‹ L'Affaire Delpit [microforme]Chapitre 54 sur 98 · Quels sont vos nom et prenom · texte numérisé non relu

Quels sont vos nom et prenom

Marie-Erilda Dérome.

Votre âge ?

Vingt-un ans.

Le lieu de votre résidence ?

827 Dorchester, Montréal.

Quelle est votre religion ?

Catholique.

. Vous connaissez, n'est-ce pas, Jeanne-B. Côté 2

Oui, monsieur.

La voyiez-vous souvent avant et lors de son mariage ?

Bien peu.

La considériez-vous alors comme catholique ?

Non.

Voulez-vous expliquer pourquoi ?

Parce que je ne lui ai jamais vu faire de religion, Cependant, elle a fait sa première communion une année avant moi.

Où a-t-elle fait sa première commrrion ?

Etant à l'Académie de Mademoiselie C'énéreux (qui est morte maintenant) elle a fait sa première communion à l'église St-Jacques. Depuis sa première communion je ne lui ai vu faire aucun acte religieux.

Vous a-t-elle manitesté alors le désir d'aller à l'église catholique ?

Je ne me rappelle pas.

Vous a-t-elle jamais dit qu’elle avait abandonné la religon ?

Non, elle ne l’a jamais dit.

Vous a-t-elle dit qu’elle était ; rotestante ?

Non, elle ne m'a jamais dit cela ; je la voyais si peu. Jamais nous n'avons causé de cela entre nous, jamais. $ Vous a-t-elle dit qu'elle allait à l'école métho-

iste ?

Oui, je savais qu'elle y allait.

Savez-vous si elle se conduisait là comme les élèves protestants ?

Je ne sais pas.

Savez-vous si elle pratique maintenant la religion catholique ?

Bien, elle a fait ses Pâques en même temps que moi cette année,

Savez-vous quand elle a recommencé à revenir à la religion catholique ?

Non, seulement que cette année, elle était ici, à

Montréal, et elle a fait ses Pâques en même temps que moi.

(Signé) MARIE-ERILDA DÉROME.

No 13 INTERROGATORIUM LEOPOLDI MASSICOTTE.

Q. Jurez-vous sur les Saints Evangiles de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ?

R. Oui, monsieur.

Q. Uites-nous, s’il vo votre âge, le lieu de votr votre religion ?

R. Je m'appelle Léopo'd Massicotte, je suis âgé de 38 ans. Je demeure au No. 1, rue Ste-Elisabeth.

Q. Votre condition 2

KR. Pasteur.

Q. Votre religion ?

KR. Méthodiste.

Q. Connaissez-vous Mme Edouard Delpit, née Jeanne- B. Côté? &i oui, depuis quand ?

R. Je la connais très bien depuis 1890 à peu près. J'ai fait sa connaissance plus tard à l'Institut, en 1893. En 1890, j'ai assisté à une séance de spiritisme que donnait M. Côté; c'est là que j'ai fait la connaissance de la

famille, et ensuite j'ai connu la petite fille comme élève de l’Institut en 1898.

us plait, vos nom et prénom, e résidence, votre condition et

Q. Sarez-vous si Jeanne-B. Côté a fréquenté une école protestante, méthodiste, à Montréal? Si oui, quand et pendant combien de temps ?

R. Elle à fréquenté l'Institut méthodiste au moins une année. Je suis sûr de cela, en 1893 ; peut-être deux ans. En 1893, eile est entrée comme élève de l'Institut, avenue Green, Westmount.

Q. Avez-vous été professeur de Jeanne-B. Côté ?

R. Oui, monsieur.

Q. Jeanne-B. Côté était-elle alors considérée comme appartenant à l'église méthodiste, et pourquoi ?

R. Pas nécessairement comme appartenant à l’église méthodiste, mais nous la regardions comme protestante ; voici pourquoi. D'abord sur la demande d'admission, les parents avaient écrit en réponse à la question (il yen a sept où huit): “ À quelle église appartenez-vous ? ” Ils ont répondu: ‘“ Spirite. Autrefois catholique.” Alors nous avons conclu. le directeur et moi, que les Parents étant spirites, autrefois catholiques, voulaient élever leur enfant dans l'église protestante puisqu'ils nous confiaient cette enfant ; qu'ils désiraient que nous lui donnions une éducation protestante, et nous la regardions comme protestante. Elle ne s'est jamais jointe à nous comme méthodiste, au moins pas que je sache. J’ignore si elle a pris la communion chez nous. Nous la regardions comme une des nôtres ; Comme étant protestante. La demande d'admission est encore au collège, et j'ai vu le directeur ces jours-ci.

