PAROLES DE JACQUES' CAILLY
Chanson créée au local de /a Jeunesse' Antisémite, (3, Rue de Cluny)
Couverture de char.S)n colporléc dans les rues (Léon Hayard, éditeur).
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46 L'AFFAIRE DREYFUS ET l/lMAGE
le mot cher à Cambronne; — la Lettre aux sergents de ville d'Emile Zola, signée Jean Monec « pseudonyme cachant une des personnalités les plus distinguées du monde des lettres ouvertes par en haut. » — Pourquoi cette lettre aux braves sergots, parce que ayant mis la police en mouvement, « Zola a des sergents de ville, comme François €oppée des cataplasmes. »
« Zola! oh là là. Ça ne peut rimef qu'avec caca. »
La chanson Dreyfus, Reinach et C ie , elle, se charge de trouver autre chose.
Et c' qu'eut été Y plus épatant, C'est que Y père Zola la Mouquette N'eût pas f... tu son nez là-d'dans Pour en r' tirer un brin d' galette î Ah! mince alorssl... ce saï' mec-là S'y entend à ramasser la thune, Qu' son amie, la môm' Nana, Gagne au raccroc sur le bitume.
Le style, on le voit, est à la hauteur de la pensée.
Il est vrai qu'en même temps — ceci se vendait avant l'ouverture du second conseil de guerre — on chantait déjà les louanges d'Esterhazy.
Somm' tout' là d'dans que reste- t'-y Que reste-t'y pour nous d' potable?
Y'a le commandant Esterhazy Qu'est un pauvr' bougre pas coupable.
Oui mais, est-c' que Y governément Saura remplir sa lourde lâche.
Le gouvernement! Non seulement, il a rempli sa (( lourde tâche », mais encore, du haut de la tribune, il a fulminé contre les intellectuels. Il ne lui manque plus, pour avoir droit à tous les éloges du chansonnier Jacques Cailly, que de répondre à cette gracieuse invite :
Billot, mon vieux, faut f... t' dedans Tout' cett' band' d' crapul' et d' vaches.
Aux chansons succèdent les chansons :
Voici La Gueule à Zola, grand duo chanté par Zola et Dreyfus au Casino de Vile du Diable où une image parlante montre Zola, se disposant à franchir le pont des Arts, émerveillé par la vue du derrière à la Mouquette mis sous... feuille de vigne 1 . — Voici Le Châtiment, Zola en débâcle sous un coup d'assommoir, peinture authentique et prophétique, en couleurs empruntées à la
î. Pour ceux qui collectionnent les chansons et placards populaires, il faut noter que cette image suggestive a servi à trois publications différentes : 1° Sur papier jaune : La Gueule à Zola, avec, au milieu, comme texte, Le Suicide de Dreyfus à Vile du Diable; 2° Sur papier blanc: La Gueule à Zola, avec, au milieu, le catalogue de la maison Hayard ; 3° Sur papier blanc : Le Verdict.
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48 L'AFFAIRE DREYFUS ET l/lMAGE
Conspuez ZOLA
, Conspuez
^J^X^f.. .__£ ^<J^M?As?
Titre de la chanson populaire : Le?>e'e de cannes. Conspuez Zola
(Léon Hayard, éditeur).
3 et enterrement du porn
Emile ZOLA
en Cour d'Assises,
n .ramollissement cérébral, joii
i Palais de Justice à Paris, à l-àge de
longue et douloureuse scandallte aiguë,
indigestfion de galette Israé-
Lillast circoncire,
L' autrui
foi!
écrivain, avant sa mon, avait toutefois au. le temps de se faire s qui ne I a pas empêché de s'en aller ad patres. L auteur de Pot-Douille laissé derrière lui des reWs éternels, comme témoignent les larmes de crocodile qui orneront le drap funéraire
La cérémonie sera dirigée par le CrOque-môYt Basouge, qi>i pour cette remplira les fonctions d'ordonnateur. '
" officiers religieux qui 'seront au nombr.e de trois, vu l'électisme
célébrés par le grand rabl.in Habosch-Dahnn
' des idées du défu.
et le-pasteur S.heùrcr-Kesti
L'abbé TuiMulne donnera l'absoute.
