D'.n]iPt'S BertÎJl, Révision du ]iroc6s I.csiii'ijuiîc
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i.ii I. AFKAIRE DL œURBIEB DE I.VON
qu'on ne peut déchilTrer. C'est ainsi que jjar un faux on a clicrchtj à venir en aide à un coupable. Non cunlent de mentir, Lesurques, vous usez de ces moyens pour i^gaver l.i Jusiice! Koua savons ce qui nous reste à penser de pareils procédés et de la -moralité de ceux qui les eniploieiill
Il Je veux croire, citoyen défenseur, que votre client a surpris également votre bonne foi, en vous faisant produire un semblable document! »
Ces paroles, dites d'un ton animé, au milieu d'un silence profond, produisirent une jKiignante impression, cl, presque aussitôt, l'accusateur public se leva et requit l'arrestation de Legrand, prévenu de faux et do faux témoignages.
Le Tribunal rendit, sans désemparer, un jugement conforme à ces réquisitions et ordonna que le témoin Legrand fût aussitôt conduit en étal d'arrestation devant le juge de paix du Pont-Neuf pour être interrogé sur le faux commis relativement à la date du 8, feuillet a3 du registre.
Cet incident devait être mortellement funeste à Lesurques. Les jurés, jusque-là nullement prévenus contre lui, n'écoutèrent plus dès lors que d'une oreille distraite les autres dépositions faites en sa faveur.
Vainement le peintre Hilaire Ledru déclare que le 8 floréal il était allé rendre à Lesurques sa première ^isite de|wis qu'il était à Paris et qu'il dîna gaiement avec lui on patois de leur pays ; qu'après le diner, vers six heures et demie du soir, ils étaient allés se promener sur le boulevard des Italiens où ils rencontrèrent (îuénot avec qui ils prirent un verre de liqueur dans un café, puis rentrèrent tous deux chez Lesurques vers sept heures et demie, tandis que Baudart, qui venait d'arriver, restail à souper.
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LE PROCÈS CRlSIiNEI, 153
Vainement Baudart déclare que le 8 il avait vu Lesurques qui l'avait invité à diner pour le lende- Diain 9, jour où il était de garde.
Vainement Aldenlioff déclare que, le 8 floréal, il avait vu Lesurques et avait dîné chez lui avec Hilaire Leiini. André Lesurques et toute sa famille.
Vainement, et fâcheusement peul-ôtre, Clolilde- Eugénie Dargence', vingt ans, ouvri^^e en linge, demeurant rue Saint-Honoré, maison de Cherbourg, affirme qu'elle avait vu l'accusé le soir du 8 floréal et qu'il lui était impossible de se tromper, parce que "depuis plusieurs mois, il n'était pas un jour sans qu'elle le vît^ ».
Vainement André Lesurques, qui était le cousin de l'accusé tandis que sa femme était cousine de Guénot, déclare-t-il que l'accusé avait couché chez eux ce soir-là.
Le siège de la conscience des juges était fait. D'ailleurs, le Président montra k leur égard une certaine partialité', a Comment, après un intervalle de plusieurs mois, leur dit-il d'un ton sévère, vous est-il possible de vous souvenir de ce que vous aveï fait le 8 floréal? Quelle est la personne qui pourrait rendre compte comme vous de l'emploi de son temps après un laps de temps aussi long? La précision, l'ordre, la netteté de vos déclarations ne déposent- elles pas contre vous ? Ne reconnaît-on pas en cela une collusion évidente? h