Q. Jeanne-B. Côté a-t-elle fait quelque acte formel par lequel elle renonçait à la religion catholique lorsqu’elle était chez vous ?

R. Pas chez nous. Seulement elle se soumettait à tous les exercices religieux, et la demande d'admission déclare qu'elle n'était pas catholique.

Q. Jeanne-B. Côté a-t-elle été admise comme membre de l'église méthodiste? Si oui, quand et par qui, et quel acte a-t-elle fait pour cela ?

Je ne crois pas qu'elle se soit jamais jointe à notre église, C'est possible, mais Je ne sais pas.

Q. Lors de son mariage avec Edouard Delpit, en 1898, Jeunne-B, Coté appartenait-elle à l’église méthodiste ?

KR. Je n’en sais rien.

Q Pourquoi s’est-elle mariée à l'église unitaire ? Appartenait-elle alors à cette dernière église ?

R. Je n’en sais rien non plus. J'ai appris cela rien que dernièrement qu’elle était mariée : je ne l'ai pas vue depuis ce temps-là.

Q. Pouvez-vous nous dire pourquoi Jeanne-B. Côté a quitté si tôt l’école méthodiste ?

R. Elle a quitté l'Institut à la clôture au mois d'avril. L'Institut ferme ses cours toujours vers la fin d’avril : alors tous les élèves s’en vont chacun chez eux.

Q. Le fait que Jeanne-B. Côté s’est mariée à l’église unitaire, qu’elle a fait baptiser ses enfants dans la religion catholique ne vous donne-t-il pas des doutes sur la sincérité de son adhésion à l'église méthodiste ?

R. D'abord il n’y a pas eu d'adhésion à l'église méthodiste de sa part. Je ne puis expliquer cela. Qu'elle soit allée se faire marier par un ministre protestant de l’église unitaire ne signifie pas grand chose pour moi. Je fais cela très souvent : presque tous les mois des catholiques viennent se faire marier par moi; je ne leur demande pas s'ils sont catholiques ou non. Comme je lai dit, nous la considérions comme l’une des nôtres parce que la demande d'admission déclarait qu’elle était ‘spirite, autrefois catholique.” Dans nos classes les élèves sont classés suivant leurs croyances ; 1. us avons conclu, et j'ai dit au directeur—: puisqu'ils nous confient leur fille, c’est qu'ils veulent l’élever dans la religion protestante. Et nous l’avons classée parmi les élèves protestantes.

Q. Avez-vous autre chose à ajouter ?

R. Absolument rien.

Anno 1900, die 8a Maii, R. D. Massicotte testis supradictus monetur ut attente legat interrogationes cum responsionibus datis, facultate facta attendi, variandi, corrigendi prout veritas exegerit et demum subscribere jubetur. Facta lectione, testis nihil censuit addendum et omnia comprobans manu propria subscripsit.

Marianopoli, die 7a Maii 1900.

(Signé) LEOPOLD MASSJCOTTE.

Pasteur.

aire ?

, rien No 14 LS vue INTERROGATORIUM NORBERTI FAFARD, M. D.

Côté a Q. Quels sont vos nom et prénom ?

avril. R. Je m'appelle Norbert Fafard.

avril ; Q. Quel est votre âge ?

. R. 51ans.

église D Q Votre condition ?

areli- R. Médecin.

sur la À Q. Etes-vous catholique ?

R. Oui.

mé- Q. Pratiquez-vous vos devoirs religieux ? u'elle R. De mon mieux.

at de Q. Vous connaissez la gravité du serment que vous MOI. SF venez de prêter ?

ès Ca- R. Oui.

leur Q. Vous admettez l'obligation de dire la vérité, toute à la vérité et rien que la vérité en réponse aux questions A qui vous seront posées ?

gr R. Oui.

s les Q. Connaissez-vous M. Edouard Delpit ?

vons L'or RE Q. Depuis quand ?

reli- R. Depuis son mariage.

éhdte Q. Le connaissiez-vous lors de son mariage en 1898. KR. C'est à cette époque que j'ai fait sa Connaissance ; j'ai été son médecin le temps qu'il a demeuré à Montréal. Q. Passait-il pour catholique; le connaissiez-vous pra- D comme tel? , ; ae R. Je ne m'en suis pas informé.

ndi, Q. Connaissez-vous Mme Delpit, née Jeanne-Berthe bere Côté ?

lum KR. Oui.

Depuis quand :

epuis son enfance ; étant toute jeune fille 2 Q La connaissiez-vous lors de son mariage avec M. 2: Delpit ?