Enfin, au sortir de la synagogue, du temple et de 4'églisc au enterré comme un simple mortef, le cadavre de l'auteur des Bougon sera „vre rar1» flU * C " saucisson destiné à l'alimentation du Ventre de
w. *. Apr f S J. a J e . rni ^ re . é . , . ap i' *° 8 ueulet0 » monstre, présidé par Coupenu, Me*- Botte» et nibi-la-Grilladfe réunira tous les assistants dans les vastes salons de I Assommoir, rue des Poissonniers, où Cervnlse et cette grauda rosse do lirgliile, pour égaler la société donneront enduise do danse du v. ntre une représentation de la formidable fessée du lavoir, sous 1,'oml paternel du sergent Poisson et de son a ml Lantier. (Le plus poisson des deux n'est pas celui qu on pense .') r
Pour stimuler les glandes lacrymales de» convives, les oiffnons seront, fourni, par *dèlc, l'amie de Trubl.t ; quant à l'ail, mesdemoisei", «ana e »atln en apporteront deux gousses....
Enfin, au dessert, pour | dissiper l'humeur noire des assistants, la Mououctte montera Sur la table et exhibera devant tous sa physionomie postérieure qui a !•*'•>, i St rf ! , , L. m , *V« ,et 1"' représente la photographie de Zol«. Poar sistànce ' " e feraen,on<lre 80D - pûonograpSe aux oreilles de l'as-
DE PROFONDIS Zola Kif-KifBonricot.Salopu* ii„h D ft. U r ,ar ^ c S a ' 0n »°n Prépuce, Baronne (Lévy) d'Ango.Barons IsaleKahnv nie P^^-J'^^Kohn-.Naas, Kohl-Depaux, David-Tho.nas, llirschï gne, Olia Salvach, Kehl-Weiss, Cohen-.Delar, Thérèse ftaqulrt, Eslhèr Schipmann .Nathan Ko.nun-Cerf, Avalschopp. Sorduclac, Reinach Joseph (vendu pnr m» frtre») BouIe-dç-Ju.f, Grattmo.loss, Kifeltrucetc, etc v et tous les clients, " u Père Colombe et lecteurs du célèbre naturaliste, des Cousin», cousines, Oncles. ^ et \ieilles Tantes. — A toi Francisque. Sganarelle. . ' ' :
Léon HAYARD, Imprin
r-liditeur, l«,'i*-.MotttDi«rire, Paris
| Reproduction fac-similé de la lettre mortuaire-farce annonçant le décès en Cour d'assises d'Emile Zola.
r Ce canard, qui fut imprimé et colporté avant le jugement du tribunal, se compose de deux feuilles. La seconde feuille donne le Testament d'Emile Zola, rédigé, est-il besoin de le dire, dans le même style.
palette de Zola, par le patriote O'Méga. — Voici Le Syndicat des Vidangeurs, Youpin, Mouscaille et C îe ; avec une image non moins documentaire (une tête dans un vase de nuit). — Oh ! oui, devant tout cela « les Français se contentent, railleurs, de se boucher le nez. »
Qu'est-ce encore?
Complainte du Vénitien Zola] Argent, Académie, Réclame, avec un Zola accoudé sur Nana, Pot-Bouille et La Terre. — Sus aux Espions, paroles de Maudeville, sur Fair Vous n'aurez pas V Alsace et la Lorraine. — Conspuez Zola. Conspuez — Crêpes tristes, jours gras 1898 — Le Verdict, sur l'air de la Mère Michel — Vlh Zola '.
Et ce n'est point fini. Longtemps encore les chansons succéderont aux chansons, ne serait-ce que pour aider le gouvernement à « cicatriser la plaie des passions violentes. »
Heureusement , suivant le cri des camelots , « voici de quoi rire, voici de quoi s'amuser : le Procès de Zola Mammès-Élisée-Rufin-Damiens- Émile, un procès qui se sent. On en mangerait. »
Toujours l'attirance cambronesque, le nom étant cette fois formé par les lettres capitales des prénoms.
1. Toutes ces chansons, sauf la dernière, ont été publiées par Léon Hayard.
Voici les lettres mortuaires et testaments des deux copains — lisez Emile Zola et Alfred Dreyfus — les fameuses lettres de part qui ne trompent plus personne aujourd'hui, et les télégrammes-farce, et les petites pièces que Ton tire, que l'on tourne, que Ton ouvre, telle Zola Mou-
sortant .1,. rhtMcf Je la ru*..
I télégramme
1 a Mo,\sm n
\ EMILE ZOLA
A' 1 00 Timbre'