‹ L'affranchie: comédie en trois actesChapitre 39 sur 97 · ACTE 11, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCÈNE IV

et communs, c'est une erreur. Supposez îue quelqu'un ayant intérêt à interroger les concierges leur demande qui habite le rez-de-chaussée, et qu'on réponde : c'est M. Aubry ou M. Durand, c'est comme si ça y était, c'est limpide ; tandis que si on répond : c'est uii M. Mérowig O'Coddy, ça

déroute les soupçons on pense : c'est un

jeune homme qui écrit au Mercure de France, et on n'insiste pas.

ANTONIA

C'est très ingénieux : je vois avec plaisir que vous pensez à tout, et que la passion, loin (le vous égarer, n'exclut pas chez vous la prudence.

PIERRE

Pourquoi me le reprochez-vous? Je suis prudent, c'est vrai, mais c'est autant pour vous que pour moi, car, vous aussi. Anionia, vous avez intérêt à ce qu'on ne sache

pas...

ANTONIA

C'est égal, Mérowig O'Coddy, ceci est plus que de la prudence... Avouez que vous avez une peur bleue de Juliette.

PIERRE

Ma foi non.

ANTONIA

Ne faites donc pas le grand garçon .

Comment va-t-elle, au fait, votre petite amie ?

PIERRE

Vous me Tavez déjà demandé. Elle va très bien, je vous remercie.

ANTONIA

Soyez franc, vous en avez un trac fou,

PIERRE

Ne soyez pas méchante et injuste ; vous savez bien que je n'ai pas peur d'elle, mais j'ai peur de lui faire de la peine. Car autrement, qu'est-ce que je risque? Nous ne

amiaes pas mariés, Juliette et moi, je u'ai ononcG aui^un serment à la mairio ou à' jéglise ; il n'y a pas auprès d'elle de vieux arcnls auxquels je doîre compte du bunliour «le leur enfant. Doue, si je prends des précautions, c'est liieupourelle et non pour moi; ^Kt celte prudence que vous dénommez peur HBourrait mieux être dénommée pitié. Oui, ^I^amour que j'ai pour vous me rend plein de l*îlîé pour elle, et puisqu'on nous aimant, ^Qous pouvons ^^tl•e lieureux, laissons-lui du noios, à elle, la façade du lioulieur I

ANTON r A

Pourtant, quand je voudrai, vous me la Sacrifierez... mais je ne vous le demanderai bas, et vous avez raison; il ne faut [las faire de la peine : moi-même je ne serais pas rieareuse, si nous Faisions [dciirei- uni; e petite lille.

ni£iirii::

Vou3 avez un cœur cliannant. Alors, I îiuis-je espérer?

SS L AFFHANCIIIK

ANTON! A

Je ne me rappellerai jamais le nom...

Je vais vous l'écrire. iIliir«'>on portée de sa poclie et laisse tomber ([iiclque chose ramasse vivement.)

ANTOMA

•Qu'est-ce que c'est que ça .* (!a n'est rien...

ANTONIA

Mais encore?

(^est un portrait.

ANTUNrA

De Juliette?

PIKUIIK

Non... c'est le mien.

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