant.
Mais ne voyez-vous pas qu'elle se moque de lui... et qu'elle nous sauve !
GRANDBUSIER.
A présent, au crime !... L'un des malfaiteurs était costumé en employé du chemin de fer... reconstituons-le I
Il sort à gauche.
GILBERTE, avec un éclat de rire.
Il va chercher du fluide !
RONCHIN, inquiet, à part.
Mais je ne me suis pourtant pas déguisé en employé du chemin de fer I
ANDRÉE
Vous dites ?
ARISTIDE
Silence !
GRANDBUSIER, du dehors.
Je commence !
Silence "•énéral. — Tout à coup un des carreaux de la fenêtre vole en éclats ; un bras passe au travers et ouvre l'espagnolette. On voit paraître, sur le haut d'une échelle, Grandbusier vêtu d'un bourgeron mis sur l'habit noir, et coiffé d'une casquette de chemin de fer. Il s'élance dans la chambre et court à Gilberte.
GILBERTE, reculant.
Mon parrain I