R. Oui.

* e $ La connaissiez-vous comme catholique ?

Je croyais que le père était catholique et pour la

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même raison, je croyais la jeune fille catholique, mais je savais en même temps qu'ils s'étaient fait une espèce de religion; qu'ils pratiquaient le spiritisme, et pour eux c'était une espèce de religion indépendante.

Q. Vous connaissez la différence qu'il y a entre tenir une conduite repréhensible condamnée par l'Eglise, et quitter formellement l'Eglise catholique ?

R. Oui.

Q. Savez-vous si Mme Edouard Delpit, née Jeanne- Berthe Côté, a jamais apostasié formellement la foi cathu lique ?

R. Non, pas à ma connaissance.

Q. Quelle foi étrangère a-t-elle embrassée ?

R. Je ne connais pas ça ; je ne crois pas qu’elle ait embrassé une foi étrangère.

QG. A-t-elle fréquenté publiquement une église protestante en qualité d’adepte de la foi de cette église ?

R. Pour moi personnellement, je l'ignore ; je l'ai entendu dire.

Q. Etait-elle connue comme ayant fait apostasie de la foi catholique ?

R. Non, pas à ma connaissance.

Q. Savez-vous si Mme Delpit s'est mariée devant l'Eglise catholique ou en présence d’un ministre protesie tant ?

ins R. Je l’ignore personnellement, mais on m'a dit, des pitr Hs personnes intéressées, qu'elle s'était mariée devant un je es ministre protestant.

HIER Q. Devant quel ministre ?

: R. Je l’ignore.

pot M Q. Ministre de quelle secte ?

Fig .. KR. Je l’ignore.

ji Q. Pourquoi M. et Mme Delpit se sont-ils mariés devant un ministre protestant ?

R. Je l’ignore.

Q. L'un ou l’autre avait-il apostasié sa foi ?

KR. Je ne crois pas.

: Q. A quel âge s’est mariée Mme Delpit ?

R. Vers seize (16) ans, je rois ; seize ou dix-sept ans. à peu près.

Q. Depuis combien de temps avait-elle laissé le couvent où elle faisait son éducation ?

pere KR. Je crois qu’elle sortait du couvent ou de l’école

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lorsqu'elle s’est mariée ; peu de temps avant son mariage.

Q. Dans le couvent a-t-elle donné des preuves d'apostasie ?

R. Je l'ignore.

Q. Dans le monce, entre sa sortie du couvent et son mariage, avez-vous rencontré Mme Delpit ?

R. Entre sa sortie du couvent et son mariage, je l'ai rencontrée chez son père, naturellement. lorsque j'y allais.

Q. Avez-vous causé avec elle 2

R. Oui, quelquefois.

Q. Vous a-t-elle dit qu'elle avait apostasié la foi catholique ?

R. Non.

Q. Vous a-t-elle déclaré qu'elle pratiquait le spiritisme ?

R. Elle ne me l’a pas déclaré ; Mais j'ai vu moi-même : J'ai assisté à des séances de spiritisme où elle était actrice.

Q Sont-ce ces pratiques défendues par l'Eglise qui l’'empêchaient de remplir ses devoirs de catholique ?

R. Je ne sais pas d’abord «i ces pratiques de spiritisme sont défendues par l'Eglise complètement, et j'ignore si ce sont ces pratiques qui l’'empéchaient de remplir ses devoirs de catholique.

Q. Avez-vous eu connaissance de son mariage ?

R' Oui.

Q. Etes-vous allé la visiter en cette occasion ?

R. Oui. Quelque temps après, il y a eu de Ja maladie dans la famille : j'étais le médecin de la famille.

Q. Vous a-t-elle parlé du fait de son mariage devant un ministre protestant ?

R. Non, je n’ai pas eu occasion de causer de cela avec elle.

Q. Immédiatement après son mariage n'a-t-elle pas fait acte de catholicisme en fréquentant l’église catholique, en prenant part aux prières publiques, ete. ?

ma connaissance, je sais que son premier enfant. que j'ai mis au monde moi-même, a été baptisé dans l'Eglise catholique. Je ne connais pas d’autres actes de sa vie.

Q. A-t-elle fait baptiser ses enfants ?

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R. Son premier; et les autres aussi, je crois; je ne sais pas.

Q. Quand son premier enfant est-il né?

R. Il y a à peu près cinq ou six ans; à peu près six ans. Environ un an après le mariage, je crois.

Q.. Si son premier enfant a été baptisé, elle se montrait alors catholique ?

