ACTE II, SCKNE V
ANTOMA
Et VOUS, moii bon Fernand?
LISTEL
Moi, je ne vais pas.
ANTOMA
Vous connaissez M. Pierre Lelang?
LISTEL
Oui, oui, j'ai eu le plaisir Je dîner chez
vous avec monsieur, à Venise.
(Les deux hommes se serrent la main.)
j ANTOMA
C'est vrai, au fait, et à part ca, quoi de neuf?
LISTEL
Oh! ne m'en parlez pas, je reviens d'Auteuil, où notre pauvre ami lladard a fait une chute effrovable en sautant la rivière.
On a été obligé d'aller chercher la civière, je le crois bien malade.
'.»2 i/apfranciiiI':
ANTOMA
Oh! c'est affreux, ces courses d'obstacles.
Et pourtant je n'aime que celles-là.
i>ii:rre Vous vous donnerez une maladie de cœur.
ANTONIA
C'est vrai, ces spectacles-là me font mal, et je veux voir tout de même; alors, j'ai imaginé un raisonnement dont je suis assez contente.
LISTEL
Vovons !
ANTONLV
Je joue trèsgrosjeu, et si c'est le cheval pour qui j'ai parié qui tombe, je me dis que c'est mon argent qui tombe en même temps, et la grosse perte que je fais atténue ma pitié pour l'homme et pour la bête ; et si, au contraire, ce sont les autres chevaux qui culbutent, n'est-ce pas des rivaux qui sont éliminés?