ACTE II, SCÈNE V
MADAME EGRETH
^lais nous voudrions qu'il entrât à TEcole Ï^^^Xytechnique.
ANTONIA
"Vous VOUS y prenez de bien bonne heure.
MADAME EGRETII
On ne saurait jamais s'y prendre assez tôt : l'admission aux grandes écoles du gou-
V^rnemeot et à TEcole polytechnique en particulier devient de jour en jour plus difftcile.
A^'TONIA
Alors, voua voulez en faire un artilleur ?
MADAME EGRETII
Oh ! non, je ne crois pas qu'il aimera le métier militaire : c'est un enfant très doux, et il a plutôt des façons de petite fille.
Xai> :-jin;nnî .^?<c aa bo:riear et que soii^ yrjccîjîïifur .«i -r-jaT^^e 'jr^s ioae pour les ma- 'iit*aiac«ru«^ aoctis ^mhtoos qu^il pourra
IVia^çctci jo^ '
No;i:> I e>;>^ixc<. umlL< îI ue faul pas le dire
Mv^ cUor\^ amie, voulei-vous me présenler, je vous prie, à Xl*^ E^^lh.
ANTON'l\ ■Aïais volontiers. (A M""' Egretli.) Moasîeur ^»"ïiornay.
DAMORSAY
Je crois, madame, que nous sommes voi- '**«is de campagne. J'iiabife aux enviions de ■Liouviers, dans l'Eure, une propriété qu'on appelle la Chesneraye.
^^M DAMOItNAY
1 J'ai eu le plaisir de causer quelquefois
^^c monsieur votre mari qui m'est très
^yrnpathique et je vous ai rencontrée sou-
^^Ol, dans votre tonneau, conduisant un
P^tii poney alezan que j'adore.
MAOAMl': KliHETII En effet, monsieur, en effet.
MADASIE E&RKTH
\'ous êtes trop aimable, il vous le rend
DAMORNAY
Le poney ?
MADAME EGRETH
Non, mon mari.
ANTONIA
Au fait, c'est vrai, vous êtes allé dans vos terres, cet été. Vous avez tâté le pouls à vos électeurs.
DAMORNAY
Oui, un peu.
ANTONIA
Eh bien, qu'est-ce qu'ils disent?
DAMORNAY
Ne m'en parlez pas, c'est épouvantable.
Je ne sais pas où nous allons : le socialisme fait des progrès terribles, les paysans que l'on rencontre ne vous donnent plus le coup de chapeau, ils ne vous souhaitent même pas le bonjour.
ACTK II, SCÈNE V
C'est erfrayant ! Il y a un aussi mauvais esprit dans les campagnes que dans les villes.
DAMOIIMAr
Mais, mon cber monsieur, c'est à ce point que les gens que j'emploie dans mes fermes, sur mes terres, ne parlent plus à la troîsi(?me personne; ils médiront très bien ; Monsieur, vous vous trompez, ou Monsieur, donoez-moi mon argent.
Ge que vous dites là donne à réfléchir.
On se prend à regretter l'ancien régime.
DAMOKNAY
l'ourtant, je suis un vieux républicain, n'en doutez pas.
A Dieu ne plaise, cela se lit sur voire fieure.
t. AITRAHCHIE
TjAMORSAY
bit d'ailleurs, j'ai fail mes preuves, coups do fusil, barricades; maïs la familiarilénj ces gens-là me déplaît, je l'avoue.
i:i[KRANGK Mais si les paysans ont désapprial parler h. la troisième personne, c'est i se sont aper(;u3, enfin ! que cette troisîjl personne n'était jamais là.
UAMOIINAY Que voulez-vous dire?
CllKRANGE Il faut entendre cette troisième pt dans un sens symbolique : elle est non' l'hoinmo que vous ùles, vous, monsieur Damornay, mais quelque chose au-dessus, quelqu'un ayant une mission, un représentant de la Providence pour ces braves gens, un prolecLeur. un ami, voilà ce que signifie la