R. Bien, ma foi, c'était un acte de catholicisme. A vrai dire, elle ne paraissait pas pratiquer sa religion.

Q. Prétend-elle avoir apostasié ?

R. Non; je ne crois pas. Elle ne m’en a pas parlé, à moi, non.

Q. Est-elle catholique aujourd’hui ?

R. Je crois que oui... Je l’ignore.

Q. Pratique-t-elle ses devoirs religieux ?

R. Je ne le sais pas personnellement.

Q. Si elle est catholique aujourd'hui et qu’elle a apostasié autrefois, quand a-t-elle abjuré ses erreurs protestantes ?

R. J'ignore toutes ces choses-là.

Q. Cette prétention d'apostasie n'est-elle pas pour servir actuellement l'intérêt résultant de la validité de son mariage ?

R. Je ne connais pas quelles sont ses intentions.

G. Savez-vous où M. et Mme Delpit ont fait leur voyage de noces ?

R. Je crois qu’ils l’ont fait dans Montréal. Je ne pense pas qu'ils se soient éloignés de la ville.

Q. Avez-vous quelques détails utiles à ajouter à votre déclaration ?

R. Aucun.

Q. A votre connaissance, M. Edouard Delpit a-t-il considéré sa femme comme ayant apostasié la foi catho-

M ? . Je ne crois pas.

Q. Pourquoi lui-même s'est-il marié devant un ministre protestant ?

R. Ilne me l’a jamais dit ; c'était son affaire.

Q. Etait-ce par considération pour sa femme qui alors se disait protestante ?

R. Je ne crois pas.

NME Q. Croyait-il se marier avec une protestante ?

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KR. Non; je ne crois pas, c’est un garçon intelligent ; il savait bien qu’elle n’était pas protestante.

Q. A:t-il parlé de ceci à quelqu'un à votre connaissance ?

R. Non, pas à ma connaissance.

Q. A-t-il exercé quelque influence pour faire revenir sa femme à la foi catholique ?

R. Pas à ma connaissance.

Q. Croyait-il son mariage valide lors même qu'il était contracté devant un ministre protestant ?

R. Je crois que oui.

Q. Pourquoi ?

R. Parce que c’est l'opinion publique. C’est mon opinion aussi à moi-même que le mariage devant un ministre protestant ou un prêtre catholique était valide. Depuis quelque temps j'apprends que c’est autre chose. Il devait penser comme moi. Je comprenais que deux catholiques se trouvaient en dehors de leur religion et que pour rentrer dans le giron de l'Eglise, il fallait que leur mariage fût béni... Mais je considérais le mariage valide.

Q. (Même question). Comme cela, d’après vous, deux catholiques mariés devant un ministre protestant seraient mariés ?

R. 11 me semblait que oui.

Q. Ne connaissait-il pas cette loi de l'Eglise qui invalide le mariage de deux catholiques devant un ministre protestant ?

Je ne orois pas ; il ne devait pas la connaître.

Q. S'il la connaissait, il croyait donc marier une protestante puisque jusqu'ici il a considéré son mariage cemme valide ?

R. J’ignore ces choses-là.

Par le défenseur du lien matrimonial

Q. Considériez-vous Mme Jeanne Côté comme catholique ou protestante, lors de son mariage avec Delpit ?

R. Je ne la considérais pas comme catholique ni protestante. Ils avaient leur religion à eux, et sa mère est morte en dehor de la religion catholique, quaique n'ayant jamais abjuré. Je considérais sa fille comme

elle, en dehors de la religion catholique et pratiquant le spiritisme.

Par le Juge

Q. Sa mère est morte sans confession ?

KR. Oui.

(Signé) N. FAFARD, M. D.

No 15

INTERROGATORIUM MALVINAE LEMIRE- MARCHAND.

1. Jurez-vous sur les Saints Evangiles de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ? Oui, monsieur.

2. Dites-nous, s’il vous platt, vos nom et prénoms, votre âge, le lieu de votre résidence, votre religion ? Malvina Lemire-Marchand, veuve de Médérie Marchand.

Q. Votre âge ?

R. Cinquante-sept ans.

Q. Votre condition ?

R. Directrice de l'académie de Mme Marchand, 62 St-Hubert.

Q. Votre religion ?

R. Catholique.

8. Connaissez-vous Jeanne-B. Côté, fille de Allen- Bernard Côté et mariée à Edouard Delpit ?

Oui, monsieur.

