LA LOI MARTIALE. — L'EXÉCUTION DE... LA LIBERTE
[Moonshine de Londres, mars 1898.)
* Après Zola, chevalier du droit, après la Justice cherchant à ouvrir les portes du Conseil de guerre, voici le militarisme tuant la liberté. Du moins c'est la thèse exposée par les images londoniennes se plaçant comme je l'ai déjà remarqué, à un point de vue purement anglais. A vrai dire, -— et il en est ainsi de presque toutes les compositions du Moonshine — les illustrations satiriques de nos voisins ont une certaine ampleur qu'on chercherait vainement dans nos satires crayonnées au jour le jour. Alors que nos images s'élèvent rarement au-dessus de la conception d'un article graphique, exprimant par le trait ce que les autres expriment par la plume, les images anglaises, sérieusement pensées, visent au tableau, on pourrait presque dire au tableau d'histoire. Souvent, du moins, c'est le cas.
Assurément, notre conception de la Liberté n'est point celle des Anglais, pas plus qu'elle ne semble être — les images ici reproduites, nous le prouveront — celle des Hollandais et des Suisses ; car l'opinion publique anglaise se résume en ce mot : « Les Français peuvent être et rester longtemps en République, mais ils ont dès à présent rompu avec le régime de la Liberté. » Après tout, Liberté ici n'est pas Liberté là-bas. i
Et puis, est-ce que tout, en ce monde, n'est pas relatif?