‹ L'affranchie: comédie en trois actesChapitre 11 sur 97 · ACTE I, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE

paiot-Marc : c'esl l'heure où Venise a l'air ï'une ville d'Orient... je resle là. bercL'e ■litre le ciel et la mer qui chaogeut de cou- ■eurs â toutes les minutes, comme deux golinies Loïe FuUer. Alors, c'est incompajable : c'est la Féerie, c'est le Rf've, c'est le j^aradis I

LISTia.

Oui, c'est possîlde; je ne sais comment Bous faites, mais moi. Venise ne m'emballo Bas du tout; j'ai eu une g'russe désillusion : t y a d'affreux bateaux à vapeur et j'ai Kinstaté que l'on avait ÎDslallê un grJI ^om dans le palais de Desdemona.

ROiii:r!

lùa n'est pas dans lo palais de Desdc-

LLSTIiL

Je vous demande pardon.

Vous avez dit le palais de Desdemona,

iS l'affrxni'.hie

parce que oa fait mieux, pour amuser la sociêlê, mais i^a n*e*l pas exact : le gril room est installe dans le palais S^ifl, qui est une annexe du Grandllôtel.

LISTKL

Pourtant, je vous assure...

k«k;kr

Voyons, je le sais bien, puisque je suis descendu à coté, au Grand-Hôtel.

LISTEL

D'ailleurs, i^a n'a aucune importance.

ROGER

Aucune.

Enfin, à chaque instant, ici, j'ai sujet de m'attrister. Cet après-midi encore, je me suis trouvé dans la cour du palais des Doges avec une centaine de Cook's grotesques qui m'enlevaient toute illusion.

■Lorsque je suis dans la coiu' ihi ^lalais des Doges, je mo dis que c'est là qu'on fêta les princesses Léonore et BéaLnce d'ËsIe à la rcucontre desquelles on avait envoyé le Bifcen/Mitre... et je me représenle la cérémonie, les régales, les pantomimes, je m'imagine tous ces geiis-là dans leurs eostumes magniOques, et les barbares peuvenl.

isser, je ne les vois mi^mepas,

LISTEL

Mais il faut être très fort en bîstoire pour mser comme ça. aux princesses Machin, pt moi, je ne suis pas calé du tout.

A.NTONI.V

nUais môme sans (}a. Teiie^, l'autre soir,

rïTous sommes allés à la Fenicc entendre la

Bohème. Il y avait h. cût6 de nous dans une

[pge lo roi de Sîani et sa suite; ça avait

^itût l'air d'une cage de singes ; mais je

20 L AFFRANT.HIE

111(3 ii<rurais <{ue la Itépublique de Venise ro(!(*vait des princes d'Orient, et par ce slnla«.M*'ine j'atteignais h m'exaller.

LÎSTKL

Vous avez beaucoup d'imagination... et J puis, disons-le aussi... il faudrait être deux.

Ki encore (;a ne réussit pas à tout le monde. Voyez notre pauvre Musset.

LISTKL

(Jl'est pour ra qu'il vaut mieux ne pas avoir sa maîtresse à Venise, il vaut mieux <Hre seul, parce que lorsqu'on est deux, on est toujours trois.

i>n:RRK Ah ! que le bonheur est impair !

Petit silence.

LrSTIX

Entrez donc, mon cher Pagello.

11 paraît que Pagello est un 1res vieil )mme, et lorsqu'on lui parle de (ieorge iDil, il ilit : Ah si, si, quesla Francesa le fumava cigarellî.

JI'LICTTi; r.a veut dire '.'

[•iiAmi:

Ali! oui, oui, celte Française qui fumai!

6 cigarettes. C'est tout ce qu'il se raptlle d'une histoire d'amour qui a fait couler nt d'encre 1

FinulvK Et tant de larmes !

A.NTOMA

Tiens ! il y a du monde à dinar cliez nos lisins d'en faco... la vieille demoiselle va lanter ce soir...

Quelle vieille demoiselle?

ANTOSIA

Cos\, uii(> anglaise, mis» Itasilcii.

demeure en face, et quand il y a du mon chez elle, cummii ce soir, vurs onze heun les invilés se nifltenl aux Tenôlres... on v une gondole se dùLaclier du palais et veaj au milieu du grand Canal ; ol celte goDdd porte misa Busdcn qui chante ( pagnant d'une petite guitare.

Jo ne la verrat pas el je le rej il faut que j'aille ce soir à la Fenice ealettf la Bohème. On dit que c'est très bien.

ASTON i\ Très Lien; vous pouvez y aller en t(^

coofiance, n'est-ce pas, Juliette?

.in.IKTTK Oh I oui, c'est joli... moi, j'ai pleur»

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