4. Cette personne a-t-elle suivi les classes de votre académie? Si oui, quand et pendant combien de temps ? Ab, je ne puis pas dire quand et pendant combien de temps au juste. Elle a suivi les classes à peu près deux ans et demi. Je ne pourrais pas dire en quelle année. Je ne puis pas dire.

Q. Longtemps avant son mariage ?

R. Non, elle s’est mariée quelques semaines après. Q. Elle à fréquenté votre académie quelques semaines avant son mariage ?

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R. Oui, monsieur.

Q. Pendant combien de temps, à peu près ?

R. Je sais qu’elle a suivi les classes pendant deux années et demie. Je ne sais pas si c’est deux années complètes. Disons qu'elle a fait quinze on seize mois.

5. Quand Jeanne-B. Côté était à votre académie, avez-vous remarqué quelque chose de particulier à son sujet, à propos des pratiques de religion ?

Sa mère était venue me dire qu’elle ne voulait pas qu’elle suivit aucun exercice religieux. Pas de confession, pas de prière avant et après les classes, pas même d'histoire sainte ; enfin, rien du tout; qu'elle ne l'éleait pas catholique ; qu'ils avaient leur religion à eux, qu'ils étaient spirites. Elle m'a dit de ne pas m'occuver de cela, les choses religieuses. Et j'ai deux de mes maitresses qui peuvent dire la même chose. A Melle Bibaud qui est allée chez elle, on a fait la même défense. Elle ne s'est jamais mise à genoux, pas même avant et après les classes. Elle n’a jamais été à confesse qui se faisait chaque mois. Sa mère est venue elle-même me dire cela dans mon salon.

Q. La jeune fille ?

R. La mère. Elle est venue chez moi. Melle Beaudoin, qui lui a fait la classe tout le temps, peut en dire autant.

6. Suivait-elle les instructions religieuses et autres pratiques de religion comme font les autres élèves catholiques de votre académie ?

Non, monsieur, rien du tout.

7. Avez-vous reçu quelques instructions de M. Côté, au sujet des pratiques religieuses de sa fille ?

Non ; pas de M. Côté. Je ne connais pas M. ‘'"''é, je ne l’ai jamais vu. C’est Mme Côté qui est ve: .hez moi.

8. La jeune fille elle-même se “onformait-elle avec plaisir aux ordres de son père (de sa mère) à ce sujet ?

Elle ne m'a jamais demandé pour suivre les cours religieux. Elle ne m'a jamais dit non plus: “ J'aimerais à suivre les cours religieux.” Je crois qu'elle était parfaitement indifférente, d'autant plus que ce n'était pas une personne d’une tres grande intelligence et elle ne s'est jamais aperçue beaucoup de ce qu’elle faisait, c’està-dire qu’elle n’était pas dét *loppée.

LE vert à

9. Donnait-elle parfois des signes qu'elle n'avait pas renoncé à la foi catholique ?

Je ne puis rien dire de cela du tout. C'était une petite fille bien tranquille. Elle n'aurait jamais influencé les autres à ma connaissance. D'ailleurs, nous ne l’aurions pas gardée si nous avions cru qu'elle pouvait causer quelque mal aux autres élèves. Elle était bien indifférente, bien tranquille. Du moment qu'elle ne suivait rien, qu’elle ne faisait rien, c'est difficile à dire si elle a

donné des signes qu’elle n'avait pas renoncé à la foi catholique.

10. À votre connaissance, a-t-elle accompli quelque acte religieux : par exemple, s'est-elle confessée ? Non, monsieur.

11. Avez-vous eu connaissance qu’elle ait fait quelque acte montrant qu’elle eût renoncé à la foi catholique ?

Je ne puis rien dire là-dessus, ni pour ni contre. Je crois que l'enfant subissait l'influence de ses parents. Elle n’était pas très développée : elle était chez nous en quatrième année, dans les verbes et les participes, et elle était la dernière sur quarante élèves.

12. Pour vous, la considériez-vous comme une catholique ou comme une non-catholique ? Sur quoi appuyezvous votre opinion ?

Je ne pensais rien du tout. Je ne pouvais pas dire qu'elle était catholique, suivant moi. Je pensais plutôt qu’elle suivait la religion de sa mère : je ne l'ai jamais considérée comme une des nôtres.

Q Vous la considériez comme appartenant à une secte protestante ?

R. Je sais bien qu’elle suivait des exercices chez elle. La mère me l’a dit. Elle m'a dit que d'ailleurs elle n’avait besoin de personne pour l'éducation religieuse de sa fille. Que tout cela se faisait chez elle. Ils avaient des assemblées, des réunions. Je ne sais pas quelle était

cette secte.

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